NOUAKCHOTT  » (SIWEL) — Pour la première fois dans l’histoire de ce conflit, qui fait date, depuis l’accession du soudan français à l’indépendance, le Conseil de sécurité a pris la mesure effective de l’ampleur de cette crise et par conséquent, ainsi qu’il est d’usage, les mesures idoines, au travers de nombreuses résolutions, notamment, la 2100″ …  » Malheureusement, cet accord est presque caduc parce qu’une des parties, en l’occurrence, l’Etat Malien, ne semble pas y tenir et s’emploie à le rendre obsolète sans en mesurer les conséquences que cette attitude pourrait impliquer. « 

 

Coordination des cadres de l’Azawad (CCA)

30 janvier 2014

Lettre ouverte aux Membres du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies

Mesdames, Messieurs,

La récente crise malienne et le récurrent conflit Azawad Mali font l’objet depuis 9 mois d’une spéculation silencieuse dont les populations tant maliennes qu’azawadiennes en subissent les conséquences les plus affreuses, en termes de non-respect de la dignité humaine, de droits de l’Homme, d’insécurité, en particulier, celles refugiées et celles déplacées tant à l’intérieur de l’Azawad que dans le sud du Mali.

Pour la première fois dans l’histoire de ce conflit, qui fait date, depuis l’accession du soudan français à l’indépendance, le Conseil de sécurité a pris la mesure effective de l’ampleur de cette crise et par conséquent, ainsi qu’il est d’usage, les mesures idoines, au travers de nombreuses résolutions, notamment, la 2100.

Le Conseil de Sécurité a mis en place, à cet effet, une mission de stabilisation. La Minusma a réussi, très rapidement, avec l’appui de l’UA et de la médiation de la CEDEAO investie de la totale confiance des mouvements de l’Azawad, des organisations de la société civile et de la totalité des populations de l’Azawad ainsi que d’une écrasante majorité de la population malienne, à obtenir des parties en conflit, la signature d’un accord préliminaire, le 18 juin 2013 à Ouagadougou, en présence de la communauté Internationale
L’accord préliminaire a eu le mérite de déboucher sur un cessez-le-feu, même s’il n’a pas été respecté par le Mali, favorisant ainsi, le déploiement des forces internationales sous la bannière de l’ONU, un relatif relèvement institutionnel de l’Etat, l’organisation d’élections et un timide retour de l’administration.

Sa grande valeur ajoutée par rapport aux accords précédents, est qu’il offrait un espace de dialogue, un cadre de concertation qui devrait permettre aux parties de franchir les étapes nécessaires sur la voie d’un accord fiable, viable, global, inclusif et durable.

Malheureusement, cet accord est presque caduc parce qu’une des parties, en l’occurrence, l’Etat Malien, ne semble pas y tenir et s’emploie à le rendre obsolète sans en mesurer les conséquences que cette attitude pourrait impliquer.

Ce comportement ne dénote – t- il pas d’une pratique classique de la partie gouvernementale à vouloir revoir de façon unilatérale les termes de l’accord, comme s’il avait reçu des assurances extérieures qui lui permettent d’emprunter une voie bien différente de celle prescrite par les dispositions de l’accord de Ouagadougou.

Votre déplacement, en ce début de février 2014, est perçu par tous comme la marque incontestable d’une attention singulière des Nations Unies et de la communauté internationale, pour la résolution d’une crise ouverte depuis fort longtemps au point d’induire une insécurité sans précédent pour toute la sous région et, in fine, pour le monde libre.

C’est de toute évidence, qu’il nous laisse espérer que vous réussirez à convaincre le gouvernement malien à reconsidérer ses positions et volontairement s’engager dans l’application de l’Accord de Ouaga

Pour être précis, nous considérons que rien ne peut expliquer et ne saurait justifier la non application de l’accord de Ouagadougou, tant il est vrai qu’il représente une bonne base de départ à la gestion du conflit, à laquelle restent attachés les mouvements signataires, la médiation de la CEDEAO ainsi que la communauté internationale.

Le Président du Conseil, les membres du Conseil ainsi que le Secrétaire Général, avec l’appui de l’Union Africaine et de la CEDEAO, êtes capables d’un grand courage politique pour créer les conditions essentielles du retour de la paix et de la sécurité dans l’Azawad, au Mali et dans la sous région.

Notre conviction repose sur le fait que toute autre attitude ne ferait qu’amplifier, voire compliquer davantage un conflit au demeurant facile à gérer et clore de façon définitive et durable, si tant est que la volonté des deux parties est réelle pour le faire, sous les auspices et la modération d’une communauté internationale neutre et équidistante.

La communauté internationale, les membres du Conseil, sans aucun doute, privilégieront des options, des choix et des postures qui n’hypothèqueraient plus la dimension fondamentalement politique et socio-économique du conflit au détriment de la seule dimension sécuritaire dans la zone sahélo saharienne.
La communauté internationale, le Conseil de Sécurité ainsi que Mr le Secrétaire Général, pourriez faire que ce conflit cesse et soit définitivement résolu d’une manière juste et durable.

En revanche, il ne s’éteindra jamais si en lieu et place de solutions idoines, on continue de donner la préférence à des faux fuyants.

Aussi, nous sollicitons des membres du Conseil ainsi que de Mr le Secrétaire Général d’user de tout leur poids pour une relance active et effective de l’accord de Ouagadougou ainsi que le respect et l’application de ses principales dispositions, et ce, dans les meilleurs délais afin d’aboutir à un accord global, définitif, donc durable du conflit.

C’est la seule voie à emprunter afin de s’attaquer ensemble, en toute sérénité et efficacité au fléau de l’insécurité et du terrorisme dans la zone sahélo saharienne.

Très Haute Considération

Ansari Habaye Ag Mohamed
Porte parole de la coordination des cadres de l’Azawad

SIWEL 011532 FEV 14

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