CONTRIBUTION (SIWEL) — Suite aux marches réussies du MAK-Anavad le 12 janvier dernier (malgré la répression de celle de Tuvirett) Hamid Gherab, Président de la fédération France-Nord du MAK-Anavad, estime que le combat pour l’indépendance est tracé et que le Peuple kabyle doit apprendre des échecs des luttes passées et de leur organisation afin de mener à terme cette mission du MAK-Anavad.

 

« … Lorsque l’eau est trouble, il faut du temps pour qu’elle s’éclaircisse … Il en est ainsi de la confiance, qui revient avec l’éveil des consciences ». Le visionnaire l’a déjà prédit et nous y sommes.

Le MIK ou MAK, enfin les points sur les I sont mis ; le i de l’indépendance comme seule évidence. Un retour en arrière vers une « autonomie », c’est sceller définitivement le destin commun qu’il s’obstine à construire avec nous et pour nous. Lui tourner le dos à un moment crucial de notre histoire, c’est condamner à une seconde mort certaine la Kabylie.
« Quand on aime son peuple, on ne lui souhaite pas sa mort », ce qu’il ne cesse de nous marteler. Son amour envers la nation kabyle est indéniable et sans relâche.
Alors que nous nous devons simplement accueillir cet amour paternel exemplaire, bienveillant qu’il ne cesse et de nous témoigner, hélas certains, d’une absurdité inouïe, osent lui prêter « le zaïmisme ».

Juste un peu de bon sens, ils sauront aussi qu’un le zaïmisme peut aussi en cacher un autre. Quand bien même, le zaïmisme pour zaaisme, nous devons prêter allégeance et sans concession à celui, bienveillant et libérateur, de mas Ferhat qu’à celui de l’état colon qui n’a d’objectif que de nous asservir et nous anéantir.
Quand on a un homme de cette envergure, de ce charisme, intelligence… on s’abstient et s’incline pour la simple raison ; un visionnaire est un visionnaire et cela suffit. Qu’il en déplaise à ses détracteurs et nos ennemis, Mas Ferhat Mehenni traduit tout simplement ce qu’on nomme « le génie kabyle ».
De tous les temps, et à chaque fois que la Kabylie est au point d’extinction, elle se régénère tel un phénix qui revit de ses cendres, grâce à ces gardiens du temple qui s’assument en tant que tels. Finalement, nous sommes bénis des dieux.
À la différence des autres gardiens qui ont maintenu la flamme, Mas Ferhat, plus que les autres, est là pour nous permettre de rompre avec la malédiction sacrificielle et homéostatique qui consiste à s’éteindre pour les autres.

Il est là pour nous réconcilier avec nous-mêmes. Il est là pour nous guider à la solution ultime, pour enfin reconquérir cette terre promise.
Nous devons seulement prendre conscience qu’il est cette dernière chance d’atteindre ce Graal. Cette liberté que nous chérissons et nous obstinons à refuser à chaque fois qu’elle vient s’offrir à nous. Il est là, pour nous guérir de cet ascétisme meurtrier ancré en nous. Il est simplement ce génie kabyle qui nous caractérise. Nous devons simplement être à la hauteur du mérite qui lui sied.
Tant qu’il est parmi nous ? Mettons fin à cette malédiction qui dicte que « nul n’est prophète parmi les siens ». Tant qu’il est parmi nous, rentrons dans ces rangs et chérissons le comme il nous chérit. Tant qu’il est parmi nous, glorifions le et Nourrissons nous de sa bénédiction.
« Je suis (être) ce que je suis (suivre), et je suis (suivre) ce que je suis (être) ».

C’est cette profession de foi qui nous permettra de nous affranchir et nous guérir de ce mal qui nous gangrène. Elle doit nous guider à chaque étape de notre démarche libératrice et à chaque étape de notre projet d’indépendance.

La première indépendance à opérer est d’abord mentale. Cette étape se doit d’être entière et absolue. Et le reste, c’est l’ordre structurel et méthodique par lequel elle se traduirait.
La restructuration du mouvement est d’abord un objectif opératoire pour y parvenir à nos finalités. Elle est aussi salvatrice ; dans la mesure où elle sonne comme un réajustement, elle sonne comme une injonction pour lever ce « double bind » dont, jusqu’ici, notre mouvement est porteur. Clarifier la ligne et la finalité permet à la fois l’assainissement idéologique et la sortie de cette dialectique schizophrénique.
Notre cause est juste, notre peuple est noble. Il finira par retrouver sa sérénité. Il finira inéluctablement par se libérer.

Le 12 janvier, les Kabyles comme un seul homme ont procédé à une démonstration de force face au pouvoir colonial et plébiscite la nouvelle feuille de route à l’occasion des marches de Yennayer. Grâce à leur bravoure et leur décernement, notre mouvement est plus que jamais intraitable. Nous pouvons crier haut et fort que nous sommes fiers d’être kabyles. Nous sommes déterminés à arracher notre indépendance. Le kabyle est vaillant pour sa kabylité. Il parvient à chaque trouble à s’élever et détourner le regard du doigt que l’on se force de fixer. Il entrevoit la lune que le sage lui montre. Ils en ont pour leur compte ceux qui ont misé sur l’essoufflement de notre mouvement.

La messe est dite ; le peuple kabyle a parlé et a tranché. Son verdict est irréfutable. Ni l’oppression sous toutes ses formes, ni la manipulation de tout bord n’a eu raison de lui.
L’indépendance vaille que vaille. La liberté s’arrache et ne se donne pas.

Vive le peuple kabyle, Vive mas Ferhat Mehenni, Vive le MAK-Anavad.

Vive la Kabylie indépendante et meilleurs vœux à tous les kabyles et tous les amazighs.

Hamid Gherab
SIWEL 152320 JAN 17

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