Rapport Violence policière

Boukhalfa sur son arrestation : « ils ont cherché à me terroriser pour me faire renoncer à mes idées »

GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE

MOUVEMENT POUR L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE

MAK-ANAVAD

RAPPORT D’AGRESSION D’UN MILITANT PAR LA POLICE/GENDARMERIE COLONIALE

 

Je m’appelle Boukhalfa D. J’ai 37 ans et je suis du village d’At Waɛvan. Je suis poète et dessinateur. J’ai longtemps travaillé dans l’élevage de bovins avant de me lancer dans l’importation. Je suis un bon citoyen et fier d’être kabyle. J’ai toujours pensé que je ne saurais jamais rendre à Taqvaylit tout ce qu’elle m’a donnée.

Le 2 mai 2017, j’étais à Tizi Wezzu, comme souvent depuis un an. Quatres policiers en civil sont sortis d’une voiture banalisée et se sont rués sur moi pour m’arrêter. J’ai résisté. J’ai d’abord demandé à voir les papiers des policiers. Ils ont refusé et m’ont dit que leur talkie walkie était une preuve suffisante qu’ils étaient des éléments de la police algérienne. J’ai continué de résister en leur demandant de m’envoyer une convocation mais ils n’ont pas cessé d’user de grands gestes et de crier, me livrant ainsi à un spectacle dans cette place plaine de monde. A croire que j’étais un criminel.

Je suis donc finalement monté dans la voiture, en direction du commissariat central.

Une fois à l’intérieur, j’ai été dirigé de façon agressive dans un bureau. Ils m’ont enlevé ma ceinture et mes chaussures et ils m’ont demandé de m’asseoir. Ils étaient environs 8 policiers. La plupart étaient des kabyles.

Tout de suite, ils ont commencé à me parler de la marche du 20 avril. Ils m’ont reproché d’y avoir pris part. Ils m’ont également demandé si j’étais en contact avec Mass Ferhat Mehenni et si j’étais un militant du MAK-Anavad.

Ce qui m’a choqué est leur façon de se comporter avec moi. Malgré mon age, bien que je leur ai montré ma carte d’artiste et que je n’ai jamais eu affaire à eux, ils m’ont traité comme un vaurien. Des gros mots, des insultes, des gestes agressifs et méprisants, des coups de pressions du genre « debout ! assieds-toi ! debout ! assieds-toi ! ». Ils ont même insulté ma mère, actuellement très malade.

J’avais énormément de mal à garder mon sang froid devant autant d’injustice, surtout lorsqu’ils ont commencé à insulter ma mère. Ils ont cherché à me dominer et à me terroriser mais j’ai résisté : « J’ai passé 16 ans de ma vie, y compris durant les années 90, à la montagne dans l’élevage. Si le terrorisme ne m’avait pas inquiété à l’époque, ce n’est pas vous qui allez me faire peur aujourd’hui », je leur ai dit quand j’ai compris leur objectif de me faire renoncer à mes idées en me terrorisant. Je ne comprenais, comment ils pouvaient user d’autant d’insultes et de gros mots alors qu’un minimum d’éducation aurait exigé qu’ils se respectent entre eux !

A plusieurs reprises mon téléphone a sonné. Je leur a expliqué que c’était ma sœur qui m’appelais, que j’étais attendu et que je devais m’occuper de ma mère, en vain. J’ai passé toute la journée au commissariat. Avant de m’emmener dans une clinique à Medouha pour me faire une attestation que je n’ai pas été agressé, ils ont pris mes empreintes et m’ont pris des photos. Une fois à la clinique, le médecin n’a pas pris en compte les agressions morales dont j’ai été victime.

J’ai bien évidemment refusé de signer le PV.

En quittant le commissariat, j’ai appelé ma famille qui était alors très inquiète. Tout le village m’a appelé et s’est montré solidaire avec moi tout en montrant leur indignation devant autant d’injustice.

De toutes façons, « Asif n teqvaylit iḥemmled, ama vɣan ama ur vɣin. Yiwen ur yezmir ad t-id-iḥves ! »

Boukhalfa D,
Citoyens d’At Waɛvan

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SIWEL 062313 May 17 UTC

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