À force de brocanter un État comme une marchandise de contrebande prête au transfert, on concourt aveuglément à son effondrement dans la déshérence, avant de lui faire signer une mort Ab intestat. Il est aisé par la suite de distribuer anathèmes et injures à l’adresse de la main de l’étranger en agitant le mythe de l’ennemi de l’intérieur.

Est-ce les Kurdes plusieurs fois gazés pour délit de descendance qui ont disloqué l’Irak du sodomite Saddam et la Syrie du machiavélique Et Assad ? Est-ce les amazighs qui ont fait de la Lybie du psychopathe Kadhafi un appendice du Daesh ? Le film Algérie approche du générique de fin d’émission et c’est tout naturellement en direction du Mak-Anavad que se déchaînent en hordes les biles et fiels des nostalgiques du luciférien Boumediene.
L’Algérie excelle dans la tromperie nihiliste et généralisée, elle répond toujours du nom du sulfureux Boussouf et une journaliste éponyme s’offre dans Le soir d’Algérie un offertoire de messe dans lequel le nom de Ferhat Mehenni est servi sur l’autel des sacrifices. C’est penser comme une huître que de se faire guenille des soubresauts convulsifs des monstres qui ont manigancé la citoyenneté à coup de rumeurs, de mythes et de canulars. La haine dirigée contre le Mak-Anavad en général et Ferhat Mehenni en particulier est symptomatique de la panique qui étreint les clans en hauts lieux, tous les clans qui tantôt se coudoient tantôt s’entrechoquent via Kabylie interposée, dans le partage de l’héritage colonial légué de Gaulle.

Dans leurs percussions dévotes, le leurre cogite à bon escient, ils célèbrent Yennayer pour endormir la vigilance. Sans la vigilance du Mak-Anavad, la Kabylie aurait sombré dans une spirale de violence qu’elle n’a encore jamais connue. Elle aurait eu à revivre un autre printemps noir au plus fort de l’hiver, elle aurait eu à pleurer encore une fois ses enfants qui auraient affronté, chemises ouvertes, les balles de l’ennemi pour une cause qui n’est pas la leur. Et cette prudence partagée en Kabylie a décontenancé un Ould Abbas, ministre devant l’Éternel, qui a remercié les quelques casseurs, du jamais-vu !

Le Mak-Anavad a une démarche rationnelle, conforme à la feuille de route qu’il s’est fixée pour atteindre ses objectifs. La Kabylie a répondu le 12 janvier du nom du Mak-Anavad et au nom du Mak-Anavad sans concession ni artifice de style. Sa force de mobilisation et sa détermination ont justifié le gigantesque dispositif répressif déployé par le gouvernement algérien dans le but de briser son élan. Jamais, depuis octobre 1988, il n’eut autant d’arrestations, autant de légions de la police et de l’armée, autant de larbins de service auxquels se sont joint des délinquants dépêchés des prisons pour agrandir les rangs des suppôts du pouvoir en échange d’une remise de peine. Le fait de vociférer des injures sur la seule personnalité de Ferhat Mehenni cache le déni d’une réalité. Ils sont des centaines de milliers en Kabylie à lui ressembler et à le suivre. Cependant, si le Mak-Anavad s’est doté d’une force de mobilisation, en revanche, il n’a pas dans sa structure des saint-thaumaturges capables de guérir métaphoriquement les trublions, vendangeurs des discrédits, de leur phobie à accepter ses avancées.

Les allégations de la journaliste du soir d’Algérie ne sont pas produites à chaud en des moments de grandes agitations, mais répondent au besoin de justifier l’appel au meurtre du président du Mak-Anavad et d’anticiper la critique d’un régime sénile incapable du moindre frein aux activités de ses ministres et généraux rapaces et criminels. Voilà, ce qui agit avant tout à la dissolution de l’Algérie. Quand à Ferhat Mehenni, il est en guerre parce qu’il a des ennemis, il a des ennemis parce qu’il a des principes…

Djaffar Benmesbah

SIWEL 151534 JAN 17

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