LES MOSQUÉES POUSSENT COMME DES CHAMPIGNONS À LAΣZIV (NACIRIA)

LAΣZIV (SIWEL) — La frénésie de la construction des mosquées dans la commune de Naciria (Laεziv), à l’Est de la wilaya de Boumerdès, s’étend même aux villages abandonnés depuis l’époque coloniale. Après celles construites, pendant ces dix dernières années, dans des villages plus au moins peuplés comme Taεzibt, Bouassem et El karia, c’est le tour, actuellement, des villages désertés par leurs populations, certains depuis l’époque coloniale, d’être doté d’un édifice d’endoctrinement islamiste et d’effacement de ce qui reste de l’identité kabyle dans ces zones kabylophones.

C’est le cas du village Imaghninene, dont la population ne dépasse pas les 200 âmes, qui assiste, depuis ces trois dernières années, à l’édification d’une mosquée géante construite à coup de milliards pour faire convertir les jeunes du village, connus pour être des laïcs, mais rangés par la pauvreté et le chômage, à l’obscurantisme et à l’effacement identitaire. C’est le cas également du village dit Laqvour, se trouvant à Akal Amellal, déserté par tous ses habitants, depuis l’époque coloniale, où une grande mosquée est installée au milieu des ruines des maisons à l’architecture anciennes, qu’on n’a jamais pensé à reconstruire pour valoriser leur identité kabyle, rien que pour y faire des prières sur leurs morts le jour de leur enterrement. « Au lieu de ramasser de l’argent pour aider les nécessiteux, qui sont nombreux dans la région, ils construisent une mosquée pour les morts dans un lieu déserté depuis un demi-siècle. C’est un vrai gaspillage et une vraie folie collective », déclare Hakim, un habitant du village Bouassem.

Une autre mosquée  est implantée récemment au milieu d’un cimetière, non loin du village de Bouassem. Celle programmée à Tala Koufi, près du chef-lieu de la ville, aurait dû, également, être bâtie si ce n’est l’intervention des habitants qui se sont opposés à sa construction sous prétexte qu’il y a des priorités à réaliser. Ce phénomène, nouveau dans la région, téléguidée par des réseaux occultes, ennemis de la Kabylie, suscite une grande inquiétude chez ceux, nombreux, qui aspirent à l’édification d’un État kabyle laïc, fort, basé sur la science et le savoir loin de tout charlatanisme et obscurantisme de quelle que nature qu’ils soient.

Youva Amazigh
SIWEL 010935 JAN 21