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Talsa ou la Pasionaria Kabyle qui dit non au machisme et à toutes les discriminations

KABYLIE (SIWEL) — Elle s’appelle Talsa, Talsa Boucif. Hier, elle a fait le Buzz sur les réseaux sociaux kabyles. Avec des commentaires « Pour ou contre », elle était là et elle a secoué le cocotier.

Talsa Boucif est cette jeune fille à la silhouette fine, qui a pris la parole lors de l’assemblée générale (AG) des étudiants du campus d’Avudaw de l’Université de Vgayet (Bougie), Tasdawit n Vgayet, hier lundi 04 décembre.

Le sujet du jour est chaud et lourd, il s’agit du refus opposé par la commission juridique de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) coloniale algérienne à un amendement proposé par le Parti des Travailleurs (PT), portant sur la promotion de la langue Amazighe et la généralisation de son enseignement avec un statut obligatoire, soit exactement comme la langue arabe, passée elle pour être la langue de l’Etat (sic).

Droite dans ses bottes noires surmontées d’un jean déchiré à la mode en ce moment et qui lui a valu quelques remarques déplacées et idiotes de quelques Machis (pluriel de macho) en herbes, cette jeune fille de 20 ans, étudiante en troisième année de Licence d’Anglais a harangué la foule d’étudiants venus à cette AG.

Constatant que seuls les garçons ont pris la parole, Talsa a pris le micro au pied levé pour s’adresser à tous les étudiants.

D’une voix ferme dont les aiguës sont accentués par une sono mal réglée, Talsa est intervenue pour sensibiliser les étudiantes présentes.

Elle a rappelé que les filles ont aussi le droit d’intervenir et de donner leurs avis, qu’elles ont, elles aussi, le droit de parler pour défendre la Kabylie.
Talsa les a aussi invitées à être présentes en grand nombre lors de cette marche.

Relevant qu’un étudiant du FFS avait interpellé un autre qui portait le drapeau Kabyle, Talsa a condamné ce geste et a appelé à l’union de tous les Kabyles.

Soulignons à juste titre que le FFS et le RCD partis « dits Kabyles » mais inféodés au pouvoir arabo-islamique et dont les députés étaient présents lors du vote n’ont émis aucune réserve sur ce refus de la promotion de Tamazight.
Il y a lieu de rappeler aussi que malgré que la langue Tamazight soit promue langue nationale et officielle (sic) dans la nouvelle constitution algérienne à côté de la langue arabe, cela n’a pas dissuadé ces députés de rejeter cet amendement. Ce qui prouve que cette officialisation de Tamazight n’est que de l’enfumage.

Lors de son intervention, Talsa Boucif, au look digne d’une Parisienne, portait sur ces épaules le drapeau Kabyle et n’a pas manqué de souligner qu’elle est une militante du MAK et qu’elle lutte pour une Kabylie Libre et Indépendante.

Sur son compte Facebook, Talsa Boucif est revenue sur son intervention pour préciser :

J’étais l’unique fille à parler, est-ce donc quelque chose de mal ? Non ! Je suis tout autant kabyle que tous ces hommes qui ont parlé, j’ai aussi le droit de combattre parce que la Kabylie est notre pays à toutes et à tous, j’espère que demain dans cette marche les filles seront toutes aussi présentes que les mecs. Je suis une femme, je défends ma langue, ma culture, mon identité, mon pays. Hommes ou Femmes, peu importe l’essentiel est de servir la Kabylie.

À propos de cet étudiant du FFS,

J’ai aussi eu du mal à me retenir en voyant un étudiant qui soutient le « ffs » crier sur un autre pour lui dire de ranger le drapeau kabyle, « akit ay arrac nneɣ sduklet iɣalen nwen axxam iwakken at nezdeɣ ilaq lsas at yetfen n temyeča garaneɣ amzun mačči d atmaten « . Vive ma Kabylie libre indépendante et laïque.

Ainsi, avec Talsa Boucif, le ton est donné, non à toute discrimination quelle qu’elle soit.

À travers la Kabylie tous les jeunes (étudiantes, étudiants, lycéennes, lycéens et enfants des écoles primaires) se sont levés comme une seule personne pour revendiquer le droit à l’enseignement du Kabyle appelée lors de ces rassemblements Tamazight, et ce au grand bonheur du Président de l’Anavad, Mas Ferhat Mehenni qui suit de très près ces différentes manifestations et qui lors d’une courte allocution en direct aujourd’hui a encouragé cette jeunesse Kabyle à persister pacifiquement dans ses revendications et sa lutte légitime.

Dans cette intervention Mas Ferhat Mehenni, constatant que cette jeunesse Kabyle prend le relais, a rappelé à bon escient un vieux dicton Kabyle « Lorsque le père pose le marteau, c’est le fils qui prend la relève »

Avec toutes cette jeunesse Kabyle qui descend dans la rue Kabyle de manière pacifique et civilisée, la relève se fait au grand dam de ce pouvoir arabo-salafiste qui constate son grand échec dans sa politique d’arabisation/salafisation et d’aliénation qui fait tomber ce pays appelé « Algérie » dans l’ignorance et l’obscurantisme religieux.

En Kabyle, Talsa signifie : Humanité.

nbr/wbw
SIWEL 051927 Dec 17 UTC

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