EXPLOITATION DU SITE MINIER DE TALA HAMZA : LA KABYLIE  S’ADRESSE OFFICIELLEMENT À LA SOCIÉTÉ AUSTRALIENNE TERRAMIN

COMMUNIQUÉ DE LA PRÉSIDENCE DE L’ANAVAD

ⴰⵏⴰⵠⴰⴷ ⴰⵇⵠⴰⵢⵍⵉ ⵓⵄⴺⵉⵍ
ANAVAD AQVAYLI UΣḌIL
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA

Depuis quelques jours l’exploitation du site minier de Tala Hamza à Vgayet annoncée comme imminent est sur toutes les lèvres.

La société australienne TERRAMIN est la société impliquée dans l’exploitation du site de Tala Hamza par l’intermédiaire de la joint-venture Western Mediterranean Zinc Spa (WMZ) créée pour la circonstance avec une société algérienne, en l’occurrence l’Entreprise Nationale des Produits Miniers Non-Ferreux et des Substances Utiles Spa (ENOF).

Le président de l’Anavad, Ferhat Mhenni, s’est officiellement adressé à la société TERRAMIN dont le siège est à Fullarton près d’Adélaïde dans le sud de l’Australie. Il a tenu à l’informer des enjeux et de la réalité de la situation et de la mettre en garde contre toute exploitation d’un site qui en plus des répercussions désastreuses et irréversibles sur l’environnement, se trouve en terre kabyle, un territoire disputé pour lequel les indépendantistes kabyles, à leur tête le MAK,  revendiquent un référendum pour l’autodétermination depuis plusieurs années déjà, notamment par le Mémorandum  déposé aux Nations Unis le 28 septembre 2017.

Voici le courrier adressé à la société Terramin par le président du MAK et de l’Anavad, Mas Ferhat At Sɛid, au nom du peuple kabyle :


ⴰⵏⴰⵠⴰⴷ ⴰⵇⵠⴰⵢⵍⵉ ⵓⵄⴺⵉⵍ
ANAVAD AQVAYLI UΣḌIL
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA

TISSELWAYT
PRÉSIDENCE

Au PDG de la Compagnie TERRAMIN, Australie

MISE EN GARDE CONTRE TOUTE EXPLOITATION DU GISEMENT MINIER DE TALA HAMZA (VGAYET, KABYLIE)

Monsieur le PDG

En vertu d’un contrat avec l’Algérie, vous vous apprêtez à mettre en exploitation le gisement métallifère de Tala Hamza, situé près de Vgayet. Concentré sur une superficie de 125 km2, il contient du plomb, du zinc, de l’or et des terres rares.

Au nom du Gouvernement Provisoire Kabyle et au nom du peuple kabyle, j’ai l’impérieux devoir de vous alerter sur la nullité dudit contrat dès lors qu’il est contraire aux droits des peuples autochtones tels qu’énoncés par la Déclaration de l’ONU du 07/09/2007.

La Kabylie n’est animée d’aucune hostilité à l’encontre de votre entreprise ou d’une quelconque compagnie étrangère mais s’oppose fermement à la spoliation de ses richesses naturelles par qui que ce soit.

La Kabylie revendique officiellement son droit à l’autodétermination et un Mémorandum dans ce sens a été remis à l’ONU le 28/09/2017. Son territoire est déjà déclaré comme « occupé », donc sujet à libération et à restitution à son peuple.

Vous le savez déjà, vous êtes en Kabylie où l’Algérie est étrangère, tout comme la Kabylie est étrangère à l’Algérie. La Kabylie appartient au peuple kabyle et à lui, seul.

Les citoyens locaux qui ne récolteront de l’exploitation de ce gisement que pollution et son lot de maladies graves et de drames, sont décidés à ne pas se laisser faire.

Une intervention auprès de l’ONU, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine est en cours pour dénoncer ce projet en vertu des articles 25-26 et 27 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptés le 13 septembre 2007 (voir annexe ci dessous).

La Kabylie et les Kabyles, où qu’ils se trouvent, n’accepteront jamais que leurs ressources soient spoliées par un État colonial algérien qui ne leur réserve que mépris, déni et violence répressive.

Pour tous ces motifs, nous sommes fondés à vous conseiller de renoncer à ce contrat qui viole l’un des principes fondamentaux de la souveraineté des peuples et de leur droit inaliénable à disposer d’eux mêmes et par conséquent aux ressources que renferme leurs territoires, quelles qu’elles soient, conformément au droit international.

Nous nous tenons à votre disposition pour de plus amples informations et d’éventuels échanges en relation avec les conséquences qui pourraient découler de la mise en exécution du projet d’exploitation du site de Tala Hamza en Kabylie.

Avec nos salutations cordiales

Signé :
Ferhat Mehenni
Président du MAK et de l’Anavad
Le 23 Janvier 2021

ANNEXE

Extraits de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptés le 13 septembre 2007

Article 25

Les peuples autochtones ont le droit de conserver et de renforcer leurs liens spirituels particuliers avec les terres, territoires, eaux et zones maritimes côtières et autres ressources qu’ils possèdent ou occupent et utilisent traditionnellement, et d’assumer leurs responsabilités en la matière à l’égard des générations futures.

Article 26

1. Les peuples autochtones ont le droit aux terres, territoires et ressources qu’ils possèdent et occupent traditionnellement ou qu’ils ont utilisé ou acquis.

2. Les peuples autochtones ont le droit de posséder, d’utiliser, de mettre en valeur et de contrôler les terres, territoires et ressources qu’ils possèdent parce qu’ils leur appartiennent ou qu’ils les occupent ou les utilisent traditionnellement, ainsi que ceux qu’ils ont acquis.

3. Les États accordent reconnaissance et protection juridique à ces terres, territoires et ressources. Cette reconnaissance se fait en respectant dûment les coutumes, traditions et régimes fonciers des peuples autochtones concernés.

Article 27

Les États mettront en place et appliqueront, en concertation avec les peuples autochtones concernés, un processus équitable, indépendant, impartial, ouvert et transparent prenant dûment en compte les lois, traditions, coutumes et régimes fonciers des peuples autochtones, afin de reconnaître les droits des peuples autochtones en ce qui concerne leurs terres, territoires et ressources, y compris ceux qu’ils possèdent, occupent ou utilisent traditionnellement, et de statuer sur ces droits. Les peuples autochtones auront le droit de participer à ce processus.

SIWEL 272140 JAN 21

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