LA PLUPART DES BUREAUX DE POSTE DU TIZI WEZZU SONT DÉPOURVUS DE LIQUIDITÉS

TIZI WEZZU (SIWEL) — Pour espérer retirer son argent dans son compte CCP ou tout simplement encaisser son chèque au niveau de la préfecture de Tizi Wezzu, il faut faire preuve d’une longanimité. Et pour cause : la plupart des bureaux de poste ne sont pas alimentés en liquidités par les services financiers de l’administration postale.

Ce refus délibéré d’alimenter les agences postales en liquidités, notamment celles se trouvant dans les zones rurales, trouve sa justification, par l’insécurité, c’est-à-dire le risque d’être dévalisées par des bandits si on venait à les alimenter en argent liquide. C’est pourquoi les usagers concernés se ruent principalement sur les deux agences postales sises au niveau du chef-lieu de préfecture.

Le résultat de cette mesure irrationnelle ne se fait pas attendre. Des chaines interminables se font tous les jours et du matin jusqu’au soir devant les guichets de ces deux bureaux de poste. Il va sans dire que le coup le plus dur est ressenti par les personnes âgées. Il est facile d’imaginer ce que peut ressentir une femme, vielle et impotente, qui arrive d’un lointain village jusqu’à Tizi-Ouzou-ville pour ensuite faire une chaine de plusieurs heures avant d’arriver au guichet pour pouvoir espérer encaisser son argent. « Espérer » est le mot exact, car ce n’est pas certain qu’elle l’encaisse, et ce pour au moins deux principales raisons. La première : le préposé au guichet peut lui signifier que son compte CCP est vide pour la simple raison que sa pension relative au mois considéré n’a pas encore été virée par l’organisme concerné. La seconde raison est la coupure de l’internet d’où l’impossibilité d’effectuer l’opération financière.

  Le comble dans cette situation, qui est fâcheuse au plus haut point, dure à présent depuis plusieurs mois. Dans les bureaux de poste de Boudjima, cette situation dure depuis plus d’un an et sans que les responsables concernés soient tentés d’y remédier. Notons enfin que l’argument sécuritaire mis en avant par les responsables concernés ne peut être que fallacieux. Fallacieux dans la mesure où les éléments des services sécuritaires en présence sur tout le territoire de la préfecture de Tizi-Ouzou sont aussi nombreux que les feuilles d’un frêne durant la période du mois de juin. C’est pourquoi pour bon nombre d’observateurs, cette situation est voulue en haut lieu, et ce pour pousser la population à se désintéresser de la chose politique ; notamment cette chose politique émanant du MAK. Cependant, une telle mesure ne fait que renforcer l’idée et le projet de l’indépendance de la Kabylie. Autrement dit, c’est l’effet inverse qui est en train de produire. Et c’est tant mieux dans ce cas.

Malik Tarihant
SIWEL 211640 FEV 21