TIZI-OUZOU (SIWEL) — Saïd Chemakh, enseignant au département de langue et culture amazigh à Tizi-Ouzou, a adressé hier une lettre ouverte à « l’élite intellectuelle kabyle ». Sur sa page facebook, il affirme n’avoir jamais dit qu’il était «partisan de l’Indépendance de la Kabylie mais partisan de son Autonomie régionale sur divers plans, linguistique, culturelle, séparation du religieux et du politique, gestion des ressources…. ».

Cependant, il poursuit en disant que « « le MAK, est arrivé à laminer les partis politiques et d’autres mouvement culturalistes, s’impose comme première force en Kabylie, avec un drapeau et des milliers de militants et manifestants qui optent pour l’Autodétermination, c’est-à-dire l’Indépendance et la fin d’un destin commun avec le reste des algériens. Alors, je n’ai fait qu’appeler les élites intellectuelles d’origine kabyle et/ou aimant la Kabylie, elles et elles seules mais pas les élites commerçantes ou militaires, peuvent réfléchir sur un devenir et un avenir pour cette KABYLIE»… d’où la lettre ouverte à « l’élite intellectuelle kabyle » que nous reproduisons ici dans son intégralité

 

Appel à l’élite intellectuelle kabyle

J’ai fait, personnellement, un constat après la marche du 20 avril 2015. Il faut que nous nous mettions tous à table et discutions de ce qui nous attend et du devenir de la Kabylie. Des Etats généraux doivent être organisés. Peut-être, nous ne serons plus de ce monde en 2020, 2030, 2040 (année où les réserves de pétrole algérien seront épuisées), mais que laisserons-nous aux générations futures ?

Si la Kabylie doit proclamer son Indépendance, il ne faut plus qu’il y ait une goutte de sang qui coule. Certes, il y a des gens qui n’ont rien compris aux révolutions de l’Histoire car imbus de leur puissance (du moment) ou non-instruits de celles-ci (ce qui est une tare) ou ayant été bien instruits pour tirer le plus de profit qui croient encore qu’un Etat est Eternel. Non, ils ont tort.

Tout comme ces colonialistes français qui fêtaient en 1930, le Centenaire de l’Algérie " française", ceux qui le 8 mai 1945 assassinaient les familles des algériens qui les avaient délivrés de la botte nazie, qui après le déclenchement de la guerre d’Indépendance du 1er novembre 1954 promettaient d’écraser "les cafards"… mais qui après le 19 mars 1962, ont pris leurs valises pour quitter une Algérie qui n’est plus la leur. Eux, Français, qui appartiennent à la 5ème puissance du monde (avec arme nucléaire et droit de veto à l’ONU).

Alors, de grâce, qu’on épargne ce discours sur l’Unité Nationale Algérienne Immuable et Éternelle ou sur le pouvoir algérien et sa puissance (du moment !) capable d’écraser toutes velléités d’Indépendance de la Kabylie.

L’éclatement de la Yougoslavie, La séparation de la Tchéquie et Slovaquie, l’Indépendance du Soudan-Sud… n’étaient jamais envisageables en 1980. L’Histoire avance car le monde change, les nouvelles générations naissent et ne se reconnaissent plus dans certaines "valeurs" de leurs ancêtres et parents.
Pour que les générations futures ne revivent plus les affres de l’Histoire, il est de notre devoir, nous, anciens militants et intellectuels, de penser à l’AVENIR et au DEVENIR de notre chère KABYLIE.

Said Chemakh,
Tizi-Ouzou, le 20 avril 2015.

SIWEL 231835 AVR 15

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