Rapport Violence policière

Témoignage de Nour : « Cela m’a replongé dans les histoires de ma grand-mère sur la colonisation Française »

GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE

MOUVEMENT POUR L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE

MAK-ANAVAD

RAPPORT D’AGRESSION D’UN MILITANT PAR LA POLICE/GENDARMERIE COLONIALE

Nour, Militant d’At Yettura

Mon frère, moi et deux amis militants, Lounis et Massnsen Aylimas, nous avons quitté la maison à 6 h 00 de Iferhounene pour nous rendre à Tuvirett. Nous avons traversé douze (12) barrages de police, de gendarmerie et de militaires. La première image que l’on a vue à Tuvirett, c’est à l’entrée de la ville, à la gare routière, il y avait des blindés et des « Vito », fourgons de la police coloniale. Cinq (5) policiers étaient en train de pousser violemment un jeune kabyle jusqu’à leur voiture avec une telle force que l’on aurait cru qu’ils avaient affaire à un terroriste. D’autres policiers étaient aussi en train de fouiller un autre groupe de jeunes.

J’ai tout de suite senti un climat de guerre avec ces scènes de rafles, de fouilles et d’arrestations.

Nous sommes arrivés à l’université de Tuvirett à 9 h 35. Il y avait des policiers tous les dix (10) mètres. Nous n’avons trouvé aucun de nos militants au portail principal, juste un mur de policiers. Nous avons continué à marcher jusqu’au second portail et là nous avons trouvé quelques militants quatre (04) personnes. Nous avons échangé quelques informations.

Moins de cinq (5) minutes après, 4 policiers sont venus nous demander nos papiers. Au début, nous n’avons rien dit. Après avoir présenté nos papiers un policier a essayé de pousser Massensen jusqu’au véhicule tout-terrain de la police. Massnsen a résisté, il s’est mis par terre. Six (06) policiers ont essayé de le traîner. Ensuite, nous aussi, nous avons fait la même chose. Ils ont poussé avec force et violence Massensen à l’intérieur d’une voiture tout terrain. Nous ne les avons pas laissés démarrer la voiture et nous avons commencé à crier : « Nous sommes des Kabyles, des militants pacifiques du MAK-Anavad, nous ne sommes ni des voleurs ni des criminels ». En même temps, nous avons alerté les passants ; parmi eux, il y avait des personnes qui ont tout filmé de cette agression.

Devant la situation qui prenait de l’ampleur, les policiers ont pris peur, alors ils ont appelé par radio pour avoir des renforts. Quelques minutes plus tard, plus de trente (30) policiers venus en renfort, nous ont encerclaient. Dans l’incapacité de nous retirer de cette nasse, nous ne pouvions que continuer à crier notre indignation et nos slogans.

Un officier a confisqué tous nos téléphones portables, ensuite ses collègues nous ont poussés avec violence et les insultes dans les fourgons « Vito ». A l’intérieur de ces véhicules, nous n’avions cessé de crier « pouvoir criminel » « pouvoir assassin » « Kabylie indépendante » et ce avec d’autres slogans jusqu’à la centrale de la police coloniale où l’on a trouvé d’autres militants arrêtés sur d’autres lieux.

Nous avons tous été interrogés, et cela, bien sûr, accompagné d’insultes en tout genre, de coups de poing au ventre, de menaces sur nos familles. Nous étions quatre (4) à cinq(5) militants dans chaque bureau et les policiers nous mettaient la pression pour déverrouiller nos téléphones. Nous n’avions rien mangé pendant notre captivité qui a duré quinze heures (15) environ. Nous étions cloués à nos chaises ou au sol jusqu’à notre libération à 22 h.

A notre libération de ce commissariat de la honte, j’ai acheté de la nourriture dans un magasin d’alimentation générale proche de ce lieu de la torture pour les militants et moi-même. Notre groupe de militants se reconstituait au fur et à mesure des libérations. Vers la fin, il ne manquait plus que cinq (5) militants. Pendant que nous attendions leur libération, quatre (4) policiers sont venus vers nous et nous ont obligés avec arrogance et menaces à quitter les lieux et à nous disperser. Ces policiers au comportement violent nous ont ensuite suivis jusqu’à ce que nous montions dans les bus qui nous ont déposés à Rafour où nous avons passé la nuit, avant de rentrer chez nous avec des images de violence, d’insultes, de vociférations et de menaces dans la tête.

La nuit a été courte.

La journée de ce 20 mai m’a replongé dans les souvenirs des histoires que ma grand-mère m’a racontées au sujet de la colonisation française. Je constate qu’à la colonisation Française s’est substituée à une autre colonisation encore plus violente et plus perfide, car ces nouveaux colons se présentent comme étant nos frères. Cela m’a rappelé aussi la journée du 20 avril 2014.

Je tiens à remercier les militants de Raffour qui nous ont aidés et hébergés.

Vive la Kabylie Libre et Indépendante !

Nour,
Militant d’At Yettura

SIWEL 231114 May 17 UTC

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