Répression à Iɛeẓẓugen : Les réactions de Madjid Boutemeur, Olivier Graïne, M’henna Tigrini, Allas Di Tlelli et Braham Bennadji

RÉACTIONS (SIWEL) — Nous avons publié précédemment les réactions de quelques personnes connues suite à la barbarie dont ont été victimes les militants du MAK-Anavad le 14 juin à Iɛeẓẓugen . Ci-dessous quelques réactions que nous avons constatées plus tard.

Madjid Boutemeur, chercheur au CNRS :

J’ai fait un cauchemar où j’ai vu que la clique au pouvoir d Alger depuis 62 a finalisé son projet de BREBISation du peuple Algérien. La fabrique FIS, toujours en Fonction, produit assez d’égorgeurs pour dissuader les moutons noirs de quitter le troupeau.
Un brouhaha des gamins de la rue me réveille.. on crie: ils arrêtent les gars du MAK.
Quel soulagement. … il y a encore des résistants.

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Olivier Graïne, Sculpteur :

T’as pas honte ?

Kamel Irchane avait tailladé sanglante la liberté sur les consciences
Moi je l’ai tranquille et en douceur

Ils ont tué Ameziane, le fils, pour condamner le père à la désespérance
Moi je vis sans douleurs

Il pleut des coups et des coups sur la chaire kabyle en flagrance
Moi je regarde ailleurs

Le drapeau Bleu, Or et Sang se lève immense
Moi je dors ricaneur

Aujourd’hui la Kabylie est indépendante
Moi j’ai toujours été pour par ailleurs

M’henna Tigrini, musicien

Ce soir je suis très triste ! Non parce que une fois de plus un nouveau seuil de la répression de l’état Algérien à l’encontre de cette même Kabylie ait été franchi, non parce-que des femmes aient été violentées et Nna Nouara brutalisée, non de cela. Les Kabyles sont habitués car nous n’avons rien reçu d’autre de cette Algérie depuis que nous l’avions libérée,  que mépris, matraque, mort et déni.

Ce qui m’attriste ce sont ces Kabyles qui se réjouissent de cette situation et qui trouvent cette répression légitime puisque les souverainistes agissent dans un cadre illégal, m’écrivait un ancien locataire de la Sorbonne. Ce qui m’attriste aussi, ce sont ces dizaines d’artistes qui dans l’indifférence totale vont continuer d’animer les soirées du ramadan en signe d’allégeance au bourreau de leurs propres frères.

Il est minuit passé, toujours aucune indignation de la part de ces chantres de la boulitique. Aucune voix ne s’est élevée. Ni celle de Mohtlata, ni de Saïd vuțlava. Quant au monstre du barreau d’Alger, il est trop occupé avec son projet de la constitutionnalisation du blasphème. La liberté supplantée, chez ces gens là monsieur, il y a vraiment rien à espérer sinon s’en méfier !

Allas Di Tlelli, écrivain :

A quoi sert-il de produire de belles investigations pour tenter d’éclairer des lanternes quand la lâcheté devient la norme, l’ignorance, une spiritualité et le silence devant l’innommable, une banalité, voire un investissement, personnel, politique, artistique…etc.

Pourquoi continuer à croire aux vertus du dialogue et de la solidarité quand on s’effarouche devant un faux-athée arabe, victime d’une caméra cachée, tout en faisant mine de ne rien voir, de ne rien savoir quant à la brutalité raciste réelle, quotidienne, systématique dont sont victimes des centaines de militants kabyles pacifiques ?

A quoi bon crier sa colère et sa rage quand la dignité collective, la dignité de la Kabylie est traînée dans la boue, en plein jour, au centre-ville, au solstice d’été, devant des passants spectateurs qui attendent impatiemment leur navet du soir sur des chaînes abrutissantes, dans l’indifférence aussi bien des « élites » poltronnes qui amusent les foules dans des soirées ramadanesques fortement rémunérées par le pouvoir, des opposants de pacotille aux allures de prostituées que des droits-de-l’hommistes sélectifs…

Quid des maires et autres élus godillots, au déficit de légitimité évident, qui, rongés par la médiocrité, la cupidité et la soumission au pouvoir, fuient leurs responsabilités morales et politiques, ou, ne sachant même plus qu’ils sont sensés être garants de tout ce qui se produit sur le territoire de leurs circonscriptions respectives, restent aphones, immobiles et affichent systématiquement une mine chétive face à une répression aveugle qui terrasse, sous leurs fenêtres, leurs concitoyens et, par conséquent, leurs administrés.

A ce propos et pour parer à cette situation qui évacue, à dessein, la Kabylité des institutions de proximité, ne serait-il pas opportun pour les souverainistes de commencer à entrevoir d’autres voies stratégiques comme celle qui consiste à partir, sous forme de parrainage, à l’assaut du pouvoir local; abandonné jusque-là, au mieux, aux affairistes et autres médiocres, au pire, aux sous-vassaux du régime algérien. Ce dernier, dans sa stratégie de domination, n’a-t-il pas introduit dans sa loi électorale, la votation des militaires et des services de sécurités stationnées en Kabylie, visant à imposer dans nos assemblées municipales et départementales, ses satellites et ses alliés islamistes ?

Il est vrai que, plus que tout ce qu’elle a eu à subir auparavant, les 18 années de règne d’un népotisme d’essence kabylophobe et foncièrement arabo-islamiste, auront sérieusement ébranlé les ressors d’une Kabylie qui, hormis la résistance ardue des souverainistes, est plus que jamais méconnaissable, renvoyant d’elle l’image du chien de Pavlov, réagissant aux stimuli, des tic-tac d’une horloge conçue dans un désert, en Arabie, par un inculte du 7è siècle ?

Quand, 16 ans après le 14 juin 2001, jour pour jour, je vois ça je n’ai plus envie d’écrire, je n’ai pas envie de discourir, je n’ai plus envie de me perdre en conjectures ou dans le dédale d’analyses languissantes, je n’ai plus envie de voir le reflet de ma tronche dans la glace… j’ai juste envie de dire à tout ce putain de monde qui ne dit rien :  INAΣL ASS M’I D-TNEṬQEM S-TEQVAYLIT…

Cela étant dit, ça ne va pas changer le monde, je ne le sais que trop, mais, en attendant… je transmets quand même mon soutien inconditionnel à Rachida Ider, à Tasedda Taqvaylit et à toutes les victimes de la violence et de la haine raciale qui est désormais affichée ostentatoirement en Kabylie-même par la police algérienne qui est loin d’être à sa première atteinte aux droits les plus élémentaires de la personne humaine en Kabylie.

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Braham Bennadji, député au parlement algérien :

Les nationalistes kabyles sont aussi nos frères

Le rassemblement de soutien aux frères rifains dont j’étais présent hier est une bonne initiative qui a permet de renouer avec le combat en cet anniversaire de la marche du 14 juin 2001 et l’amorce de l’idée nordafricaniste.

Par le devoir militant et la conviction politique ce genre de rassemblements doivent aussi être organisés à chaque fois que les militants de la kabylie en général et ceux du MAK sont réprimés.

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nbb
SIWEL 170953 Jun 17 UTC

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