Répression à Tuvirett : le témoignage du Président de la Coordination MAK-Anavad de Boghni
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE

MOUVEMENT POUR L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE

MAK-ANAVAD

RAPPORT D’AGRESSION D’UN MILITANT PAR LA POLICE/GENDARMERIE COLONIALE

 

Massinissa Chemakh, Président de la jeune Coordination MAK-Anavad de Boghni

Tout a commencé très tôt le matin, car nous voulions être sur le lieu du départ de la marche avant que la police coloniale ne ferme tous les accès. Nous nous dirigeâmes vers l’entrée principale de l’université Mouhand Oulhadj, lieu prévu pour le départ de la marche.

Sur notre chemin, nous avons aperçu de nombreux policiers et agents de la répression postés sur tous les côtés. A quelques mètres du portail de l’université, nous étions encerclés par une meute de CRS.

En voyant la violence avec laquelle Rachida Ider a été interpellée, j’ai voulu intervenir et ce ne sont pas moins de six agents qui ont sauté sur moi, en me donnant des coups de pied et des coups de poing tout en m’écrasant par terre.

Nous étions une vingtaine de personnes à être conduits de force et avec une brutalité inouïe au commissariat central ensuite, ils nous ont déplacés vers le sous-sol d’un autre commissariat. Ils m’ont isolé du groupe et j’ai eu à faire face à cinq policiers particulièrement virulents. Un policier m’a dit que s’il y avait des filles dans la marche, c’est parce qu’on n’avait pas assez d’hommes en Kabylie. Ma réponse, que je vous épargne par égard, n’a pas du tout été appréciée et j’ai reçu un violent coup de matraque au niveau de l’épaule.

Un interrogatoire musclé avec des insultes, ils m’ont tabassé, car je ne me suis pas laissé faire et que je me protégeais le visage pour ne pas recevoir les nombreux coups de poing.

J’ai vu aussi un jeune homme d’Iwaquren se faire littéralement lyncher par quatre tortionnaires.

C’est ma première arrestation et je n’ai jamais imaginé subir de telles tortures. Elles sont à l’image de ce que pratiquait l’armée coloniale française dans les Services Administratifs Spécialisés en Kabylie (SAS), selon les témoignages de nos grands-parents.

J’ai constaté sur place le courage de mes frères et de mes sœurs militants-es. Cela m’a permis de tenir durant plus d’une heure d’interrogatoire non-stop. J’ai senti mon courage décuplé et fait le plein de confiance en entendant mon ami Velkacem A, scander à haute voix dans le commissariat « Pouvoir Colonial », « Tuvirett d taqvaylit » et « Vive le MAK ». Aussi, un autre moment qui m’a marqué, c’est quand les policiers nous demandaient pourquoi nous étions à Tuvirett. Parmi nous, il y en avait qui donnaient des réponses susceptibles de leur épargner la violence de la police. Quand ils ont posé la question à Lazhar bessadi, il a répondu : « Je suis là pour l’indépendance de la Kabylie et rien d’autre ».

Avant ma libération, ils m’ont présenté à un médecin qui a constaté des blessures à l’épaule, au cou et sur les jambes. Il m’a prescrit dix jours d’arrêt de travail. 48h après les faits, je ne peux rien soulever avec mon bras droit à cause de cette blessure. Je parle ici des violences physiques, mais finalement ce qui m’a le plus touché ce sont les insultes et les agressions verbales. Il n’y avait que haine, racisme, vulgarités, insultes et mépris dans leur bouche.

Massinissa C,
Président de la Coordination MAK-Anavad de Boghni
SIWEL 221809 May 17 UTC

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