Analyse

Kabylie : l’option indépendantiste confirme son ancrage (par Allas di Tlelli)

ANALYSE (SIWEL) — Malgré une mobilisation qui aurait pu être moins prononcée, eu égard à une politique de répression/intimidation/désinformation permanente, menée de concert par la police algérienne, les institutions, les médias(1), les ministres qui s’affichent avec des artistes cupides, les appareils partisans de « l’opposition faite maison » totalement absorbés par la mascarade des législatives algériennes du 04 mai et, par conséquent, par une course effrénée à l’enrichissement personnel grâce à une dictature « généreuse » (!), malgré les innombrables barrages de police dressés dès 06H du matin, sur toutes les voies qui mènent dans les villes de Tizi Ouzou et de Béjaïa, malgré la tentative d’organiser des contre-marches à travers un tract anonyme affiché massivement le 18 et le 19 avril et enfin, ultime provocation, des villes de Tizi Uzu, de Vgayet et de Tuvirets qui se sont réveillées sur les itinéraires des marches, couverts comme jamais, par des drapeaux algériens et autres guirlandes en maille du même emblème qui longent, de part et d’autre, tout le parcours de la Manif, le traversant même tous les 20 mètres… les souverainistes kabyles ont montré, une fois de plus que, quoi qu’on dise, ici ou là, qu’on soit d’accord ou pas, ce qui est le droit de tout un chacun, qu’après les foules des désenchantés de l’Algérie et de ses partis, le souverainisme kabyle est incontestablement une force politique incontournable qui séduit la Kabylie chaque jour davantage.

La présence en force de la gent féminine, des familles avec leurs enfants, de Akli D et un emblème kabyle qui s’est imposé massivement, eu égard aux rafles dont ont fait l’objet, tout au long de ces derniers mois, de nombreux militants et militantes qui l’arboraient, parfois en version miniature sur des tee-shirts… sont autant d’éléments qui ont légué à ces marches une note chatoyante, intelligence et surtout une démonstration d’un peuple qui refuse de sombrer dans la médiocrité, la folklorisation et l’obscurantisme dans lesquels Etat algérien, algériens, arrières-vassaux kabyles et partis croupions voudraient le confiner.

Il y a lieu de souligner que contrairement à Béjaïa et Tizi Ouzou, la marche de Bouira a été empêchée, les marcheurs violemment réprimés et de nombreux militants ont été arrêtés et qui seraient libérés suite à la mobilisation des manifestants.

Pendant ce temps, le racisme anti-kabyle continue de sévir en Kabylie même mais aussi et surtout en Algérie. Étaler ici le détail, reviendrait à écrire plusieurs livres. Aussi, me contenterai-je de faire part d’un cas qui vient de m’être communiqué en milieu de la journée. A l’école supérieur de l’hydraulique de Blida, alors que les étudiants kabyles, en robes kabyles pour les filles, ont improvisé, dans l’enceinte de l’école, un rassemblement, en chantonnant des chants révolutionnaires de Ferhat, Ideflawen et de l’incontournable Matoub Lounes, toute l’administration, responsables et personnel, est sortie pour mettre fin à cette petite célébration symbolique, ce que les étudiants ont refusé avec une rare détermination. Dans l’après midi, une enseignante entame son cours en jetant, ironique, aux étudiants : « Ils veulent peut-être nous imposer des cours d’algèbre en kabyle ! »…

La commémoration des deux printemps de Kabylie sont en phase d’imprimer une rupture historique avec le rafistolage et autres compromissions qui ont, jusque-là, maintenu la Kabylie dans un statut peu honorable d’un folklore végétatif et de peuple soumis quémandant le statut de serf.

Repris avec l’aimable autorisation Allas Di Tlelli

SIWEL 211032 Apr 17 UTC

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