LE VENTRE MOU DE L’ÉLITE KABYLE

KABYLIE (SIWEL) — Certes on peut choisir comme toit à sa maison  des tôles d’amiante. Elles peuvent vous protéger des ardeurs du soleil, de la rigueur du froid et de l’humidité des pluies. Cependant cette couverture à un prix : une morte lente, insidieuse  et traitresse. Ainsi en est-il de ceux qui veulent couvrir le ciel de la Kabylie d’autre chose que de la couverture de son authenticité. Ils la destinent à disparaitre en tant qu’entité, bien réelle, à moyen ou long terme.

Face au discours rationnel, pédagogue et pragmatique de Monsieur Ferhat Mehenni président du GPK, qui donne la preuve par neuf à maintes reprises que la solution définitive pour cette Kabylie est dans la prise en main de son destin par elle-même (la dernière vidéo conférence tenue au campus de targua uzemur en est l’exemple parfait), d’autres ont choisi de tenir un autre discours aux antipodes de l’aspiration de la rue kabyle.

Dans leurs  chaumières, leurs  villages  les kabyles attendent cette union sacrée qui tirera enfin cette Kabylie maintes fois martyrisée vers des rives saines, où les mots progrès, justice, droit, modernité, savoir , tolérance ne seront pas de vains vocables usités pour mieux les dépraver et duper son monde. En ces temps de toutes les incertitudes (face au marasme économique, social, politique, culturel, sanitaire) le désarroi est palpable sur les visages des simples citoyens. Les acteurs politiques loin des soucis de cette population s’échinent à investir un hirak, qui de plus en plus est réduit à un simple  folklore, au lieu d’être les avants gardes d’une lutte à même de siffler la fin de ce jeu sordide qui ne mène vers aucun résultat palpable. Au contraire cette élite continue son jeu favori : maintenir les citoyens  dans un labyrinthe de doutes et les faire courir des chimères à en perdre haleine. 

Etonnement, les bonnes questions ne sont pas venues des élites kabyles algérianistes (elles n’oseront jamais les aborder de face par  craintes de subir la foudre de guerre d’une taxation de régionaliste). Ces questions sont venue de Monsieur Boukrouh qui dans un article intitulé : « L’Algérie sans la Kabylie » pose au grand jour la problématique kabyle. Et quoi que l’on dise, Boukrouh  a osé, malgré tout, envisager que la Kabylie aura un jour l’audace d’aller vers son indépendance.  Lu autrement cette idée, qui fait tant peur à notre élite local, n’est plus tabou  au contraire petit à petit elle commence à être admise (même en sourdine) pas bon nombre d’acteurs politiques – même s’ils sont loin des luttes menées par la Kabylie de 1962 à ce jour) et aussi par le pouvoir lui-même(les menaces envers les séparatistes lors de la tenue du conseil de sécurité par Teboune en sont révélateurs).

A quelques pas des doubles anniversaires du printemps noirs et du printemps berbère, on aurait aimé que des conférences se tiennent un peu partout en Kabylie, non pas seulement pour la célébration de ces deux dates historiques, mais aussi pour débattre avec lucidité du futur de la Kabylie  surtout si  l’on sait qu’ encore une fois les élections du 12 juin 2021 seront ignorées , boudées , rejetées par le peuple kabyle . Partant  la future APN n’aura aucune représentation kabyle et pour reprendre Boukrouh « Si le pouvoir est incapable de comprendre qu’il est en train de détacher en pointillés la Kabylie, qu’il ‎va l’acculer à la sécession à long terme, il faut lui faire un dessin. Je répète donc : l’Algérie sans la ‎Kabylie est apparue clairement à la vue – à moins d’être aveugle – avec la non-participation de cette ‎région à l’élection présidentielle, puis avec l’acceptation par le pouvoir des résultats du référendum ‎sur la Constitution sans elle et, bientôt, avec sa non-participation à l’élection législative. » Le ton est donné accentuant davantage le ventre mou de cette élite kabyle algérianiste.

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