LA LITTÉRATURE D’EXPRESSION KABYLE EN FULGURANTE PROGRESSION

TAMURT TAQVAYLIT (SIWEL) — La scène littéraire Kabyle, longtemps dominée par des œuvres d’expression française, se dote, ces dix dernières années, de plus en plus de romans et de nouvelles d’expression kabyle.

En effet, après l’époque, très fructueuse, où les Kabyles, tels que Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Tahar Djaout et les autres, qui ont écrit, en français, de très belles œuvres, respectivement, Le Sommeil du juste, Le Fils du pauvre et La Ceinture de l’ogresse, toutes des chefs-d’œuvre de renommée universelle, c’est le tour d’une nouvelle génération d’écrivains, qui, elle, écrit, merveilleusement, dans sa langue maternelle. Ainsi, après les auteurs tels que Aomar Oulamara et Belaid Ait Ali, pionniers du roman d’expression kabyle, qui ont écrit, respectivement, « Agadir n Roma », paru en 1919 et « Lwali n wedrar » paru dans les années 40 ; Karim Kherbouche qui a écrit son premier roman intitulé « Akken i sent-yehwa i tullas », paru aux éditions Tira en 2015 ; Mohand Mechaour, jeune universitaire, qui a écrit son roman intitulé « Abrid n Tefsut », paru aux éditions Richa Elsam en 2018, « Amsebrid », est le titre du roman écrit par ChabhabBen Gana, enseignante universitaire à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, et les 19 autres romans parus en 2019, c’est le tour, cette année, des écrivains Ramdane Lasheb avec son livre intitulé « Kra seg tedyanin n zik », paru aux éditions Achab en 2021, de l’auteur Azenzar avec son livre « Amedyaz n Agur » paru également en 2021 aux éditions Chikh Mohand Oulhoucine.

« Pour décrocher le prix Nobel de littérature, rien n’est impossible pour les enfants de tamazgha dont la culture est leur sang et l’art est leur oxygène et la terre est leur tombe et honneur. Tout ce qui se réalise au profit de cette littérature ancestrale et combattante, par la nouvelle génération d’écrivaines et d’écrivains est dans le bon sens », déclare Amine Zaoui, dans l’une de ses publications parues en 2019, dans le journal Liberté, « la littérature amazigh se modernise, de plus en plus, se libère des clichés folkloriques, et de plus en plus se forge esthétiquement dans les questions philosophiques hantées par la lutte pour les droits de l’homme et des peuples et par le plaidoyer littéraire pour les valeurs humaines universelles (…) », ajoute-t-il. « C’est pour cela qu’une sacralisation littéraire universelle de la littérature amazigh par le prix Nobel de littérature, dans quelques prochaines années, n’est pas exclue », affirme-t-il.

À l’occasion de nouvel an amazigh, plusieurs associations et personnalités kabyles ont appelé, les lecteurs kabyles, à acheter un roman d’expression kabyle afin d’encourager ces jeunes écrivains à en produire davantage.   

Youva Amazigh
SIWEL 121230 JAN 21

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