De la dékabylisation organisée par l’Algérie coloniale. Chronique de Dda Teyyev

CHRONIQUE (SIWEL) — Tous les Kabyles avertis, ou presque, connaissent la magistrale formule de feu Kateb Yasin : L’indépendance de l’Algérie n’est autre qu’un transfert de colonialisme. Inutile de revenir dans les détails sur l’invasion des 60 000 soldats de l’armée des frontières, conduite par le tyran boumed-hyène et ceux qui n’avaient pas tirée une seule cartouche pendant la guerre 54/62.

On ne se lasserait jamais de répéter : Avancer c’est difficile, reculer c’est impossible.
La bourrasque dévastatrice arabo-obscurantiste, qui s’est abattue sur la Kabylie depuis des temps reculés, avait pris sur son passage des pans entiers de la population kabyle.
Les 105 années d’occupation de la Kabylie par la France n’ont pas réussi à nous dékabyliser comme l’ont fait, en un laps de temps, les importuns d’après 62. Leur arme fatale n’est autre que le dogme par lequel ils ont procédé à l’aliénation des esprits formatés ; leur arme de destruction massive est, bien sûr, l’arabrutisation qui a coupé, une partie de la société kabyle, de la rationalité, de ses racines, du cartésianisme, du bon sens !

La dékabylisation programmée, menée tambour battant, n’est autre qu’une machine à broyer tous ceux qui s’opposent à l’anéantissement des racines et de l’identité kabyles. Sinon, comment expliquer que dans leurs tribunaux en Kabylie, ils imposent une langue désobligeante qui nous est complètement étrangère ?
Cette langue qui étouffe, de plus en plus, la notre, qui nous agresse, qui nous désarçonne, qui nous embarque dans sa reculade !
Je pose une question aux Kabyles chosifiés, convaincus des bienfaits de cette « civilisation » imposée.
Croyez-vous que s’il y avait un quelconque avantage, un quelconque intérêt, un quelconque bénéfice dans cette doctrine cultuelle et sa langue, les occupants, d’aujourd’hui, du pays kabyle, nous l’auraient obligées ou offertes ?

Nous savons que nous ne pensons pas de la même manière, soit ! De nouveau, je repose une autre question aux bernés kabyles. Pouvez-vous nous expliquer, comment celui qui cherche votre extinction peut vous vouloir du bien ?
Posez-vous vous-mêmes la question sur la signification d’un cadeau empoisonné.
Vous vous torturez à vouloir devenir ceux que vous n’êtes pas, sachant que ceux auxquels vous faites la courbette, auxquels vous vous identifiez, ont une haine viscérale de vous, et ne peuvent vous accepter qu’à titre de vassaux insignifiants.

Des décennies durant, le pouvoir colonial algérien exploite une stratégie de travail de sape, par ses médias interposés, ses innombrables mosquées, son école, son semblant d’administration, dans l’unique but d’annihiler la Kabylie, d’éteindre la lumière de son histoire millénaire !
C’est d’une évidence banale que celui qui occupe cherche à faire disparaître l’occupé. Ce qui est moins anodin, c’est ces serviteurs locaux qui consentent à se mettre volontairement au service de ceux qui les méprisent, les dédaignent, les déconsidèrent.
Ces inféodés, aux maîtres esclavagistes, semblent se complaire dans leur statut d’assujettis. Ils font de l’à-plat-ventrisme leur sport favori, et semblent vouloir continuer jusqu’à la fin des temps.

La dékabylisation des esprits a commencé à l’époque même où la majorité écrasante des Kabyles ne comprenaient pas un traître mot de la langue hillalienne.
Le fameux vocable, « nekkwni s waεṛaven » ( nous lé arabes), certaines liaisons sont à écarter, a causés des dégâts démesurés au sein de plusieurs générations des enfants de la Kabylie ; ce dont se réjouit l’occupant qui n’a de cesse d’approfondir la tombe de notre identité kabyle, plusieurs fois millénaire.

Nous ne pouvons, bien sûr, pas passer sous silence le travail de désintégration intense de notre kabylité par Napoléon III et ses descendants, qui ont passé le relais, dès 1962, à leurs remplaçants, plus dévastateurs, plus destructeurs, plus ravageurs !

Cette dékabylisation organisée, est avant tout une basse manœuvre des autorités coloniales algériennes, qui n’ont d’autre objectif que celui de brider les Kabyles et leur interdire leur droit à l’autodétermination ; droit international et conventions de l’ONU ratifiés par cette drôle d’Algérie qui tourne le dos à ses propres engagements.
Les Kabyles dékabylisés, soudoyés par cette étrange Algérie, sont, à s’y méprendre, devenus d’authentiques simplets, si ce n’est des moutons de panurge ; ces niais, naïfs, lesquels si un jour, je ne sais par quel concours de circonstance, la Kabylie venait à être occupée par des asiatiques, il est fort à parier que ces suivistes se bousculeront chez les chirurgiens pour se faire brider les yeux.

Face à cette dékabylisation organisée, programmée, accélérée, il est, plus que jamais, temps que les braves Kabyles resserrent les rangs et disent en choeur : la libération de la Kabylie, rien que la libération de la Kabylie !

Au Vème siècle, avant J.C, Socrate avait alerté en disant : CONNAIS-TOI TOI-MÊME.
Alors les déroutés, dékabylisés ?

Allez-vous, enfin, prendre la décision de participer au combat contre cette mortifère dékabylisation qui nous mine depuis si longtemps ?

A.T le 06.01.2020
SIWEL 072010 JAN 20

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