Algérie

Quelques vérités pour sonner les cloches à Ahmed Ouyahia

KABYLIE (SIWEL) — Dans le cadre de la campagne électorale algérienne qui ne mobilise personne en Kabylie, le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, s’est permis une escapade à Tizi-Ouzou, hier samedi 18 novembre. En y animant une réunion en salle fermée, il s’est adressé en kabyle « aux nôtres », comprenez par les « nôtres » les Kabyles indépendantistes qui, selon lui « appellent à ce que le pays kabyle quitte le pays Algérie« . Et d’ajouter « pourquoi faire ? Les enfants de cette région ne sont-ils pas morts partout sur le territoire algérien ? »

Pour lui sonner les cloches, il est bon de lui rappeler certaines vérités :

1) Dès lors qu’il admet qu’il y a le « pays des Kabyles » et le « pays algérien », pourquoi faudrait-il qu’ils n’en fassent qu’un ? Les Kabyles ne seraient-ils pas dignes d’avoir un même rang que celui de tous les peuples du monde ?

2) Ce n’est pas parce que des Kabyles meurent dans des combats pour la liberté sur un territoire donné que celui-ci devienne leur patrie. Ils étaient des dizaines de milliers à tomber pour la France durant les guerres mondiales et la guerre d’Indochine sans pour autant avoir renoncé à se séparer de la France qu’ils avaient pourtant longtemps arrosée de leur sang.
Ils sont aussi des centaines à être tombés en Israël (juin 1967 et octobre 1973) et à Amgala (janvier 1976 au Sahara marocain), les Kabyles devraient-ils pour autant être des Palestiniens ou des Sahraouis ? L’argument est ridicule.

3) Ouyahia qui est un membre important d’un gouvernement criminel, contrairement au sang versé par les Kabyles pour l’indépendance de l’Algérie, oublie-t-il celui qu’il a fait couler en 2001 contre la liberté en Kabylie ?

4) Quant à son allusion à « la paix qui s’en vient et qui s’en va », c’est une menace à peine voilée contre les « siens » si tant est qu’il se sente encore un peu kabyle. Il sait de quoi il parle avec les massacres auxquels il a participé, en tant que ministre algérien durant les événements du Printemps noir kabyle.

5) Parce qu’elle n’a jamais été considérée comme faisant partie de l’Algérie, la Kabylie, dans sa tête et dans son coeur, ne se sent pas algérienne. Elle ne peut donc pas quitter un pays auquel elle n’a jamais appartenu.

6) Un dernier point : la référence à Mouloud Mammeri est une indécence dans la bouche du serviteur zélé du pouvoir colonial algérien qu’est Ouyahia, pouvoir qui, rappelons-le avait combattu l’amusnaw kabyle jusqu’à son assassinat maquillé en accident de la circulation un certain 26 février 1990.

Ce faisant, à travers ses sorties sur la Kabylie, ce personnage se fait, depuis 2004, le meilleur promoteur de l’indépendance de celle-ci.

En 2010, lors de la proclamation du Gouvernement provisoire kabyle en exil, n’avait-il pas réduit cela à du « tintamarre sur l’internet ? En 2017, force lui est de constater qu’en continuant de commenter les avancées du mouvement souverainiste kabyle tant en Kabylie que sur le plan international, la réalité l’a désavoué.

La rédaction
SIWEL 191815 NOV 17 UTC

 

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