Kabylie Algérie, à vouloir le tout on perd le peu (Nevɣa aḥṛiq nesṛuḥ aqwiṛ). Chronique de Dda Teyyev

CHRONIQUE (SIWEL) —  À trop vouloir t’accaparer de ce qui ne t’appartient pas, tu finiras par perdre ce qui t’appartient. (Win yevɣan ad yawi ayla n medden, ad isṛuḥ ayla-s).
Nous avons pu suivre les marches de Yennayer 2970. Les autorités coloniales algériennes ne font pas et n’ont jamais fait dans la dentelle. Leur brutalité habituelle, machinale, montre, même au non voyant, ce dont est capable l’occupant lorsque l’autochtone demande à se libérer du joug (azaglu) qu’il porte depuis de longues décennies. Depuis 1962, la Kabylie se débat pour éviter sa mort programmée.

Que ces autorités coloniales arabo-obscurantistes nous donnent un seul argument pour nous convaincre de notre intérêt de rester dans le giron de cette Algérie dont des officiels et une presque totalité des Algériens ont une haine viscérale de tout ce qui peut sentir le Kabyle.
Les Kabyles qui refusent de comprendre que lorsqu’un sanglier pénètre dans leur potager, c’est pour le dévaster et non pour le protéger ; nous aimerions qu’ils nous expliquent, puisqu’ils sont aussi lucides, pourquoi tiennent-ils, obstinément, à demeurer sous une domination ravageuse qui fait d’eux des sous sous-hommes déconsidérés, dévalorisés, défavorisés, foncièrement et radicalement avilis ?

À travers ces sous-hommes, complices de leur propre déchéance, de leur dépravation et, plus alarmant encore, de leur animalisation, l’envahisseur de la Kabylie continue à prendre ses aises sur notre territoire en s’imposant par sa férocité, sa brutalité constantes.
Par son ordre établi, l’occupant charge ses relais locaux des plus basses besognes. Il est tout à fait évident que ces animalisés, dont l’exemple gravissime a été donné la semaine passée, lorsque ces ratés se sont attaqués à une étudiante à l’aide d’armes blanches. Malgré leur bassesse, leur mesquinerie, leur petitesse, ils ont quand même compris que la force de nos arguments sont nettement au dessus de leurs arguments de force.
Leurs actes de lâcheté monumentale nous renseignent sur le niveau de leur discernement !

Ces automates programmés disent, à qui veut l’entendre, que l’Algérie est à eux, et qu’ils ne céderont pas un pouce de ce territoire-continent parceque, parceque…! Avec des « parceque », ils finiront par se convaincre que toute l’Afrique leur a été léguée par leurs ancêtres. Nous connaissons tous les refrains qu’ils rabâchent à satiété, parfois jusqu’à la nausée. Saturés, comme ils sont, par des convictions d’aliénés, ils nous ressassent inlassablement des inepties, ancrées dans leur cervelle, par lesquelles ils croient que la province saoudienne est un bien sacré qui est à eux, rien qu’à eux…

Nous avons beau dire et répéter que l’indépendance de la Kabylie est, à terme, la libération de toute Tamazɣa (Afrique du Nord), tenté d’expliciter aux gueux, leur inculquer que l’accomplissement de ce gigantesque devoir est un travail générationnel, que la précipitation de tout vouloir d’un seul coup, d’un seul, nous mènera droit à notre perte irréversible.
Ce qui est d’autant plus étrange, énigmatique, voire abscons, est cette attitude, cet état d’esprit, cette dégaine, ostensiblement affichés par cette partie de l’élite kabyle qui regarde les indépendantistes de haut, les qualifiant d’irresponsables, d’aventuriers, si ce n’est d’apprentis sorciers.
Pour cette catégorie sociétale, (le petit chez chez-moi est plus confortable que le grand chez les autres) n’est qu’une forme de consolation pour ceux qui ont décidé de s’affranchir de la domination tyrannique des hillaliens en Kabylie.

Nonobstant le mal vivre, la misère morale, matérielle, sociale et tout ce que subissent ces Kabyles égarés, ils ne se remettent toujours pas en question. Et pour cause !
Nous, indépendantistes, ne sommes pas fatalistes pour mettre en cause une quelconque malédiction imaginaire. Il n’est pas exclu que dans l’imaginaire des fourvoyés kabyles, la malédiction est le résultat de ce qui leur arrive, et fatalement il faut accepter le triste sort imposé par l’esclavagiste qui n’a d’objectif que celui de nous maintenir sous sa botte jusqu’à l’effacement définitif de nos racines kabyles !!!

À vouloir le tout, on aura le rien

La Kabylie occupée, agressée, démembrée, blessée dans sa chair, nous demande de la libérer, et non de nous enfoncer dans des combats insignifiants, n’en déplaise aux frileux, qui nous mènent droit au ravin.
Ceux qui rêvent d’une Algérie démocratique, plurielle, harmonieuse, sont aux antipodes de cette criante réalité qui saute aux yeux, qu’ils ne veulent pas admettre.
L’agonie planifiée, du Kabyle, de sa mère patrie ancestrale, contrairement à l’Algérie qui peine à atteindre ses deux centenaires, n’arrive toujours pas à faire bouger les neurones de ces « compatriotes » qui croient qu’un miracle tomberait du ciel pour redresser un arbre penché, de plusieurs décennies, sans le déraciner.

Trêve de plaisanterie

Les Kabyles qui croient que l’Algérie leur est dûe se mettent le doigt dans l’œil, et aident ce pays colonisateur à les priver des petits lopins de terre légués par leurs aïeux.
Nos aînés se sont sacrifiés pour notre liberté, notre dignité, notre honneur ; pas pour notre dilution dans un mélange contre nature, destiné à mettre en œuvre et à accélérer l’effacement de notre identité kabyle.

Eux c’est eux, nous c’est nous. Si l’on veut leur prendre leur terrain, ils finiront tôt ou tard par nous déposséder définitivement de notre parcelle !

A.T., le 13/01/2020.

SIWEL 131900 JAN 20

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