LE TOURISME DE MONTAGNE DE KABYLIE EST MIS À GENOU PAR LE POUVOIR COLONIAL

KABYLIE (SIWEL) — Depuis les années 90, l’époque où le terrorisme arabo-slamiste, créé par le pouvoir colonial d’Alger pour venir à bout des intellectuels kabyles et des militants de la cause amazigh, a fait ravage, le tourisme de montagne a pris un coup fatal en Kabylie. En effet, les infrastructures pouvant accueillir des touristes sont toutes à l’abandon depuis des décennies. Ainsi, l’hôtel le Cèdre de Tala Guilef, relevant de la commune de Voughni, est, depuis qu’il a été détruit et incendié par des actes terroristes, en1995 et en 2002, occupé par des militaires.

Les différentes promesses de réhabilitation du site, prises par les nombreux responsables coloniaux, qui sont passés à la tête de la préfecture de Tizi Wezzu, n’ont jamais étaient mises en œuvre, la plus récente est celle de l’actuel préfet disant qu’une enveloppe de 422 milliards de centimes est dégagée pour la réhabilitation dudit hôtel. L’hôtel, classé 2 étoiles, est d’une capacité d’accueil de 169 lits en hébergement d’hôtel et de 289 lits en extension, pourrait, s’il serait réhabilité, être une source de vie pour plusieurs familles kabyles.

C’est le cas pour l’hôtel de Tamegout, qui se trouve à Yakouren, où les travaux de réhabilitations, entamés depuis 2015, sont à l’arrêt, depuis la résiliation du contrat avec l’entreprise italienne chargée de la réalisation des travaux.

Aghoulmim avarkan, communément appelé lac noir, qui se trouve dans la commune d’Adekkar, relevant de la préfecture de Vgayet, est également un lieu qui se trouve dans un état d’abandon. Se trouvant à 1200 mètres d’altitudes, en plein centre de la fameuse forêt d’Akfadou, le Lac noir est devenu une décharge à ciel ouvert. Les déchets et ordures, constitués de plastique et autres matières, jetés par les visiteurs qui viennent de partout, notamment pendant les week-ends, ne sont pas ramassés par les autorités locales. Ni bac à ordure ni camion de ramassage ne passe par là. La beauté paradisiaque de cet endroit féérique, distant de 12 km de la ville d’Adekkar, ne pourrait certainement pas résister plus longtemps face à cet état d’abandon dans lequel les responsables l’ont laissé. « Le pouvoir colonial ne veut pas que le tourisme renaisse en Kabylie, il veut maintenir le sous-développement dans la région pour pousser les Kabyles à déserter et à fuir leur pays, par conséquent vider la Kabylie et tuer dans l’œuf le projet indépendantiste auquel on s’attache », dit Massinissa, originaire d’Adekar. « La prise en charge du secteur du tourisme, source de développement économique des pays, ne sera effective que dans le cadre d’une Kabylie indépendante », déclare Salim d’Iazoughen.

Youva Amazigh
SIWEL 131025 FEV 21