AU JEU DES DUPES, LES PERDANTS SONT TOUJOURS LES SERVITEURS ZÉLÉS

KABYLIE (SIWEL) — Il a beau être épais, on fini toujours par distinguer se qui se cache (se trame) au-delà du brouillard. La scène politique algérianiste révèle peu à peu ses petits secrets et c’est peut être salutaire pour les passionnés kabyles qui un rien exalte au point où ils oublient qui ils sont et surtout ce qu’ils ont subi (et pourront encore subir) à force de s’accrocher à cette Algérie qui s’enfonce de plus en plus vers l’inconnu ! En effet, les derniers développements dans cette arène qui ressemble davantage à du sable mouvant qu’autre chose, et ce depuis ce pseudo retour du Hirak et surtout les sorties de certains partis et autres personnalités politiques révèlent, on ne peut mieux, le jeu trouble auxquels se livrent à la fois décideurs, courtisans et opposants. 

À bien lire et entendre ce qui se dit, on est en face, encore une fois, à un autre round entre islamiste et laïcs. Les deux tendances s’accusent mutuellement de s’accaparer du Hirak au profit d’une sphère particulière du pouvoir. Dans cet échange qui rappelle à plus d’un titre l’atmosphère des années 1989, une vérité se dévoile : ce Hirak n’est pas innocent. D’ailleurs, comment comprendre la dernière sortie de Mustapha Bouchachi (figure emblématique s’il en est du Hirak) sur la chaîne El Magharibiya qui ne demande ni plus ni moins que de ménager l’ANP ? Même son de cloche de la part d’un Samir Bouakouir. Le retour en force d’un Noredine Boukrouh qui ne cesse de publier article sur article, lui aussi donne à réfléchir. Pour des observateurs avertis, ce semblant d’emballement obéit à une conjoncture particulière : imposer des élections législatives d’un côté, mais aussi garantir la participation de la Kabylie à ces joutes (faussées dès à présent). Pour les tenants du pouvoir et leurs acolytes, le jeu vaut la chandelle : couper l’herbe sous la montée en puissance des indépendantistes kabyles (notamment celui du MAK qui ne cesse de gagner en crédibilité auprès de la jeunesse kabyle).

De fait les rôles sont bien repartis : aux uns la mission de faire miroiter aux candides (la majorité) qu’ils sont des opposants durs et tenaces, aux autres celle de faire croire que le pouvoir est disposé à négocier et qu’il est prêt à faire des concessions pour assoir une quelconque démocratie (la bonne pilule).

Tout cela se déroule, au moment où la société ne sait plus où donner de la tête, tant elle subit de plein fouet les affres d’une crise à la fois sanitaire et économique de plus en plus contraignante. L’absence de liquidité au niveau des bureaux de postes et des banques est un indice qui ne trompe pas quant à la réalité de la situation financière que traverse ce pays. Les acteurs de cette vie politique qui tangue dangereusement sur les vagues de l’incertitude évitent d’en parler sciemment, et ce dans un but non avoué :

Anesthésier davantage la société qui n’arrive plus à distinguer entre l’ange et le diable. La chose n’est pas nouvelle, puisque nous avons surfé sur ce phénomène depuis au moins 1989.

Arrivé à ce stade, pour bon nombre de gens la question est la suivante : quoi faire quand l’inéluctable nous tombera sur la tête. Face à la trahison (maintes fois répétées) des clercs le discours cohérent de président du GPK, des ministres de son gouvernement, les interventions des militants du MAK sont comme le dit Matoub Lounes : « d-aveḥri i turet »/une bouffée d’oxygène. Viendra le jour où la société kabyle doit trancher définitivement ; ce jour il ne sera plus question de qui est qui, mais surtout d’être ou ne pas être. Pour autre part nous avons dors est déjà choisis d’être !

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SIWEL 021630 MAR 21