LA PERTE DE REPÈRES  CONDUIT À TOUTES LES DÉRIVES

KABYLIE (SIWEL) — Dans les années 80 beaucoup de militants de la cause berbère( MCB)   furent emprisonnés arbitrairement. Ils furent souvent torturés. La presse n’en parlait pas. Mis à part par les kabyles, ces militants ne furent jamais défendus par les autres régions de l’Algérie. Bien au contraire, en ces temps-là ils étaient  considérés comme des parias de la nation et qu’ils méritaient les sévices que le régime leur faisait subir. 

Une dizaine d’’années plus tard, exactement en avril 2001,  une répression aveugle s’est abattue une nouvelle fois sur la Kabylie.  Des dizaines de nos jeunes furent assassinés par les gendarmes du pouvoir au su e au vu de tout le monde (le multipartisme étant passé par-là, la presse abordait avec plus ou moins d’audace ces douloureux événements). Malgré cette médiatisation, la Kabylie (encore une fois) s’était retrouvée sans aucun soutien de la part du reste des algériens. Le sort des Germah Massinissa et de ses camarades  tombés sous les balles assassines du régime, ne troubla guerre la bonne conscience de ceux  qui aujourd’hui crient à qui veut les entendre  que  l’Algérie est une et indivisible. En réalité ce slogan creux et sans aucune réelle profondeur dans la société algérienne, n’est là que pour mieux rouler une nouvelle fois la Kabylie dans la farine du mensonge. Ceux qui tirent les ficelles, eux savent quelle est la  teneur des enjeux en cours. Par contre, bon nombre de  kabyles tantôt par conviction, tantôt par  naïveté, souvent par calculs  s’y prêtent allégrement à ce jeu de Khawawisme de surface. Peut être que certains d’entres nos frères sont dupes, peut -être que d’autres n’ont pas la foi en leur capacité de s’élever en peuple,  peut-être que d’autres ont peur de s’émanciper de cette Algérie qu’ils savent castratrice de leur MOI ! Cette dernière catégorie de citoyens n’est pas tant à blâmer, car souvent elle est soumise à une propagande soutenue par l’armada d’organisations qui diabolisent toute idée novatrice au sien de la société. Ces derniers sont là pour bloquer tout débat, toutes autres réflexions qui peuvent être salutaires pour les générations kabyles à venir. Ils sont les laudateurs non pas de l‘algérianité, mais du statut quo. Leur boulot consiste à brouiller les cartes, et fausser les visions !

En plus de discréditer toutes personnes ou organisation, ou mouvement  porteurs  d’idées nouvelles (comme l’autodétermination de la Kabylie), leur travaille consiste à brouiller les pistes d’un combat identitaire mené par des dizaines de militants depuis la création de l’étoile nord africaines à ce jour.  Du coup les repères à notre jeunesse ne sont plus les Benai Ouali, Mbarek Ait Hamouda,  Boulifa, Jean El Mouhoub et Taous Amrouche, Slimane Azem, Mouloud Mammeri, Matoub Lounes, Ait Menguellet, Idir, Ferhat Mhenni…..mais plutôt Samir Larbi, Emir DZ, Boumala …la dernière vedette est évidement Saïd Djablkhir !

Il suffit qu’une personne ,non kabyle, ait maille à partir avec la justice algérienne pour enflammer ces kabyles sur les réseaux sociaux. Des publications tout azimut, des soutiens par centaines,  des dénonciations  à n’en pas finir sont mis en branle.  Un plébiscite qui ne dit pas son nom est dès lors orchestré !

Certes, condamner l’injustice d’où quelle viennent, être solidaire avec toute personne (de par le monde) ayant subi une injustice quelconque est plus que louable  tant il relève   d’une bonne santé politique, et d’un esprit d’équité aiguisé. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que cette dénonciation, ce soutien est souvent sélectif. On aurait aimé que ces champions du droit et de la justice se mobilisent avec autant de hargne de détermination en faveur  des militants du MAK et de tous les souverainistes kabyles qui mènent une lutte pacifique pour l’indépendance de la Kabylie.  Hélas tel n’est pas le cas !

De fait, ces personnes (guidés par leur bonne foi ou leurs calculs) participent à  dénaturer les années de luttes de la Kabylie en présentant à notre jeunesse de nouveaux héros (d’ailleurs fallacieux)  au détriment de générations de militants qui ont porté à bras le corps la cause identitaire de la Kabylie.  On n’ira même pas  jusqu’à  poser cette question si évidente : «  où étaient toutes ces personnes plébiscités par ces faiseurs d’idoles quand nos jeunes se faisaient tirer comme des lapins un certain printemps noir ? » pour mettre en exergue la mystification  de notre jeunesse à laquelle ont recours ces faiseurs d’opinions !

Si par principe, la Kabylie est toujours outrée par l’arbitraire, on ne doit jamais oublier que cette Kabylie est justement la première victime de ce régime et ce depuis 1962à  ce jour. Et si charité doit être faite, elle doit commencer par soi-même : le dicton kabyle le résume si bien : win yebɣan ad iẓur lemqam, ad yezwir seg at waxxam !

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SIWEL 031330 AVR 21