KIDAL (SIWEL) — Comme nous l’annoncions hier, les soldats de l’armée malienne, non loin des soldats de la Minusma et de Serval, ont ouvert le feu sur les manifestants qui avaient envahi le tarmac de l’aéroport de Kidal pour protester contre la venue du premier ministre malien. Les tirs de l’armée malienne ont tué une femme et blessé grièvement trois autres femmes et deux enfants. Depuis hier, les médias français observent un « silence religieux », même la presse écrite, censé avoir une certaine marge de liberté, n’en souffle pas un mot ; exception faite, bien sûr, de la dépêche publiée aujourd’hui (donc 24h plus tard) par l’inénarrable AFP qui annonce que « Le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly, a dû annuler hier une visite à Kidal, après «l’intrusion» de manifestants à l’aéroport de cette ville du nord-est du Mali»…

 

Tous les médias français ont observé un silence religieux sur la répression de l’armée malienne contre une manifestation pacifique hier matin à Kidal, ayant fait un mort (une femme) et plusieurs blessés, dont 5 graves (3 femmes et 2 enfants). A la veille d’un redéploiement militaire français en Centrafrique par pur altruisme et pour parer au « risque de génocide », il va de soi que pour les médias français, ce n’est vraiment pas le moment de mettre en évidence les "conséquences macabres" de l’ingérence française en Afrique.

C’est le silence dans les rangs…curieusement aucun média français n’a entendu parler de ce qui s’est passé hier à Kidal, à 100 mètres à peine d’un dispositif militaire de Serval et de la Minusma. Ni le Nouvel observateur, ni Libération, ni Le figaro, ni Le monde, ni L’express, ni même RFI (hormis une toute petite dépêche invisible qu’il faut chercher à la loupe) n’en ont fait état. Selon l’actualité internationale de la presse française, il ne s’est absolument rien passé à Kidal hier…c’est le calme plat.

Seule l’AFP a diffusé aujourd’hui l’information selon laquelle « Le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly, a dû annuler hier une visite à Kidal, après « l’intrusion » de manifestants à l’aéroport de cette ville du nord-est du Mali». Une dépêche où l’on constate que l’annulation du déplacement du premier ministre malien constitue l’information primordiale et non pas la mort d’une femme tuée par les balles d’une armée qui n’en est pas à ses premiers crimes. Les 3 femmes et les 2 enfants grièvement blessés sont également passés sous silence.

Mieux encore, citant des « sources du gouvernorat » l’AFP rapporte que «Deux jeunes étaient armés parmi les manifestants qui criaient  »Vive l’Azawad, vive le MNLA »»…ce qui relève du mensonge, car si les populations criaient effectivement « Azawad, Azawad », comme elles le font chaque jour depuis maintenant deux ans, aucun civil n’était armé et les combattants du MNLA sont désormais « pieds et poings liés » grâce à la ruse de la cellule Afrique du Quai d’Orsay et « son excellence » Blaise Compaoré, le vassal de Ouagadougou. Les manifestants étaient dans leur écrasante majorité des femmes et des enfants. Et pour preuve, c’est une femme qui a été tuée et non un « rebelle touareg » et les 5 autres personnes grièvement blessés par les tirs de l’armée malienne sont 3 femmes et deux enfants et non des combattants. Mais pas un mot sur la victime décédée, ni sur les blessés graves, L’AFP fait état de « trois blessés parmi les manifestants » sans plus de précisions.

On comprend que la presse française taise ce déshonneur dans lequel le gouvernement Hollande a entrainé le peuple français, puisqu’il agit en son nom. En effet, toutes les exactions commises par l’armée malienne sur les populations civiles se sont faites dans le sillage, à proximité ou carrément en présence des forces française de Serval et de la Minusma. Hier, cela s’est à nouveau reproduit. L’armée malienne, à deux pas des « forces de paix » de la Minusma et des forces françaises de l’opération Serval, a ouvert le feu sur des manifestantes qui avaient pour uniques armes leurs slogans contre le redéploiement du Mali dans l’Azawad dont elles réclament l’indépendance. La seule chose que Serval ait faite pour les victimes grièvement blessées, c’est de les avoir évacuées à l’hôpital militaire de Serval à Gao.

Pour rappels des centaines de civils, essentiellement Touaregs et maures, ont été tué dans le triangle « Tombouctou-Gao-Gossi » par les soldats maliens dans le sillage de l’avancée française dans l’Azawad depuis le déclenchement de l’opération française « Serval ». Par ailleurs, les accords de Ouagadougou, signés par le MNLA la sous pression française, n’ont abouti à rien de positif. Ils n’ont été que l’instrument par lequel le peuple de l’Azawad a été méthodiquement dépossédé de sa lutte de libération pour le remettre à la « case départ », celle qui avait été tracée en 1958 par la France coloniale.

Les arrestations arbitraires, dont certaines sont suivie d’exécution, se poursuivent, le cessez-le feu est régulièrement violé et les groupes islamistes affiliés à l’AQMI (Ansar Dine et Mujao) sont habilement réintroduit au cœur des négociations à travers des éléments notoirement connus du Mujao, comme le tout nouveau député de Bourem (Mohamed Ould Mataly), et Ansar Dine, comme les deux députés de Kidal (Alghabass Ag Intalla et Hamada Ag Bibi), notoirement connus pour être les deux hommes de confiance du chef terroriste Iyad Ag Ghaly. Tout ce beau monde a été élu sur la liste du président Ibrahim Boubakar Keita…Avec cela, nul doute que la France est allée combattre le terrorisme, défendre les droits de l’homme et toutes les belles idées de liberté, de démocratie et de laïcité.

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