Rencontre de l’Anavad avec Amnesty International et le Mouvement Lucha
ANAVAD AQVAYLI UΣḌIL
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA
MINISTERE DES AFFAIRES JURIDIQUES ET DES DROITS HUMAINS

 

La ministre kabyle des Affaires juridiques et des Droits humains, Madame Sakina At Sliman, a assisté à une rencontre exceptionnelle, à l’occasion de la parution de l’album, sous la forme d’une bande dessinée « Lucha, chronique d’une révolution sans armes », qui plonge le lecteur, au cœur de l’histoire réelle du Mouvement citoyen du même nom, créé en janvier 2012, en République démocratique du Congo (RDC), par de jeunes gens, issus de milieux très divers.
Leur but est de se lancer , dans un combat pacifique pour les droits humains fondamentaux dans leur pays , rongé par le clientélisme, la corruption et la violence. Nous partageons ce principe d’un combat politique pacifique, en vue de l’indépendance de la Kabylie.

Cette rencontre a été animée par un membre du Mouvement Lucha, en présence du responsable du programme « Libertés » d’Amnesty International France, d’un journaliste de la revue hebdomadaire -Jeune Afrique et de la dessinatrice de l’album.

Comme dans toute bonne « dictature », leur combat a très vite exposé les jeunes de la Lucha « lutte » aux menaces de représailles des autorités de leur pays.

Depuis mars 2015, 200 d’entre eux ont été arrêtés et pour certains torturés et condamnés à des peines de prison. A travers leur récit nous nous sommes reconnus dans notre « bonne dictature algérienne » avec sa cohorte de répression, d’arrestations arbitraires, de condamnations à des peines de prison sous des motifs fallacieux et mensongers.

Comme les citoyens et militants kabyles, ils sont eux aussi, victimes d’ accusations infondées de terroristes, de financement de l’étranger (sic) et de manipulations diverses des autorités notamment pour s’accaparer en parallèle, leurs actions politiques, sociales et culturelles et de les détourner à leur profit , de plus de façon sporadique et aléatoire, en vu uniquement d’une manipulation de la société civile, dont le but évident de les isoler du reste de la population, en leur faisant croire faussement qu’ils s’occupent d’eux, de leur bien- être !

Par leur engagement et leur abnégation, malgré les tentatives des autorités de leur pays, ils disent constater une progression de l’adhésion des citoyens à leur Mouvement.

Cela a été aussi l’occasion pour Madame la Ministre kabyle, d’exposer la situation historique et politique de la Kabylie, victime depuis bientôt une soixantaine d’années, du comportement discriminatoire et génocidaire de l’Etat algérien dictatorial qui a suscité l’intérêt et les applaudissements de l’assistance.

A un moment, est venu aussi dans la discussion, l’évocation de l’organisation politique verticale ou horizontale, chacune avec ses effets positifs et aussi ses limites.

En ce sens que l’organisation horizontale, sans hiérarchie où c’est la seule base qui décide est certes attrayante, or par expérience dans le passé notamment lors des événements de 1980 et de 2001 en kabylie , l’organisation horizontale a montré ses limites , le pouvoir algérien manipulateur, en choisissant ses interlocuteurs avait réussi à diviser et à casser le mouvement citoyen. Le meilleur moyen ne serait il pas un mixte des deux ? à savoir, une organisation verticale pour circonscrire toute manipulation et infiltration et aussi en partie horizontale en vue d’un véritable débat démocratique entre les militants de base et les responsables du Mouvement ?

A la fin de la séance, un exemplaire du Mémorandum pour l’Autodétermination de la Kabylie a été remis au représentant d’Amnesty international et des échanges ont eu lieu, notamment avec le journaliste de Jeune Afrique et le représentant du Mouvement la Lucha.

Exil, le 11 avril 2018

Sakina At Sliman
Ministre des Affaires juridiques et des Droits humains
Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad)

SIWEL 130800 AVR 18

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