PARIS (SIWEL) — François Hollande, qui jure par tous les Dieux que « la Françafrique, c’est terminé ! » a convoqué, les 6 et 7 décembres 2013 à l’Elysée, son premier «sommet France-Afrique» avec pour thème «la paix et la sécurité en Afrique». Avec des appuis militaires de type «Serval» pour bien visser ses régimes vassaux, pour ne pas dire esclaves, François Hollande compte garantir « la paix et la sécurité » en Afrique avec une belle brochette de dictateurs et criminels africains, dont certains sont poursuivis par la CPI pour crimes contre l’humanité. Avec ce sommet, François Hollande lance l’ouverture de la médiatisation officielle du redéploiement massif de la France en Afrique…«à la demande des africains» bien sur, d’abord et avant tout «pour la sécurité des africains».

 

La paix et la sécurité sont d’excellent prétexte au redéploiement militaire français afin de quadriller l’Afrique. La couverture à cette action colonialiste est la « lutte contre le terrorisme », d’autant plus simples à démontrer que les passerelles avec le terrorisme islamiste, dernier instrument en date pour justifier l’interventionnisme sécuritaire, sont à portée de main…au plus près des régimes dictatoriaux et des chefs d’Etats qui règnent sur l’Afrique francophone.

Ainsi, à travers ce sommet de la Françafrique version Hollande, la France prépare son redéploiement massif en Afrique et réunit pour ce faire ses mercenaires africains afin de définir les modalités et les rôles dévolus à chacun d’entre eux. Les prétextes sont déjà annoncés : la paix et la sécurité en Afrique ! Nous savons déjà que Paris est intervenue au Mali pour venir en aide à ses « amis africains », assurer l’ordre constitutionnel, garantir les frontières coloniales rebaptisées « intégrités territoriales » et surtout défendre ce qui fait sa notoriété mondiale : la liberté et les droits de l’homme…, le tout avec le concours officiel des poids lourds de la dictature africaine et le concours officieux des islamistes "fréquentables" dont les lieutenants de chef terroriste, tel que Iyad Ag Ghaly d’Ansar Dine ou du Mujao, rebaptisé pour la circonstance Mouvement Arabe de l’Azawad avec des personnalités tels que Mohamed Ould Mataly, narcotrafiquant notoire, récemment « nommé » député malien à Bourem dans le « Nord Mali »…

Mais qui pourrait douter que Paris est bien parti combattre le terrorisme islamiste en Afrique quand elle le soutien activement en Syrie ? Qui peut douter du noble combat de la patrie des droits de l’homme pour la liberté, la démocratie et la laïcité en Afrique quand Paris fomente depuis 50 ans des coups d’Etats, des assassinats politiques et cautionne les génocides ethniques dont celui des Touaregs. Qui peut douter que Paris lutte contre le terrorisme quand elle félicite amicalement les régimes islamistes « modérés » du Caire, de Tripoli et de Tunis ou quand elle « remet en selle » des terroristes avérés, tel que Iyad Ag Ghaly, avec qui elle négocie la libération de ses otages monnayant rançons, impunité et reconnaissance politique? Mais si les peuples africains ne sont plus dupes, l’ONU et son armada de commissions en tout genre, eux en revanche, n’en doutent pas et apportent tout leur soutien à la générosité légendaire de la France, cette grande patrie de la liberté.

Après le Mali, c’est au tour de la Centrafrique où il y a « risque de génocide ». La France dans la grande générosité qui la caractérise va aller porter secours à une population à qui elle a fait subir durant 13 ans le très célèbre BOKASSA, Président-Maréchal-Empereur (et peut-être même anthropophage)

Paris s’apprête donc à envoyer 800 soldats supplémentaires en Centrafrique, en plus des 400 déjà sur place, selon, bien entendu, les chiffres officiels, dans un contexte différent de celui du Mali mais à même finalité. En fait, Paris prépare, à peu près la même chose qu’au Mali et en douce au Niger, c’est-à-dire sans le concours des médias. La différence en Centrafrique, c’est que l’intervention française invoque le prétexte de la «prévention d’un risque de génocide». En réalité François hollande prévoit de reprendre fermement pied dans ce que la France considère comme étant sa réserve naturelle : l’Afrique.

Pour se parer d’une légalité mensongère, accrédité par l’ONU et bien sur par l’Afrique des Chefs d’Etat, François Hollande réunit autour de lui ses hommes de main, tel que le président malien Ibrahim Boubakar Keita, récemment élu au Mali selon les critères de la Françafrique ; Blaise Compaoré, principal artisan des accords des fameux accords de Ouagadougou (qu’il n’a jamais été prévu de respecter )- Rappelons au passage que son excellence Blaise Compaoré, président du Burkina Faso depuis 1987, doit sa prise de pouvoir à un coup d’état sanglant et à l’assassinat de Thomas Sankara, unique président africain qui avait entrepris de lutter contre la Françafrique – ; Idriss Déby, dictateur maintenu au pouvoir depuis 1990 par la France, notamment grâce à son dispositif militaire «Epervier» mis en place par le même Laurent Fabius en 1986 ; Paul Biya, président du Cameroun depuis 1982 après un « coup d’Etat » à peine déguisé, puis à chaque fois réélu et même « brillamment » réélu en 2011 ; le célébrissime dictateur Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville depuis 1979, etc., etc.,…

Selon le journal Jeune Afrique, « l’entourage de François Hollande se réjouit : "Tous les "poids lourds" seront là", Les membres du fameux "pré carré français" devraient tous être de la partie : le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Gabonais Ali Bongo Ondimba et l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema théoriquement en froid avec la justice internationale et même le président kenyan Uhuru Kenyatta, poursuivi par la CPI pour crimes contre l’humanité. Le président de l’Angola, José Eduardo dos Santos sera représenté par son ministre des Relations extérieures, tandis qu’Abdelaziz Bouteflika toujours en convalescent (NDLR : au Val de Grâce ?) sera représenté par son premier ministre Abdelmalek Sellal. »

La plupart des mercenaires africains qui gèrent pour le compte de la Françafrique les anciennes colonies africaines, passées du colonialisme au néocolonialisme, ont tous été « convoqués » par François Hollande pour lui assurer un redéploiement militaire « légal à la demande des africains eux-mêmes » avec une accréditation de l’ONU qui n’a jamais été qu’un « machin » selon les termes du général De Gaulle qui avait justement mis en place cette fameuse « Françafrique ». Ainsi, Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unie sera représenté à ce sommet de la Françafrique pour apporter la caution internationale et la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, viendra apporter la caution africaine. L’Union européenne, le FMI et la Banque mondiale seront représentés. Tout le monde est invité à cautionner la « réorganisation du dépeçage de l’Afrique ».

La France est un grand pays où les pouvoirs se succèdent démocratiquement, mais comme les frontières coloniales, la Françafrique demeure « intangible » grâce à une poignée d’africains, des criminels en puissance, cumulant crime économique et crime de sang, installés à la tête de dictatures par la France néocoloniale.

Pour paraphraser l’opposition camerounaise qui a trouvé la seule formule qui convienne à ce cirque, « Ce Sommet, digne de la Négritude, n’est rien qu’une foire aux Chefs d’Etats africains convoqués à Paris pour écouter la redéfinition de leur coopération envers leur maître »…Voilà qui résume parfaitement la nature de ce sommet Françafrique!

zp,
SIWEL 271255 NOV 13

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