L’HEURE DES BONS CHOIX

KABYLIE (SIWEL) — Plus on se rapproche des deux dates phares du printemps berbère (20 avril 80) et du printemps noir (20 avril 2001) plus les choses se corsent. La tension est poussée à son summum et l’ambiance devient électrique. Cela se sent se divine à la crainte que suscite les derniers développements tant sur la scène algérienne que kabyle. Les récentes sorties de Noredine Boukrouh, Hicham Aboud, et certains avocats n’augurent rien de bon et contraste avec la sérénité affichée par le président du GPK Ferhat Mhenni.

Tout semble s’enchainer et participer à une ébullition qui peut être sera difficile à maitriser si jamais cela survient.les récentes images offertes par les militants du FFS devant le siège du parti à Tizi-Ouzou témoignent on ne peut mieux de la détérioration de la pratique politique au sien même de ce qui est supposé être une école d’opposition et de démocratie. Pour nombre d’observateurs le parti fondé par Hocine Ait Ahmed en 1963 a atteint le gouffre à cause justement des prédateurs qui ont trouvé niche en son sein. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’un projet de loi liberticide est proposé par un ministre de la justice visant à priver toutes les voix récalcitrantes quant à la nouvelle orientation prise par ce nouveau régime.

Cette décision, arbitraire à plus d’un titre est un indice on ne peut plus trompeur quant à la volonté de ce régime de réprimer et mettre au pas tous ceux qui s’opposent à sa politique. Malheureusement toujours tiède, l’opposition (du moins ce qui est supposé comme tel) ne dit aucun mot et fait comme si de rien n’était (aucun parti jusqu’à présent ne s’est exprimé à propos de ce projet mis à part quelques personnalités comme Rehabi, Moqrane ait Larbi, Rachid Nekkaz, Nabila Smail avec plus ou moins de véhémence. Notons tout de même la réplique sans concession faite sur le sujet de Hicham Aboud).

Le régime toujours cependant autiste, quant aux revendications de la rue et plus encore quant au souhait de la Kabylie de s’émanciper de la tutelle d’Alger pour prendre seule son destin, table sur la contrainte pour justement imposer sa feuille de route en voulant couté que coute organiser vers la fin du printemps des législatives jumelées aux élections communales. Si d’ores et déjà les partis les microscopiques organisations politiques qui gravitent autour du pouvoir ont émis le vœu d’y prendre part, la rue elle semble encore une fois vouloir bouder cette initiative. Mais le souci du pouvoir n’est pas de rallier les hirakistes à sa cause, son souci décideur est d’amener une partie des Kabyles à voter, pour pouvoir crier à qui veut l’entendre que la Kabylie cette fois est acquise à sa politique. D’ailleurs Tebboune en fait un effet d’annonce quand il dit : il n’existe point de seuil minimal pour valider les résultats d’une élection : dit autrement qu’un pour cent des Kabyles votent et c’est toute la Kabylie qui a voté ! Pour d’aucuns cela justifie à lui seul les récentes prises de contact avec la direction du FFS.

Ayant plus d’un tour dans son sac, et redoutant la fronde des militants de base des partis opérant principalement en Kabylie (FFS et RCD) le régime réédite l’épisode du CNT (dont les membres continuent à bénéfice de retraites dorées et ce n’est certes pas Zoubida Assoul qui dissipera avec sa piètre sortie sur le sujet, ces affirmations) du temps de Boudiaf en annonçant la création d’un rassemblement de patriotes sous l’appellation ô combien ronronnant «  Nida el watan/appel de la patrie » !

La dernière locution de Monsieur Ferhat Mhenni est venue au bon moment pour remettre les pendules à l’heure : la Kabylie ne se laissera pas entrainer dans des combats douteux ou des élections factices… pour y parvenir, il suffit de faire confiance à ses enfants cette fois avertis et aguerris par tant d’années de mystifications, d’errance dans une quête folle à sauver les autres au détriment de leur propre survie. L’excellent reportage diffusé sur RT France sur cette Algérie et présenté par Alain juillet (Algérie/Maroc la paix forcée) et démontre d’une manière magistrale que cette Algérie en tant que nation n’a jamais existée avant 1962, vient à propos pour renforcer la conviction de la Kabylie quant à son choix d’aller vers un autre avenir que celui dans lequel voudraient la confiner ceux qui conjuguent démocratie par strapontins à glaner dans des assemblées toutes aussi fantoches les unes que les autres !

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SIWEL 072218 MAR 21