Chronique

Shamy Chemini : l’ennemi des Kabyles, ce sont les arabo-salafistes et non Ferhat

CHRONIQUE (SIWEL) — Je connais Ferhat Mehenni depuis 1973 et jusqu’à ce jour, je n’ai rien à lui reprocher. Je ne comprends pas toute cette animosité déversée sur lui. Que je sache, il n’a jamais tué personne ! C’est plutôt le pouvoir assassin qui a tiré sur nos enfants.

Ferhat a passé toute sa vie à lutter pour les siens en militant, en chantant des chansons engagées avant tout le monde, en écrivant des livres et en faisant de la politique.
À ma connaissance, aucun de ceux qui le critiquent n’a réalisé le quart de ce qu’il a fait à lui seul. Il a donné sa vie et enrichi la Kabylie de ses œuvres.
À vrai dire, ses détracteurs sont jaloux et désireux de prendre sa place. Ils aboient en meute et feraient mieux de le laisser en paix, de se mettre à produire, créer et s’unir pour nous débarrasser de nos colonisateurs. Toutes ses critiques sont un cadeau fait à nos ennemis.

Aujourd’hui, nous avons un seul parti politique clair, sachant ce qu’il veut, c’est le MAK qui se bat pour l’indépendance de notre Kabylie. Je suis convaincu que c’est le désir de la majorité des citoyens kabyles, surtout les jeunes et les femmes. Pour une autre partie, les universitaires, c’est trop tard ! Ils sont formatés par l’école du colonisateur. Quant à tous ceux, sincères, qui souhaitent l’indépendance, il est inutile d’invectiver ; c’est une perte de temps.

En ce qui concerne le statut de président, il revient pour l’instant à Ferhat Mehenni, et ce jusqu’à l’obtention de l’indépendance. Il a les compétences requises pour la fonction.

De toute façon, dans l’état actuel des choses, il serait impossible d’organiser des élections avant l’indépendance. Ce serait mettre la charrue avant les bœufs. Le peuple kabyle est éparpillé à travers le monde et ce serait ridicule d’organiser des élections sous un régime colonial !

Lorsque la Kabylie accédera à l’indépendance, des élections générales seront organisées, présidentielles, législatives, communales, les élections des Sages des villages et alors la Kabylie choisira librement son président.

Il n’existe nulle part au monde, un pays, un parti politique, une famille où il n’y a pas de chef. Pas de troupeau sans berger. Nous, Kabyles, admettons difficilement d’avoir un chef. Ou plutôt, nous voulons tous être des chefs ! Et là commence le risque d’anarchie…

Nous devons comprendre cela afin qu’à l’avenir nous ne soyons plus jamais colonisés en étant libres de décider de notre propre sort.

Shamy Chemini
Co-fondateur du groupe Les Abranis, écrivain, réalisateur
9 juillet 2017
SIWEL 101645 Jul 17 UTC

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