Chronique

Les leçons d’un drame kabyle

CHRONIQUE (SIWEL) — C’est en passe de devenir une fatalité face à laquelle on devrait faire bon cœur : à chaque été, des foyers d’incendie se déclarent dans les quatre coins de la Kabylie, dans une simultanéité aussi suspecte que douteuse. Les bilans sont lourds : les flammes dévorent des milliers d’hectares, autant d’oliviers plusieurs fois centenaires, des milliers d’animaux dont des vaches et des moutons… Le comble : des dizaines de vies humaines sont à déplorer

Face à ces drames répétitifs, seule la solidarité villageoise a été au rendez-vous pour venir en aides aux personnes sinistrées et sauver ce qui pouvait l’être. La Kabylie ne peut compter que sur l’organisation villageoise pour se prendre en charge, faire face aux sinistres et soulager les maux des victimes. La solidarité villageoise a été au rendez-vous et c’est cette valeur ancestrale qu’il nous faut développer.

Les parlementaires issus de la Kabylie ont brillé par leur absence en ces temps où la région pouvait avoir grandement besoin d’eux : ils auraient pu hausser le ton pour intimider les militaires et la Protection civile ! Une intervention rapide de ces hommes aurait pu permettre de maîtriser ces incendies et de réduire l’ampleur des dégâts causés par les flammes. Mais rien n’y fit. Ni les élus de la Kabylie, ni les pompiers ne se sont mobilisés pour sauver la Kabylie des flammes qui la dévoraient. Il nous faut retenir qu’en période de crise, la Kabylie ne peut compter sur ces soi-disant représentants de la région. Quand les temps leur imposent de faire preuve de courage pour assumer leurs responsabilités face à des situations d’urgence, les élus préfèrent la dérobade.

Le plus lâche dans cette histoire, ce sont ces quelques facebookeurs kabyles qui se sentent comme obligés de dédouaner le régime en se lançant dans des campagnes de « normalisation-banalisation » des incendies en Kabylie. Leurs messages font preuve autant de masochisme que de cynisme : il y a des feux partout dans le monde, les incendies en Kabylie sont le fait de l’incivisme kabyle, la Kabylie n’est pas ciblée, c’est une « partie de l’Algérie » qui brûle… C’est d’un intellectualisme assez douteux que de vouloir laver le régime des accusations de racisme. Pourtant, il y a bien eu « non assistance à population en danger », pauvres « intellectuels de service » ! C’est tout simplement criminel et raciste que de ne pas intervenir dans ce genre de situation. C’est ce qu’est venu rappeler ce facebookeur franchement et ouvertement raciste qui s’est félicité du fait que « les Kabyles soient qualifiés aux feux de l’enfer ».

Amélia Tezwagh
SIWEL 141857 Jul 17 UTC

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