Le Kabyle libre et le Kabyle autocolonisé. Chronique de Dda Teyyev

CHRONIQUE (SIWEL) — L’ignorant est toujours plus dangereux que celui qui l’a fait !
Ne pas être conscient de ses origines, de ses racines, de son identité plus que millénaire relève d’un asservissement inquiétant, inqualifiable.
Dire d’un serviteur, de la cause ennemie, qu’il est animalisé, ce n’est pas une injure, mais un diagnostic.
Si je dois troquer mon origine contre une autre, autant choisir celle qui est « au dessus » d’elle.
Sauf que la mienne, mon origine, n’est ni mieux, ni moins bien que les autres.
Si j’aime ma Kabylie et ma Kabylité, c’est pour les 4500 ans d’histoire dont nous avons hérité. Histoire qu’aucun occupant, aucun envahisseur, aucun colon ne peut effacer d’un trait de plume.

Qu’est-ce qu’un Kabyle autocolonisé ? C’est d’abord un esprit faible, même s’il a atteint des sommets dans le domaine de l’instruction. C’est celui qui s’interdit de réfléchir par lui-même, c’est celui qui accepte le prêt-à-penser d’où qu’il vient, c’est celui qui accepte la soumission sans broncher, c’est celui qui dit oui là ou il faut dire non, c’est celui qui est prompt à accepter l’inacceptable, c’est celui qui défend l’indéfendable, c’est celui qui tolère l’intolérable, c’est celui qui supporte l’insupportable, c’est celui qui admet l’inadmissible… et l’on peut continuer comme cela à longueur de lignes. Je vous laisse le soin d’ajouter vos appréciations sur les mesquineries et les bassesses de tout Kabyle agenouillé et inféodé aux noirceurs devant lesquelles il se courbe et auxquelles il s’attache délibérément. Voici, en quelques petites phrases, le portrait de l’autocolonisé qui devient ce qu’il n’est pas, et qui retourne son abomination et son aigreur contre lui-même.

D’où lui vient cette fatalité ?
Pourquoi accepte-t-il une malédiction qui lui est imposée par son bourreau ?
Allons-nous tout mettre sur l’énormité de l’aveuglement dans lequel il se sent comme un poisson dans l’eau ? Paradoxalement, le mal-être le met très à l’aise.
Son allégeance, aux sornettes ténébreuses, est impressionnante, déroutante, déconcertante, voire étourdissante !
Son acquiescement au dominateur du moment fait de lui un simplet, un autocolonisé, mais est-il conscient de son autocolonialisme ?

Il a l’art et la manière de se mettre, sans écueils, dans la peau de celui qu’il n’est pas, uniquement pour devenir l’ennemi de lui-même !
Il joue contre son camp, croyant qu’il enchantera l’équipe adverse qui le dédaigne, le méprise et se sert de lui pour combattre le digne Kabyle qui tient toujours debout. C’est à se demander, pourquoi la nature l’a doté de milliards de neurones ?

L’affligeant vocable « nekkwni s w-aεṛaven » (nous les arabes), qui avait même été chanté dans les débuts des années 70 par un triste « chanteur kabyle », et qui était répété, à l’envie, par énormément de Kabyles qui ne comprenaient pas un traître mot d’arabe, encore moins composer une simple phrase dans cette langue, nous en dit long sur ces mentalités prêtes à modeler. Est-ce que celui qui a péché se repent ? Hélas, ce n’est pas toujours vrai.

Un autocolonisé n’est pas facile à cerner. Pouvons-nous tenter, ne serait-ce qu’une esquisse pour essayer de comprendre sa volonté affichée de marcher sur ses plates bandes ?
Il vit dans l’illusion qui l’a amené à croire à des débilités monumentales. Il s’autoflagelle de la façon la plus virulente en se dressant, droit dans ses bottes, contre ses propres intérêts, ses racines et tout ce qui compose son identité originelle.

En définitive, l’on peut conclure qu’un autocolonisé est atteint de délire psychotique et de vampirisme psychique. Dans le premier cas c’est un individu qui ne fait pas la différence entre le bien et le mal. Dans le deuxième cas cet individu est tellement vampirisé, par l’abrutissement du fait accompli, qu’il ne s’aperçoit pas des absurdités qu’il commet sans discontinuer.

Il mène un combat acharné, ininterrompu contre sa propre conscience ! (Il ne connait rien, mais il sait tout). Comble de l’antithèse !!!

Tevra tmeṭṭut ara yeslilwen f mmi-s ass mi ara d ilal, alamma d-ass mi ara d ivan d-argaz.
(Maudite soit la femme qui pousse des youyous le jour de la naissance de son fils, et qui n’attend pas que celui-ci fasse la démonstration de sa bravoure).

AT
SIWEL 282000 OCT 19

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