Géopolitique

Naissance d’un nouvel État dans le monde : le cas de la Kabylie

GÉOPOLITIQUE (SIWEL) —Seuls trois ingrédients de base sont nécessaires : une population, un territoire, un gouvernement.

La Kabylie est dotée de ces trois ingrédients. Le peuple Kabyle est connu et reconnu par toute la communauté internationale. La Kabylie dispose de son territoire délimité par sa légendaire historique Wilaya III. Elle dispose en fin de compte d’un mouvement souverainiste en l’occurrence le MAK, et d’un gouvernement provisoire prêt à diriger les destinées de la Kabylie vers son autodétermination et son indépendance. La Kabylie peut, donc,  postuler légitimement à édifier son état et faire partie intégrante du concert des nations.

Sur une planète où les territoires vierges n’existent plus, un nouvel État ne peut apparaître que dans deux cas:

  • par la séparation d’un territoire colonial de l’État métropolitain, c’est la décolonisation
  • par l’éclatement d’un État préexistant

Cette dernière situation donne lieu à plusieurs variantes: la sécession comme au Sud-Soudan, la dissolution (URSS) ou la création concertée d’un nouvel État, comme ce fut le cas de la Pologne lors de la signature du traité de Versailles en 1919.

L’Etat Kabyle  pourra voir le jour  dans les deux cas :

  • Du premier cas, parce que, le peuple Kabyle, dans sa majorité, reconnait être colonisé par le régime Algérien depuis la fausse indépendance de 1962. Le colon Français est sorti, mais, tout de suite, remplacé par le colon arabo-islamique Algérien.
  • Du deuxième cas, parce que, nombreux sont les observateurs géopolitiques qui prédisent un effondrement et la faillite proche et inéluctable de l’Algérie. L’Algérie se disloquera et donnera naissance à des états amazighs, en premier lieu la Kabylie, phagocytés en son sein.

Tout récemment, le monde a compté un nouvel État, le Sud-Soudan. La Belgique, de son côté, connaît une grave crise politique qui pourrait un jour déboucher sur la scission du pays. Le Kosovo,  plusieurs années, après son indépendance, peine à se faire reconnaître par l’ensemble de la communauté internationale. Dans chacun des cas, se pose la question de la création d’un État. Un processus politique dont les contours juridiques restent flous.

Le droit international permet, à tout moment, la création d’un nouvel État puisque le nombre total d’États composant la communauté internationale n’est pas limité. De plus, il admet que les États existants «peuvent sans restrictions se transformer et disparaître». Ce sont là deux libertés fondamentales de l’Organisation des Nations unies.

Toutefois, la communauté internationale n’encourage pas la multiplication des États, craignant une «balkanisation» du monde. C’est que l’accouchement d’un État se fait rarement sans mal. Celui de la Bosnie-Herzégovine, au début des années 1990, en est l’un des exemples les plus sanglants.

La communauté internationale  a-t-elle vraiment le choix d’étouffer les peuples à rester sous domination d’autres peuples. Comme l’a si bien illustré M. Ferhat Mehenni dans son livre « Le siècle identitaire », l’autodétermination des peuples va dans le sens de l’histoire. Beaucoup de mal a été fait aux peuples de l’humanité quand on leur a tracé des frontières avec la règle, sans tenir compte de l’homogénéité et la continuité des peuples. Des communautés contre nature sont forcées d’avoir un destin commun alors que rien ne les partage. La violence de la communauté internationale se situe à ce niveau. C’est cet état de fait qui a fait de ce monde, un monde violent plein de guerre, de haine et de cruauté. Seule  la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes qui rétablira la paix civile et l’harmonie dans le monde.

Selon l’ouvrage de Ngyuen Quoc Dinh , la «bible» française du droit international public, «pour acquérir les compétences étatiques, il faut et il suffit qu’une collectivité soit un État».

C’est étonnant, mais créer un État est aussi simple que ça. Seuls les trois ingrédients, cités plus haut, sont nécessaires. Ce sont là les éléments constitutifs d’un État. La recette? Là, ça se complique. Rien n’est clairement établi, d’autant que dans le droit international, tout est sujet à interprétation.

L’outil juridique qui régit la formation d’un État, c’est la reconnaissance internationale. Cela signifie qu’un État n’existe qu’à travers les autres. «C’est un jeu de miroirs, explique Odile Perrot, docteur en sciences politiques et spécialiste du Kosovo. Un jeu dans lequel il faut trouver des alliés avant même d’exister.»

La reconnaissance d’un État n’a rien d’automatique, chacun est libre de ses choix en la matière. Les États de la communauté internationale sont en droit de refuser d’entrer en relations juridiques avec le nouveau venu, de l’ignorer totalement, aussi longtemps qu’ils le souhaitent.

Il est courant de voir des puissances régionales instrumentaliser la reconnaissance de quasi-États, en s’adonnant à toutes sortes de manœuvres politiques. Ainsi, la Russie cherche à affaiblir sa voisine, la Géorgie, en reconnaissant l’indépendance des provinces géorgiennes de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie.

Avec le dépôt du mémorandum dans toutes les organisations internationales, la question Kabyle est désormais entre les mains de la communauté internationale. Avec la mise en place du corps diplomatique et l’édification du parlement Kabyle,  la Kabylie doit prendre son bâton de pèlerin et parcourir les capitales du monde pour se faire des amis qui pourront reconnaître l’état Kabyle. La Kabylie doit déployer des stratégies gagnant-gagnant pour se faire le maximum d’alliés à notre cause. La Kabylie a des atouts  que plus de 30% des pays dans le monde n’ont pas. La Kabylie peut jouer un rôle mondial pour rétablir la paie et l’harmonie dans le monde. Elle peut rééquilibrer les déséquilibres et les désordres actuels dans la région méditerranéenne. La Kabylie, de par sa nature, elle ne peut trouver d’allié que dans le monde démocratique et développé. L’Algérie ne peut pas changer sa nature. Elle s’inscrit désormais dans le monde moyenâgeux de l’arabo-islamisme. Elle ne tient qu’à un seul fil sérum du pétrole et du gaz. Elle ne peut plus s’afficher pour la défense des valeurs universelles, parce que c’est contre sa nature. Le jour où elle s’astreindra à défendre ces valeurs universelles, elle disparaitra de facto. C’est à la Kabylie que reviendra la charge et la responsabilité de pacifier l’Afrique de Nord, le bassin méditerranéen et toute la région. La Kabylie est déjà admirée en coulisse par la communauté internationale. La Kabylie pourra les officialiser le moment venu.

L’absence de reconnaissance internationale ne traduit pas toujours une volonté politique.  Certains d’entre eux traînent pour des raisons de politique intérieure, par exemple l’Espagne à cause des nationalismes basque et catalan, mais nombre de petits États n’ont tout simplement pas le budget adéquat.

La consécration finale pour un État naissant, c’est l’adhésion à l’ONU. Pour devenir membre, l’État doit pouvoir remplir les conditions posées par l’article 4 de la Charte. L’admission d’un nouveau membre s’effectue alors par un vote à la majorité des deux tiers de l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité.

Zidane LAFDAL
Paris, le 18 Mars 2017

SIWEL 201153 Mar 17

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