La jeune romancière trilingue Dihya Lwiz n’est plus : une belle âme nous a quittés

IGHZER AMOKRANE (SIWEL) — Elle écrit en kabyle, en français et en arabe, elle n’a que 32 ans, et vient de décéder des suites d’une maladie. Dihya Lwiz, de son vrai nom Louiza Aouzelleg, fait partie de ces rares écrivains kabyles qui écrivent en kabyle en français et en arabe. Son roman « Ger Igenni d Tmurt » a connu un beau succès et a reçu le Prix Mohammed Dib.

Les publications en arabe de la fille de la vallée de la Soummam portent sur la Kabylie et la kabylité, comme le roman « Sa aqdhifou nafssi amamaka » (Je me jetterais à tes pieds), publié en 2012, dont les faits se déroulent en Kabylie et en plein Printemps noir.

Dyhia Lwiz, qui a un doctorat en gestion et qui est active dans la défense des droits de l’homme et ses fait souvent porte parole de la femme kabyle face au conservatisme de la société dans ses œuvres, est décédée dans sa région natale Ighzer Amokrane dans la matinée du 30 juin.

Réaction de Karim Akkouche :

Adieu notre amie Dihya Lwiz, femme de plume aux semelles de vent !

Tout ce qui a été ne mérite pas qu’on le consulte. Tout ce qui viendra, tant qu’il n’est pas, procure l’inquiétude. Seul l’instant arrive à croiser le corps et le temps, le mortel et l’infini, l’être humain et cette chose qu’on appelle Dieu. On n’atteint jamais le bonheur, l’illusion se trouve en tous concepts. Rien n’est figé, rien ni muet, tout parle, même les morts. Ils se transforment en cendre et participent de la régénération des végétaux. En ce sens, la mort n’existe pas, c’est une notion imaginée par les vaincus. Puisque tout est illusion, la vie comme la liberté, pourquoi alors priver la mort de sa finitude ? Dihya Lwiz, notre amie, femme de plume aux semelles de vent, n’est pas morte, elle voyagera de terre en terre, de ciel en ciel, son corps se décomposera certes, mais elle rejoindra le néant sous une forme éternelle et primitive.

Réaction de Youcef Zirem :

Tristesse: La romancière Dihya Lwiz n’est plus : paix à son âme, mes condoléances à ses proches : elle écrivait de belles choses en langue kabyle, en langue arabe et en langue française…Elle avait une belle âme…Voici son dernier poème sur facebook:
Ziɣ mazal ur nebdi
Abrid ɣer tmusni
Abrid ɣer tlelli
Deg wiyaḍ mi ara nettwali
Amek akken yeshel kulci
Ɣur-neɣ amzun d awezɣi
Ur neẓri acimi
Nugi ad neffeɣ seg iḍelli
Tɛejba-ɣ tnumi
Tɛejba-ɣ truẓi
N wayen lɛali
Iɛejba-ɣ leɛwej dg-i nettili
Nugad an beddel
Akken ahat fella-ɣ ad tbeddel !!

Réaction de Rachid Hitouche

Je viens d’être informé du décès de notre romancière, poétesse kabyle Dihya Lwiz, très affecté par cette nouvelle, je présente à sa famille, proches et ami(e)s, mes condoléances les plus sincères. Repose en paix Dihya, avec peu de moyen, tu as su laisser une belle et sublime empreinte.
Iɣsan-im deg talwit, sgunef tura i mi id yessaweḍ wakud lḥed-is.

Adieu petite hirondelle, le ciel ne sera jamais vide, mais ton absence sera remarquée.

nbb
SIWEL 301536 Jun 17 UTC

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