ALGERIE (SIWEL) — Elle s’appelle Zina Ikhlef-Ouagueni, elle est députée de Vgayet, sous l’étiquette RND, et siège au parlement algérien. Le 21 novembre 2016, elle a surpris plus d’un lors d’un réquisitoire contre le ministre algérien de l’industrie, Abdesselam Bouchouareb, également issu du RND, en l’accusant d’être derrière plusieurs blocages économiques à Vgayet. Mme Zina Ikhlef-Ouagueni revient à la charge dans une interview accordée au journal algérien Liberté, le 17 janvier.

 

Interrogée sur les récentes émeutes de Vgayet, Mme Zina Ikhlef-Ouagueni a assuré que l’Etat algérien « a voulu diaboliser la région et la wilaya de Béjaïa en particulier » à travers, entre autres, « les déclarations du ministre de l’Intérieur qui a dit que ce qui s’est passé à Béjaïa n’était pas “civilisé” ».

Dans son interview, Zina Ikhlef-Ouagueni, a parlé du sabotage économique spécifique à la Kabylie, : «  la région est marginalisée, ne bénéficie pas de sa part de développement économique, où le taux de chômage est plus accru qu’ailleurs et où des projets prévus sont tout simplement annulés ou abandonnés ». Elle a également souligné le blocage des projets de Cevital, de Issad Rebrab, à Vgayet. Elle a révélé qu’une simple extension à l’intérieur même de l’une des usines du chef d’entreprise kabyle a été bloquée par la wilaya (le département).

Pour elle, l’Etat algérien fait plus confiance aux qataris qu’aux investisseurs de la région : « on nous annonce que dans la zone de Bellara à Djedjen, tous les moyens sont mobilisés par l’État algérien pour offrir les facilitations aux Qataris … Comment peut-on empêcher un Algérien d’investir dans son propre pays et faire appel à des étrangers auxquels on déroule le tapis rouge ? »

Concernant la raffinerie de pétrole, projet attendu mais finalement annulé, Zina Ikhlef-Ouagueni a révélé que le projet a été détourné au profit de Tiaret et que finalement les conditions ne s’y prêtaient pas. Elle a alors contribué à faire des démarches pour faire revenir le projet à Vgayet « mais subitement, tout a été remis en cause avec des commissions qui sortent je ne sais d’où pour dénigrer le choix en question », s’est-elle étonnée.

En plus des projets de Cevital et de la raffinerie de pétrole, la députée a abordé plusieurs autres projets qui ont été bloqués et/ou abandonnés : Le CHU, le tramway, le téléphérique, le stade et plusieurs infrastructures sportives.

Mme Zina Ikhlef-Ouagueni a terminé son interview en déclarant que ceux qui sont responsables de cette situation économique en Kabylie ce sont « certains clans, certains personnages de l’État (algérien, ndlr), notamment des ministres qui se croient tout permis et qui veulent à tout prix bloquer notre région ». Elle a également avoué que sa liberté de ton l’a éloigné de sa formation politique : « la relation est froide à cause de la liberté de ton que j’ai adoptée pour défendre ma wilaya et dénoncer les blocages des projets de développement … j’ai constaté ces dernières années que le parti est envahi par des gens qui ne cherchent que leurs intérêts et non celui de la région… ce sont des étrangers à notre formation politique qui débarquent pour figurer sur les listes électorales, forts de la chkara »

Ces déclarations, venant d’une députée issue d’un parti du système, viennent appuyer, s’il y en a encore besoin, le racisme dont est victime la Kabylie, qui n’a d’avenir qu’en reprenant son destin entre ses mains.

L’interview en entier

nbb
SIWEL 211706 JAN 17

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