GHARDAIA (SIWEL) — Smail, le jeune frère de Salah Abbouna, un des derniers militants du Mouvement pour l’autonomie du Mzab (MAM) encore en liberté (avec Khodir Sekkouti), a été embarqué le 01/12/2015 par la police algérienne au domicile familial en lieu et place de son grand frère qui se trouve en exil au Maroc. Salah Abbouna et Khodir Sekkouti n’ont effectivement pas eu d’autre choix que de s’exiler au Maroc pour échapper à la dictature raciale de l’Etat algérien.

N’ayant pas pu mettre la main sur le grand frère, la police algérienne embarque le petit frère qui est en détention arbitraire depuis 2 mois à la place de son frère avec des chefs d’inculpation digne d’un tribunal colonial

 

Depuis 2 mois, le jeune Smail est incarcéré à la place de son frère avec les même chefs d’inculpation qui ont été inventés et collés au Dr. Kameleddine Fekhar, et ce, alors que Smail, âgé de 20 ans, n’est même pas militant du MAM. Mais comme des drapeaux amazigh ont été saisi au domicile familial des Abbouna, et que le grand frère Salah leur a échappé, l’Etat algérien n’a pas trouvé mieux que d’accabler le petit frère des chefs d’inculpation suivant :

1- Outrage à corps constitués.

2-Insulte au Président de la République (offense ou diffamation)

3-Exposition publique de documents de propagande dans le but de porter atteinte
aux intérêts nationaux.

4- attroupements armés

5-Incitation à des attroupements armés

6-Constitution d’association de malfaiteurs dans le but de commettre des crimes contre des personnes physiques et des biens.

7-Incitation à l’atteinte à l’intégrité territoriale.

8-L’incitation à l’exécutions d’actions terroristes destructrices dans le but d’attenter à la sécurité de l’Etat, l’unité nationale et l’intégrité territoriale par l’instauration de l’insécurité à travers des agressions morales et physiques contre des personnes en exposant au danger leurs vies, leurs libertés et leur sécurité.

9-Incitation à l’incendie des biens publics et privé

Pour rappel, l’Etat algérien a emprisonné la quasi-totalité des militants du Mouvement pour l’autonomie du Mzab (MAM), à leur tête leur président, le Dr Kameleddine Fekhar. Leurs tors est d’avoir dénoncé les agressions raciales dont les mozabites sont régulièrement les cibles depuis plusieurs années, et ce avec l’appui de la police et de la gendarmerie algérienne. Quant au Dr. Fekhar, il est carrément accusé d’intelligence avec l’ennemi pour avoir demandé la protection de l’ONU pour le peuple mozabite victime d’un ethnocide violent et meurtrier qui se déroule au vu et au su de tout le monde.

Par mesure de représailles, pour avoir osé dénoncer les crimes dont ils sont victimes, l’Etat algérien a fait arrêter tous les mozabites qui protestaient publiquement, du président du MAM au citoyen mozabite ayant diffusé sur Youtube des vidéos compromettantes montrant la complicité agissante des forces de police et de gendarmerie algérienne avec les agressions meurtrières des Châambas contre les mozabites.

Pendant ce temps-là, les partis politiques algériens et les ligues des droits de l’homme observent un silence assourdissant ou bien, dans le meilleur des cas, ils dénoncent mollement « le climat délétère » ou encore les « conflits inter communautaires » dans la vallée du Mzab alors que la quasi-totalité des victimes, tuées ou agressés dans leurs maison, sont Mozabites. Les domiciles, les magasins, les palmeraies et l’ensemble des biens détruits par incendies ou destruction à la pelle appartiennent tous à des mozabites. Même les cimetières et les sépultures mozabites, classées au patrimoine universel de l’Unesco, ont été tranquillement saccagés, et en toute impunité. On se souvient encore des scènes d’horreur du jeune mozabite impunément assassiné au cimetière Mozabite par des jeunes Chaâmbas…

Parallèlement à ce massacre, les mozabites qui ont subi ces graves agressions et plus particulièrement les mozabites qui ont osé dénoncer publiquement la ségrégation raciale, le crime organisé et ceux qui ont demandé une protection internationale pour le Mzab, sont détenus dans des conditions effroyables ; des conditions dignes des anciennes conquêtes coloniales qui visaient à briser la volonté des peuples quand ceux-ci osaient s’opposer à la spoliation de leurs territoires, à leur asservissement ou à leur assimilation.

Et avec tout ça, il y en a encore qui osent parler de l’unité nationale algérienne ou, mieux encore, de la loi et de la justice algérienne alors qu’ils s’accommodent lâchement de l’impunité des terroristes dit repentis sans aucun problème de conscience, de même qu’ils ne sont nullement dérangés par l’incarcération arbitraire de militants pacifiques qui ne réclament que leurs droits, tels que le Dr Fekhar, l’ensemble de ses camarade de lutte ou encore ce jeune mozabite de 20 ans qui n’a qu’un seul tors, celui d’être le frère d’un militant Mozabite.

zp,
SIWEL 051852 FEV 16

Laisser un commentaire