CHRONIQUE (SIWEL) — Être militant d’une cause est une question de foi, être apôtre félon (y compris sur Facebook) est une question de choix.

 

Sous Staline, Lavrenti Beria, le Himmler russe, patron du NKVD -géniteur plus tard du KGB- avant de décider l’arrestation d’un opposant, actionnait d’abord ses agents dormants dans la presse pour désigner l’infortuné de traître à l’unité de l’Etat et à la stabilité du pays ou carrément dégénéré vendu à l’étranger. Mais avant tout, il assignait à des individus de la même région de l’opposant le rôle d’idiots utiles pour leur confier la tâche de distiller la rumeur. Et ces idiots imputaient d’une conviction à tout rompre des histoires de vols, d’abus et d’immoralités touchant l’opposant d’avance classé dans un wagon à bestiaux en direction du Goulag ou destiné carrément au poteau d’exécution. À l’intention du peuple, l’opposant ne devait surtout pas avoir une étiquette politique qui aurait laissé à supposer qu’il avait des principes de lutte ou des convictions à défendre. Ainsi, avant d’être exécutés, en juin 1938, à Moscou, Boukharine était traité de "croissement de renard et de porc qui ne remboursait pas ses dettes d’argent au parti" ; Zinoviev était un "chien errant alcoolique qui engrossait des filles mineures" et avant eux, Trotski, " un juif qui avait débauché les officiers de l’armée rouge".

Le régime algérien, dont la charpente a été militarisée par le KGB, est fortement lié aux pratiques staliniennes. Ses valets ont largement noyauté les partis, les organisations de masse, les associations, les syndicats et surtout la presse. Tout comme le KGB, le DRS a pour habitude de manipuler l’opinion et semer le trouble dans le voisinage des militants intègres et en ces heures, ce sont ceux du MAK-Anavad qui font l’objet de ses tourments. Ses agents dormants sont partout y compris là où l’on ne soupçonne pas leur présence ; ils ont pour mission d’élargir le cercle d’idiots utiles qui se manifestent de jour en jour dans facebook. C’est précisément ces idiots utiles qui se font complices de premier plan dans le maintien de la Kabylie sous le joug de la misère arabo-islamique. Ils se font volontiers coqs pisseurs dans le violon sans comprendre qu’ils se révèlent, sans en retour une bourse en poche, loques au parler kabyle des sursauts complexes de tout ce qui se trame en hauts lieux contre la Kabylie. Pis encore, ils en sont fiers.

Asinus asinum fricat, disaient les latins en pareilles circonstances, les hères réputés pour leur imbécilité se frotteraient donc l’un à l’autre lorsqu’ils se reconnaissent et pauvre d’eux, ils ont tout compris et plus vite que les autres, qu’ils disent. Ainsi, les indiscrets commis de l’Etat algérien et ses dévoués dans la presse se déchargent de la tâche qui conduit au lynchage médiatique des nationalistes kabyles, ils savent que des idiots utiles aux visages kabyles accentués s’approprieront cette tâche dans la volonté de l’accomplir avec acharnement. Leur petitesse d’esprit découvre la dédaigneuse mise en scène de leur indignité mais, ils l’ignorent.

Dans des sites interlopes, les plus avides de reconnaissance signent des articles qu’ils ne se donnent guère la peine de lire et de comprendre, manufacturés en tir au flanc par des incertitudes, ou par passion, ils se supposent pour la cause kabyle alors que leur activité sinueuse se résume à un jet de fléchettes contre le MAK-Anavad. Les plus viles tentent de leur bave de crapaud de garnir de plomb les ailes du faucon à grand renfort du dénigrement abusif à travers de faux comptes Facebook, ils accusent les militants qui s’expriment à visages découverts de lâcheté ! De quel côté se situe donc la lâcheté ? De celui qui signe ses opinions de son nom ou de celui qui pour l’enlaidir d’insultes et outrages se couvre de la sécurité que lui procure l’anonymat ?

Au nom de quelle vertu, au nom de quel principe des individus prennent jouissance dans l’horrible fonction qui consiste à dénigrer à plein poumons leurs ainés dans le combat qu’ils osent prétendre être le leur ? Quelle est donc cette philosophe qui manigance ces individus dramatiquement advenus dans la chose politique comme on manigance un coq en pâte afin de les faire agir en dépit du bon sens. Mais, dirions-nous, être militant d’une cause est une question de foi, être apôtre félon est une question de choix. Dans ce cas, il est clair qu’aucune thérapie de supplique ni aucun breuvage d’instance n’auront la magie de les détourner de la jalousie qui leur fait baisser le froc. Ils trouvent le bien-être dans le dénigrement et la satisfaction numérisée et codifiable parce qu’ils ne sont plus, hélas, que des arrière-produits gratuiciels.

Comme l’artiste authentique, le militant, le vrai, celui que les imposteurs, les médiocres et les renégats craignent, est comme un léopard dans la brousse, à son passage, les hyènes hurlent toujours et, en cachette, reniflent ses urines car c’est dans ses pas qu’elles trouvent des restes qu’elles ramassent pour en faire, le temps d’une mise en miroir, un festin de charognes.

Djaffar Benmesbah
SIWEL 020833 JAN 17

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