L’ENIEM D’ASIF AT ƐISI RISQUE DE DÉPOSER LE BILAN

TIZI WEZZU (SIWEL) — L’ENIEM d’Asif At Ɛisi, cette entreprise spécialisée dans la production et la commercialisation du produit électroménager, risque de déposer le bilan. Et pour cause : des forces occultes et à la puissance certaine l’empêchent de se pourvoir en matière première nécessaire à la fabrique de ses produits.

Le nouveau Président Directeur Général de l’ENIEM d’Asif At Ɛisi, Mustapha Chaouche, a interpellé ce matin le préfet de Tizi-Wezzu, Mahmoud Djemaâ, sur la situation délétère que vit son entreprise. Et pour être plus précis, c’est un véritable SOS qu’a lancé Mustapha Chaouche à l’endroit du préfet. Celui-ci, en sa qualité du premier commis de l’Etat du département de Tizi-Wezzu, donc  connaissant lui aussi le vrai fond du problème de l’ENIEM, a tout simplement « rassuré » son interlocuteur de faire passer son message à qui de droit, c’est-à-dire le ministre de l’industrie, Ferhat-Aït-Ali Braham. Avant de nous étaler sur l’impuissance du préfet de Tizi-Wezzu et du ministre de l’industrie à régler le problème de l’ENIEM, nous jugeons nécessaire de préciser d’abord la nature du problème exogène de l’ENIEM à l’heure actuelle. Il s’agit tout simplement des stocks de la matière première qui s’épuisent et sans pour autant réussir à prendre livraison des stocks en attente depuis plus d’un an au port d’Alger. Donc, une fois les stocks de l’entreprise totalement épuisés, il ne restera à ses responsables que d’ordonner l’arrêt des ateliers comme ça été le cas à la fin de novembre 2020 d’où la décision du Président Directeur Général d’alors, Djillali Mouazer en l’occurrence d’ordonner un chômage technique aux travailleurs pour tout le mois suivant, c’est-à-dire le mois de décembre 2020.  Djillali Mouazer payera cette décision, prise pourtant indépendamment de sa volonté, par son limogeage. Le malheureux dirigeant a été appelé à d’autres fonctions.

La question fondamentale se posant aujourd’hui n’est pas de savoir pourquoi l’entreprise ENIEM n’arrive pas à se ravitailler en matière première nonobstant sa disponibilité au port d’Alger. La question n’est pas non plus de savoir pourquoi le ministre de l’industrie n’a pas le pouvoir réel d’exercer son « pouvoir ministériel » que la loi de la République lui octroie pourtant. La vraie question fondamentale se posant est de savoir pourquoi veut-on provoquer la faillite de l’ENIEM ? Et la deuxième question est de savoir qui sont ces personnages qui ont ce pouvoir de saboter l’ENIEM ? La réponse à la première question paraît simple puisqu’il s’agit tout bonnement de provoquer la possibilité de privatiser l’ENIEM. Sa privatisation signifie donc sa vente par l’Etat et son rachat par un privé ou un concerto privé. Là encore, il nous semble que la réponse n’est pas complète. En effet, l’hypothèse qui semble la plus probable est d’aller jusqu’à l’effondrement le plus total de l’entreprise, et ce dans le but évident de réduire au minimum sa valeur marchande. En des termes plus simples, l’éventuel repreneur pourra la racheter pour un prix dérisoire pour ne pas dire « une bouchée de pain ». Des cas similaires se sont déjà passés en Algérie. Au cours des premières années de ce troisième millénaire, la mafia a même essayé de privatiser la SONATRACH. Et s’il a f ait marche arrière, c’est par ce qu’il y a eu un mouvement de résistance. Le président de la république d’alors, Abdelaziz Bouteflika en l’occurrence, de peur de provoquer une rébellion armée, a été contraint d’annuler toutes lois proposées dans le sens de sa privatisation.

Cependant, l’ENIEM n’est pas de la même consistance que la SONATRACH ; autrement dit, sa privatisation n’est pas du tout à écarter. Et ce n’est certainement pas les 1700 travailleurs qu’elle emploie qui puissent faire barrage au plan machiavélique de la mafia. Et ce n’est certainement pas non plus les petites déclarations pusillanimes de Ferhat Aït-Ali Braham qui puissent la dissuader de continuer à aller de l’avant. Pour freiner la mafia dans son ardeur, il faudrait dresser sur son passage un obstacle réellement infranchissable et qui autre que la mobilisation efficiente du peuple kabyle. Oui, il faudrait que la Kabylie entière se soulève comme un seul homme pour crier à l’outrage. Car, à défaut de la mobilisation de tout le peuple kabyle contre cette tentative de vol de son bien, ce sera la faillite. Il n’est pas d’être Jérémie pour deviner les conséquences de la privatisation de l’ENIEM. Son patron commencerait par licencier presque tous les travailleurs. Il n’en garderait qu’un infime nombre parmi les cadres supérieurs. Les travailleurs des ateliers seraient remplacés par des robots. Concernant le marché, la production sera entièrement destinée au consommateur extérieur. Pourquoi ? Pour percevoir le montant de la valeur réelle du produit vendu. Et dans ce cas, c’est l’euro ou le dollar américain. Le dinar est une monnaie instable. Et plus exactement, elle subit une dévaluation constante. Ceci conduirait donc à l’impossibilité pour les citoyens kabyles et algériens à acheter un produit made in ENIEM ou sinon l’obtenir à un prix exorbitant. L’autre motif de la recherche de la faillite de l’ENIEM est de nature hautement politique. Pousser la Kabylie à l’extrême pauvreté pour pousser son peuple, soit à l’exil soit à quémander un emploi pour survivre à l’intérieur du territoire algérien. De la sorte, pousser le peuple kabyle à oublier, voire renier carrément sa demande de l’indépendance. En somme, le pouvoir politique arabo-islamiste fait bon ménage avec la mafia. La différence entre ces deux forces maléfiques est que la première se nourrit d’un idéal et construit une idéologie et la seconde n’a d’autre motivation que la possession de biens matériels. En définitive, leur collusion contre la Kabylie n’est que de circonstance et, par conséquent, elle est temporaire. Il faut rappeler cependant qu’à défaut de la mobilisation du peuple kabyle et dès maintenant, il risque de payer lourdement la collusion faite contre lui par l’idéologue arabo-islamiste et le mafioso.

Malik Tarihant
SIWEL 241820 FEV 21