Le monde à l’envers ou comment les Kabyles victimes du terrorisme arabo-islamique sont présentés comme terroristes par l’Algérie

CHRONIQUE (SIWEL) — lI y’a lieu de revenir, tout comme il est très important d’examiner cette information, rapportée jeudi 31 août par un journal en ligne algérien (TSA) lors d’une interview avec un ancien officier de la DRS (services de renseignement algériens) en l’occurrence Mohamed Khelfoui.

Lors de cet entretien réalisé juste après que deux policiers aient été tués par l’attentat kamikaze visant un commissariat de police de Tiaret,  à 270 km au sud-ouest de la capitale Alger, cet agent n’a pas hésité à incriminer des groupes séparatistes, comprendre le MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie) ou le MAM (Mouvement pour l’Autonomie M’zab) et les accuser d’en être les auteurs (sic). Il persiste et signe : « Toutefois, si Daech venait à le revendiquer, je n’y croirais pas car cela serait très confortable ».

Cet attentat terroriste a finalement été revendiqué par Daech, le groupe « Etat islamique » en Irak et en Syrie. « Un martyr de l’État islamique s’est fait exploser près du siège de la sûreté algérienne dans la ville de Tiaret », a fait savoir l’organisation terroriste via son agence de propagande Amaq :

© Twitter – Romain Caillet

Mais gageons que pour cet agent de la DRS, l’accusation restera toujours portée sur… la Kabylie plus particulièrement.

Cette accusation a soulevé l’indignation et la colère de tous les Kabyles, toutes opinions politiques confondues.
Comment de victime du terrorisme arabo-islamique, la Kabylie, qui a perdu des milliers de ses enfants dont une majeure partie de son élite intellectuelle, peut-elle être accusée de pratiquer le terrorisme à l’image de ce qui se passe dans les pays arabes et en Algérie ?

Comment la Kabylie qui a toujours eu à cœur de défendre les vies et les valeurs humaines ainsi que les idéaux de liberté peut-elle être ainsi accusée de tomber dans cette lâcheté qui pousse des fous d’Allah à assassiner des civils innocents au nom de la religion ?

C’est le monde à l’envers. La DRS aux méthodes Gestapistes, connue et accusée d’être être en partie responsable de la mort et de la disparition de milliers de personnes pendant la période noire du terrorisme arabo-islamiste algérien des années 90 se permet aujourd’hui de porter des accusations graves contre la Kabylie et les Kabyles, qui furent à la pointe de la défense de la République, de la démocratie et des libertés.
Non rien moins que ça.

Ces accusations ne sont pas anodines comme voudraient le faire accroire certaines personnes.
L’explication est dans la situation dans laquelle ce pays appelé « Algérie » se trouve.

Observons un peu le tableau saisissant dans lequel se trouve ce pays qui va à vau l’eau pour ne pas dire qui est au fond de l’abîme.
Nous avons devant nous, une image digne d’un véritable gribouillis commis par un enfant autiste en pleine crise.
Un président malade à l’état végétatif et absent depuis son AVC. Un pays rongé par la prédation. Une crise éthique et morale où les assassins et les voleurs se pavanent en toute liberté. Un peuple qui a perdu confiance en lui-même et en son « élite ». Un pays sans économie, géré à la petite semaine comme une épicerie. Même Dda Redwane, l’épicier de « Kahwa Zoubir » à Vgayet (Bougie), qui n’a jamais mis les pieds à l’école a su faire mieux.

Le comble de l’anarchie ce sont ces nominations de deux ministres des Affaires étrangères (Lamamra et Messahel), la nomination d’un ministre (Benganna) limogé 24 heures après et sa… « re-nommination » trois mois après pour… une heure. La nomination d’un premier ministre (Tebboune) limogé après trois mois. Un discours d’un président absent, lu à travers un communiqué et dont le contenu diffère selon les versions en Français ou en Arabe. La liste est longue.

Ce pays est englué dans des problèmes politiques inextricables. Il est incapable de trouver ne serait-ce qu’un début de solution à la crise économique.
Aujourd’hui l’algérien « moyen », si cette classification peut avoir un sens dans ce pays sans économie, est sévèrement touché par la crise.

À ces problèmes qui touchent tous les domaines vient s’ajouter la question Kabyle.

La Liberté et l’aspiration à la Liberté si chères aux Kabyles à chaque fois qu’ils se sont sentis envahis, devient de plus en plus forte aujourd’hui.
Avec le MAK-Anavad, qui est le produit d’un long processus initié depuis les années 1920 par Amar Imache et Ouali Bennai, les Kabyles sont de plus en plus nombreux à aspirer à la Libération de la Kabylie.
Le besoin de s’émanciper de la tutelle coloniale d’Alger devient de plus en plus pressant.

lI ne se passe pas une semaine où une section locale du MAK-Anavad ne naisse en Kabylie.

La poussée indépendantiste kabyle est fulgurante.
Incapable de juguler ce mouvement qui a l’aspect d’un tsunami, le pouvoir colonial tombe dans les vieux travers de la manipulation, de la provocation et de l’entourloupe.

À défaut de trouver et d’admettre que seule une solution politique sous les auspices de l’ONU peut résoudre cette problématique indépendantiste, le pouvoir persiste dans son aveuglement et dans son déni de la réalité.
Rappelons que ce pouvoir colonial n’hésite pas à s’immiscer dans les affaires internationales et se présenter comme le « faiseur » de paix, un médiateur dans certains conflits.
Ces attaques et ces diffamations contre la Kabylie et les Kabyles ne sont pas anodines. Elles sont le prélude à de vastes opération coloniales de propagande visant à accuser les Kabyles particulièrement les militants du MAK-Anavad pacifiques de terrorisme pour salir l’image des Kabyles et procéder à des arrestations.

Le pouvoir colonial d’Alger veut ainsi faire d’une pierre deux coups.
D’un côté accentuer la terreur en Kabylie et salir l’image des Kabyles et de l’autre effrayer les algériens avec ces actes terroristes que d’aucuns pensent commandités, pour détourner leur attention de la crise grave que vit ce pays.
Ce n’est pas la première fois que ce pouvoir colonial a recours à cette technique pour semer la peur et se présenter ensuite comme le sauveur.
À défaut de solution le pouvoir colonial tente la diversion.
Mais jusqu’à quand ?

Au moment où ce pays appelé « Algérie », est sur le point de connaître une très forte période d’instabilité politique et sociale qui risque de dégénérer selon les avis des observateurs et experts internationaux dignes de foi, il nous appartient à nous les Kabyles de procéder à une UNION SACRÉE afin de parer à toute éventualité néfaste pour la Kabylie.

Tagmatt est plus que jamais recommandée.

Cassier de Farnèse
SIWEL 031312 SEP 17 UTC

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