Histoire et société

Femme kabyle : quel équilibre entre le modernisme et les traditions?

OPINION (SIWEL) — La femme Amazighe d’hier est passée de Tin Hinan, Dihya et Fadhma N Summer à celle d’aujourd’hui, particulièrement soumise au voile religieux et écrasée par les tenants d’un rigorisme plutôt moyenâgeux. Cela la rend ouvertement et indécemment l’inférieure de l’homme. L’abandon de nos valeurs ancestrales au profit de celles venues d’ailleurs a eu pour effet le déclassement sociétal de la femme que même la loi ravale au rang d’une mineure à vie. Mais celle qui s’est libérée des carcans rétrogrades sauve l’honneur de la gente féminine, surtout en Kabylie.
Moderne et audacieuse, elle force le destin, accompagnée du respect et l’admiration de tous les siens. Son mot d’ordre : avoir le choix. Celui d’étudier, d’entreprendre une carrière, décider de son futur époux, du nombre d’enfants qu’elle aura et surtout disposer du pouvoir de dire non.

Comment se manifeste-elle ?

Le rôle de la bonne épouse était synonyme de soumission à son homme. La femme traditionnelle avait pour devoir de le nourrir, de le choyer, et d’élever sa progéniture sans se soucier de sa propre liberté et de son statut d’esclave parce que sa survie et celle de sa famille dépendaient du seul revenu du mari. Elle sortait pour l’eau, le bois et les travaux des champs mais n’avait aucune place dans les débats de la société. La femme traditionnelle est la victime d’un système qui fait du tort à son propre peuple. À travers la soumission de la femme, c’est celle de toute la société qui est acquise.
Il nous faut une femme moderne, rebelle, innovante, émancipée, instruite et décidée à irradier de sa part de lumière sa patrie et le monde entier.

La femme actuelle a les moyens d’être indépendante parce qu’elle occupe un travail rémunéré. Heureuse grâce à sa liberté financière, elle n’a pas forcément besoin d’un homme. Elle est apte à élever ses enfants seule. Évidemment, au même titre que les anciennes, elle saura se sacrifier pour les siens mais sa vie compte aussi pour elle.

Les conséquences ?

Autrefois, on ne parlait pas de famille recomposée. La cellule familiale était précieusement préservée. En dépit des années, la femme et l’homme finissaient leurs jours ensemble et les biens, surtout la terre, restaient dans la famille.

Aujourd’hui, le mariage n’est plus l’institution sacrée qu’elle était. Sa perception a évolué. La femme se marie et s’autorise le divorce. Ses enfants sont susceptibles d’être élevés par un beau-père déjà papa. Ils décideront, par amour de consolider les fratries, de les renforcer par d’autres naissances. Comment ses enfants seront-ils aimés par cet homme qui n’est pas leur père et comment lui faire une place auprès d’eux ? C’est toute une révolution qui s’opère sous nos yeux dans notre société happée par la mondialisation. Une nouvelle vision se dessine, rendant la cohabitation en famille recomposée possible.

Les solutions pour les générations de femmes à venir ?

La femme n’est pas condamnée à rester l’esclave du passé, à revivre ce qu’avait enduré sa mère. Elle se doit de trouver un équilibre entre le modernisme et les traditions, même si ce n’est pas une mince affaire. Il faudrait qu’elle réussisse à devenir le leader de sa société pour lui faire faire les mutations sociales nécessaires au règne de la liberté et de l’égalité entre les sexes. La femme à cheval sur deux cultures peine à s’épanouir parce que prise en tenailles entre l’attrait sécurisant des traditions qu’elle a reçues et qu’elle ne souhaite pas perdre d’une part et les exigences et les défis posés par la modernité et le monde qu’elle rêve d’explorer, d’autre part.

La femme kabyle, en te battant pour l’indépendance de ton peuple, tu restes un exemple de dignité, de courage et de sagesse.
Tu es l’avenir de la Kabylie, tu es l’avenir de toute l’humanité.

Noria
SIWEL 271110 Aug 17 UTC

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