QUEBEC (SIWEL) — Madame Zahra Boukersi, cousine de Louiza Mohamed Said, la veuve de Krim Hassane assassiné à Québec , a dénoncé les pratiques racistes et le déni identitaire imposés par le consulat d’Algérie et les arabo-islamistes au cours de l’hommage qui s’est déroulé jeudi 2 février à l’aréna Maurice-Richard à Montréal, notamment l’exclusion volontaire de la langue kabyle durant la cérémonie de recueillement.

 

Lors de la cérémonie organisée jeudi en hommage aux victimes assassinées dans la fusillade qui a eu lieu au sein de la mosquée de Ste-Foy à Québec le dimanche 29 janvier 2017, le pouvoir colonial algérien a osé mettre à son profit les dépouilles des deux Kabyles fauchés par l’assaillant, Alexandre Bissonnette. Les autorités québécoises et canadiennes lui ont emboîté le pas, à l’instar du premier ministre du Canada, Justin Trudeau et de Philippe Couillard, premier ministre du Québec.

C’est le moment pour tous les Québécois, tous les Canadiens de repousser l’intolérance, mais surtout d’être là pour une communauté qui a énormément de peine aujourd’hui, a déclaré Justin Trudeau en faisant référence à la communauté arabo-musulane.

Les mots prononcés, les mots écrits ne sont pas anodins. À nous de les formuler, à nous de les choisir, car ces mots peuvent unir, peuvent guérir ou peuvent trancher, blesser, a dit Philippe Couillard.

Des imams ont également pris la parole pour prêcher en arabe et réciter le coran et les hadiths. Ce n’est pas nous, les terroristes. Nous, on pratique l’islam qu’on utilise tous les jours, avec lequel on éduque nos enfants, avec lequel on vous côtoie, avec lequel on est une seule main pour bâtir ce pays, a exhorté Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec.

En effet, les cercueils des deux Kabyles, krim Hassane, analyste informatique au gouvernement du Québec, et Khaled Belkacemi, professeur en génie alimentaire à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval et chercheur affilié à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels, étaient couverts par le drapeau colonial algérien et la cérémonie s’est déroulée selon le rite funéraire musulman à l’aréna Maurice-Richard à Montréal.

La famille du défunt n’a pas caché son mécontentement au sujet de l’éviction volontaire de la langue kabyle de cette cérémonie de recueillement malgré l’insistance de plusieurs de leurs proches, en l’occurrence madame Zahra Boukersi. Je veux dire pleines de choses, nous sommes venus ici pour rendre hommage à un mort qui a laissé derrière lui trois jeunes filles, c’est un Kabyle. Nous ignorons qui sont les commanditaires de cette machination. Il n’y a aucun souci au fait de parler en français et en anglais qui sont des langues que nous comprenons puisque nous vivons au Canada, mais delà à s’exprimer en arabe, une langue que nous ne comprenons pas et à refuser de rendre un hommage à un défunt Kabyle en kabyle est inacceptable et lamentable dans une société qui se déclare inclusive. Ils nous ont exclus totalement, a déclaré madame Zahra Boukersi. krim Hassane est un vrai Kabyle, un grand fan de la JSK qu’il aime à mourir. Cette équipe de football Kabyle est un honneur pour lui, a-t- elle ajouté.

La Kabylie n’est pas seulement bonne pour récupérer les morts, m’a dit une amie.

Témoignage de Mme Zahra Boukersi, cousine de la veuve Louiza Hassane:

Boualem Afir,
SIWEL 031207 FEV 17
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