AT MZAB (SIWEL) — Kameleddine Fekhar a repris sa grève de la faim il y a 7 jours. C’est sa cinquième grève de la faim depuis qu’il est emprisonné avec 160 autres détenus politiques d’At Mzab (mozabites), il y a bientôt 18 mois. Le texte que nous publions ci-dessous c’est le message qu’adresse Kamelddine Fekhar à la communauté internationale et aux militants des droits humains, tel que rapporté par son avocat, lui-même sous contrôle judiciaire, maître Salah Dabouz.

 

Fekhar Kameleddine m’a dit samedi dernier (07 janvier 2017, ndlr), lors de la visite que je lui ai rendue à la prison de Mnea, qu’il se bat pour dévoiler la vérité sur les crimes commis à Ghardaïa, en particulier depuis Novembre 2013, quand un certain nombre de personnes ont été arrêtées à Guerrara et qu’ils ont subi un traitement inhumain, et quand des bandes de criminels étaient protégé par des éléments des services de sécurité pour saccager le cimetière de Ammi Saïd, et quand des bandes de criminels ont été laissé s’adonner aux actes de sabotage et de pillage de propriétés privés dans la rue du premier novembre sous la protection des forces de sécurité, et aussi quand tous les crimes ont été commis à Ghardaïa pendant une période de vingt mois.

Fekhar Kamaleddine m’a dit qu’il informait l’opinion publique nationale et internationale des actes criminels commis à Ghardaïa avec preuve à l’appui, et que cela ne constitue pas une incitation à la violence, mais une dénonciation de crimes.

Fekhar Kamaleddine m’a interrogé sur la raison qui a fait que la justice refuse de traiter les plaintes qu’il a déposées contre les forces de sécurité qui l’ont torturé avec Kacem Sofghalem et les autres personnes arrêtées avec eux et pourquoi la justice refuse d’examiner les plaintes déposées pour violation de propriété privée, celles contre le directeur de la sûreté de la Wilaya de Ghardaïa, contre le procureur général près la cour de Ghardaïa. Et pourquoi la justice a refusé de convoquer les témoins qu’il a demandés. Sachant qu’il a expliqué tout cela dans une lettre de quatre pages adressée au procureur général auprès de la cour de Ghardaïa pour l’informer de sa décision d’entamer une grève de la faim et lui expliquer les raisons de celle-ci.

Fekhar Kamaleddine m’a dit qu’il n’a pas besoin de la solidarité des militants des droits humains après sa mort, parce que son corps est épuisé à cause de la cinquième grève de la faim et en raison des effets de l’hépatite qu’il traîne avec lui. Mais il préfère que cette solidarité soit exprimée au cours de sa souffrance en prison contre l’injustice subie. Et il m’a demandé de faire entendre sa voix à l’opinion publique nationale et internationale.

Et enfin, Fekhar Kamaleddine m’a dit qu’il continuerait son combat contre l’injustice par tous les moyens, même si cela va lui coûter la vie.

En tant que militant des droits humains, je déclaré toute ma solidarité avec le Dr Kamaleddine Fekhar détenu à cause de ses déclarations.
Maître Salah Dabouz,

SIWEL 092130 JAN 17

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