IDÉE (SIWEL) — L’indépendantiste kabyle, Atcheba, nous livre la première partie d’une réflexion sur l’indépendantisme kabyle, en s’appuyant sur des éléments de l’histoire, et qui commencent à l’époque du royaume de Koukou, il y a trois siècles.

 

Trois siècles nous séparent de la fin du royaume de Koukou, dont il ne reste que le village éponyme, à quelques kilomètres de Tizi-Ouzou.
De ce royaume kabyle souverain, au sens moderne du terme, à 2010, quand fut créé le Gouvernement Provisoire Kabyle, l’eau a continué à couler à l’oued Sébaou et la neige à remplir les cimes du Djurdjura.

Cette durée a été aussi celle de cet État (ou principauté) kabyle, jusqu’à la défaite européenne de Napoléon Bonaparte et le débarquement nord-africain des troupes royales françaises.
Pour noyer leur chagrin et détourner l’attention des peuples, les suzerains royaux Charles X, Louis Philippe et Napoléon III n’eurent de cesse que de mobiliser leurs troupes battues à Waterloo, 15 ans auparavant, contre les territoires occupés à l’époque par les Ottomans.
Dans la tête de Charles X et surtout de Louis Philippe, il fallait créer un royaume arabe au flanc sud de la Méditerranée !

Sur la base de l’espion Boutin, qui a établi plus un rapport militaire qu’une étude sociologique, les troupes françaises débarquèrent à Sidi Fredj, fraîchement accueillies par les Kabyles d’Alger et non par le gouverneur ottoman qui préféra la fuite …
Depuis, cette même troupe, sans cesse renouvelée et armée, mit plus de 20 ans pour parcourir les 100 km qui la séparent de Tizi-Ouzou et atteindre, par la suite, Larbaa Nath Irathen …
Ce ne fut point une promenade tranquille pour les envahisseurs français, qui, vainqueurs, prénommèrent ces territoires du nom de Algérie : El Djazair, pluriel du mot arabe El Djazira (Ile), pensant aborder par la mer une grande île. Hélas !

Les maréchaux et généraux parisiens, dans le déroulement violent de leurs conquêtes, découvrirent, entre autres, une nombreuse population éloignée de leurs références arabisantes, par la langue, les coutumes, le style, le physique…

C’est cela la Kabylie !

Leurs  »trouvailles » furent consignées dans des ouvrages qui survolent les considérations techno-militaires de Boutin.
L’histoire retiendra le reste : le bébé à défaut d’un royaume  »arabe », fut prénommé  »Algérie » et les Kabyles devenus, malgré eux, Algériens !

Cette entourloupe datant de 1857, nous continuâmes à défendre nos espaces occupés par les Français, après l’avoir été par les Ottomans.

Nous continuâmes à vaquer dans ce pays  »Algérie » que nous avons aidé à se libérer, à notre détriment !
Trois siècles après, écrivais-je, cette référence historique s’est réveillée quand une Révolution identitaire eut été enclenchée et animée par Ferhat Mehenni.

On ne bâtit pas sur du sable, dit le dicton.
Le projet d’un État kabyle souverain sent les braises de cette période du 18e siècle où, pour la première fois, le nom de Kabyle fut prononcé.

Ce n’est pas l’exactitude historique, mais cette kabylité gagna de nouveau les territoires où les populations s’expriment dans leur langue et vivent dans leurs traditions vestimentaires et autres.

La vérité est qu’à la veille de 1830, toute la région centre de ce pays Algérie s’exprimait en kabyle.
Une érosion linguistique, voulue ou subie, a rétréci ces territoires pour ne garder en définitive que l’actuelle Kabylie, équivalente à l’ex.wilaya 3, sans oublier ces milliers de Kabyles, émigrés-internes à l’est, et l’ouest, voire au Sud, vivant aux côtés de populations qui se réclament  »Algériens – Arabes ».

Dans ces conditions, nous sommes devenus des  »Algériens-Kabyles », noyés dans une culture et un environnement arabo-musulman, qui contredisent notre statut propre, notre langue, nos traditions, notre histoire d’avant et d’après le royaume de Koukou, né vers 1500 de notre ère.

La pression était tellement forte qu’il suffisait de quitter nos montagnes ou nos bourgs (Tizi-Ouzou était un bourg) pour être soumis à un environnement contraignant à l’opposé de ceux que nous défendions ou voulions.

De nos jours, certains veulent ce statu-quo en développant une forme d’algérianité qui n’existe qu’administrativement, à l’exemple d’une colonisation qui ne dit pas son nom.
De cette sorte, les photos kabyles se différencièrent du reste et que les printemps se succédèrent, pour être réprimés à outrance ; et que l’Histoire, la vraie, appelait au secours d’un rêve et non d’un mythe : une renaissance kabyle.

2e partie.

Atcheba
SIWEL 221322 DEC 16

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