Chronique

Retour sur l’analyse de Khellaf Oudjedi sur la rupture entre la Kabylie et le régime algérien

CHRONIQUE (SIWEL) — Dans un long article publié dans la rubrique « Opinion » par notre confrère lematin.dzKhellaf Oudjedi est revenu sur les rapports entre l’Algérie et la Kabylie sous l’intitulé « La Kabylie et le régime : une histoire de défiance et d’indifférence ! ». Commentant les élections législatives et le boycott massif de la Kabylie, MOudjedi note à juste titre que « pendant que le reste de l’Algérie festoie la victoire des partis-Etat (FLN et RND), la Kabylie ravale sa colère », rappelant aussi que les partis kabyles n’ont été que faiblement plébiscités et exclusivement par les Kabyles. Le FFS et le RCD ont beau se présenter comme des partis nationaux, les non-Kabyles ont été là pour leur envoyer une fin de non-recevoir. Au lieu de répondre aux préjugés racistes longtemps distillés par le régime d’Alger contre tout ce qui est kabyle, en versant dans le racisme inverse, et ce, contre tout ce qui n’est pas kabyle, autant se séparer des autres régions et d’assumer son destin et son particularisme.

L’auteur dresse également un tableau noir de l’Algérie, citant les multiples griefs que ne cessent de formuler la Kabylie et le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). L’école, l’industrie, l’agriculture, la liberté de conscience, les libertés démocratiques sont autant de sujets qui font que la Kabylie ne s’est et ne se sentira jamais algérienne. C’est pour rompre justement avec ce suicide collectif auquel le régime a condamné tous les peuples d’Algérie que le MAK-Anavad a décidé de prendre son destin en main et se libérer du joug colonial algérien. Perspective politique bien présente en filigrane dans le texte de MOudjedi, même si elle n’est pas assumée consciemment.

L’auteur égrène enfin toutes les conditions pour que la Kabylie puisse se sentir algérienne. Tamazight à l’école, dans la justice, respect de la liberté de culte et application de la laïcité, promotion du film amazigh, solidarité des autres régions avec la Kabylie, respect du mode de vie des Kabyles sont les conditions citées par MOudjedi pour que la Kabylie puisse être un jour « algérienne à 100 % ». Il faut admettre que ce sont là autant de raisons qui ont fait que le divorce soit consommé entre la Kabylie et l’Algérie. Un divorce aggravé par le sang des 128 morts et des milliers de blessés versé impunément lors du Printemps noir. On aurait aimé que MKhellaf Oudjedi aille jusqu’au bout de son analyse, en citant la naissance du MAK et de l’Anavad, le Gouvernement provisoire kabyle, qui ont décidé de prendre en main le destin de la Kabylie.

Le MAK-Anavad, comme produit de cette « histoire de défiance et d’indifférence », se veut justement l’instrument de ce « détachement » de la Kabylie du reste de l’Algérie. Une donne incontournable du combat national du peuple kabyle qui a été malheureusement omise dans l’analyse de MKhellaf Oudjedi.

Addenda :

MKhellaf Oudjedi a publié une réaction sur l’agression de Massa Rachida Ider et d’autres militants souverainistes le 14 juin dernier à Iɛeẓẓugen. Nous la reproduisons ci-dessous :

« Qu’une femme soit passée à tabac par la police car elle a exprimé pacifiquement ses revendications politiques dans la rue est une atteinte très grave aux droits de l’homme mais aussi aussi aux valeurs de la Kabylie. Que les forces démocratiques fassent entendre leur voix ! ».

Akli Ameziane
SIWEL 181829 Jun 17 UTC

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