Jusqu’à quand le mutisme destructeur de l’élite kabyle ? Chronique d’Ukkim A.T.

CHRONIQUE (SIWEL) — Parmi le dessus du panier, le gratin kabyle, on a comme impression qu’il y’a plus de têtes penchantes que de têtes pensantes.

Est-ce que l’asservissement éternel et le sommeil infini peuvent justifier ce mutisme destructeur de ceux et celles qui ne voient que leurs minuscules intérêts et ne jurent que par ceux-ci ? Sans vouloir abuser de définitions incongrues, l’élite n’est pas sans savoir que l’ignorant est plus dangereux que celui qui l’a fait.

Savons-nous, tous, qu’entre 1963 et 1965, durant la lutte armée kabyle, la soldatesque de ben bella et de boumediéne a fait asseoir des résistants kabyles sur des bouteilles savonnées ? Visiblement, toute cette cruauté et ces horreurs, aux yeux de certains, peuvent passer par pertes et profits !

Depuis,  » la crème  » de la société kabyle a , semble-t-il, jouée la carte de l’apaisement, de la compréhension de l’autre, et a opté pour une forme de pacte de non-agression vis-à-vis de ceux et celles qui nous vouent une haine indescriptible.
De ce traumatisme de 63-65 à nos jours, en passant par le printemps noir de 2001 et ses conséquences dévastatrices, nous sommes à nous demander si ceux qui sont sensés penser et réfléchir ne sont pas heureux dans leur catalepsie ?

La passivité, l’inaction, la dormance et parfois la complicité active, nous amènent à déduire que celui qui a inventé le navire a également engendré le naufrage !

Des décennies durant, la Kabylie et ses braves enfants reçoivent et collectionnent des coups tordus, des insultes indicibles et des agressions inqualifiables sans que les plus  » distingués  » des kabyles n’osent s’indigner de tous ces dérapages volontaires, aussi nauséabonds les uns que les autres. Bien au contraire… un silence complice et un silence assourdissant s’affichent à l’envie.

Nous n’avons pas à être fatalistes, ni partisans des faux-fuyants pour tout mettre sur le dos d’une quelconque malédiction.
Où se situe la logique, lorsque l’on constate qu’un kabyle lambda s’engage corps et âme pour sa libération, alors même que celui qui a le devoir de lui indiquer l’itinéraire à suivre, pour atteindre son objectif, donne l’air d’un paralysé mental ?

La calamité, le déshonneur et l’amnésie extravagante face à des attaques et insultes répétées à l’endroit des enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de ceux qui ont chassé le colonialisme français, de certains convaincus d’être représentatifs de la société kabyle, n’a d’actif que la lâcheté dont ils ont fait preuve à ce jour. Ne les enfonçons pas ; ils le font si bien par eux-mêmes.

Je vais, dans ce  » petit brûlot « , tenter d’anticiper un peu sur le futur de la Kabylie indépendante dans un domaine bien précis…
Imaginons un(e) parlementaire de la république kabyle qui s’aventurerait à déverser un racisme, une xénophobie, un propos discriminant ou une haine à l’égard des algériens ou des arabes puisqu’ils se qualifient comme tels.
C’est toute l’élite kabyle qui se soulèverait, avec véhémence, pour le (la) condamner et l’envoyer aux orties si ce n’est au diable.

Rassurons cette élite que nous n’aurons nul besoin de sa riposte ni de sa contestation, encore moins de sa colère puisque la justice kabyle se chargera de l’élu(e) qui aurait dérapé pour lui infliger une condamnation exemplaire, et qu’aucune complaisance ne saurait être tolérée par les futurs gouvernements de la Kabylie indépendante.
La constitution kabyle comportera bien des articles qui condamneront, sans ambages, tout propos raciste, xénophobe, discriminatoire, offensant, insultant, outrageant et immoral à l’encontre de tout être humain, de tout groupe ethnique et de toute société différente de la notre.

Des torrents d’insanités anti-kabyles ont été déversés sans que les cerveaux, ou prétendus comme tels, n’ont bougé le petit doigt.

Nous pouvons faire autant de recherches que nous le souhaitons, nous aboutirons au résultat que l’ankylose ( paralysie ) mentale n’a jamais existé dans l’ADN d’un kabyle digne de ce nom.

C’est à croire que le ciel nous est tombé sur la tête en constatant qu’une majorité de kabyles  » clairvoyants  » se soucie de notre indépendance comme de ses dernières chaussettes !

Le petit confort et les petits privilèges matériels, ont-ils, à ce point, envoûté le plus gros du contingent de ceux qui ont le devoir d’être les précurseurs des lumières et de la prévoyance ? Oscar Wilde disait : Un homme qui ne pense pas par lui-même ne pense pas du tout. J’ajoute que – Mourir pour la liberté, c’est renaître pour l’éternité – Les convertis au principe de ( Allons lentement puisque nous sommes pressés ), nous ont fait voir de toutes les couleurs et nous ont fait avaler de toutes les couleuvres.

Pour ne rien vous (GÂCHER), je dois avouer que je fais partie de ceux qui disent : Nous voulons les sauver des ténèbres, ils nous demandent de nous joindre à eux ! Nekkat a-ten-id nekkes seg tverkanin, qaṛen-d rnu-t-ed ar ɣuṛneɣ.

Oui, hélas, il y’a toujours une frange de la société qui va chercher à t’endormir pendant que toi tu fais tout pour la réveiller !
Sans vouloir tout mettre dans le même sac et jeter la pierre dans le jardin de qui que ce soit.

Win yečča waεrur-is ikemz-it.
Ma drus ad d nernu…

Ukkim A-T.

SIWEL 132200 FEV 18

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