Analyse

Indépendance de la Kabylie : Sept piliers collectifs et individuels pour y arriver

Introduction : la Kabylie est enfin arrivée à maturité

Quand il y a péril en la demeure, il y a urgence de serrer les coudes. Le péril est généralement dû à la dispersion des rangs et à la perte des repères. La Kabylie est tel ce bébé qui essaye d’apprendre à marcher, mais qui n’arrive pas. Il se lève, il trébuche, il tombe, il se relève et ainsi de suite. Ce qui semble tout à fait normal à première vue. Mais, le problème se situe au niveau de la longévité extensible de cette phase de jeunesse.

La Kabylie n’arrive pas à s’extirper de sa jeunesse. Elle s’y plait. C’est comme si, la Kabylie ne veut pas grandir et devenir adulte, libre et indépendante. La Kabylie n’apprend pas de ses erreurs de jeunesse pour les corriger et avancer. Il n’a de cesse que de répéter ces erreurs encore et encore. Il y a là un travail de fond à faire sur le peuple Kabyle pour arrêter de tourner en rond et de sortir de ce cercle infantile. La meilleure façon de procéder est, sans doute, de revenir aux bases et aux fondamentaux qui ont été toujours appliqués partout dans le monde et ont fait leurs preuves.

Comment les autres ont fait ?

Il y a beaucoup de peuples qui étaient dans la même situation catastrophique que nous. Après avoir longtemps tergiversés, ils ont su, dans la plus part des cas, sortir leur épingle du jeu et devenir des nations des plus respectables dans le concert des nations de nos jours. Il n’y a pas de recettes miracles. Généralement, ils l’ont fait en appliquant tout simplement des principes fondamentaux basiques. Il appartient à la Kabylie de s’en inspirer de ces peuples pour s’extirper du cauchemar dans lequel elle est plongée depuis des siècles.
Regardons de près les peuples de l’Afrique du Sud, d’Inde, d’Israël, les noirs d’Amérique. Ils ont vécu des histoires des plus horribles. N’empêche, ils sont sortis vainqueurs de leurs bourreaux. Comment ont-ils fait ? Pouvons-nous faire pareil comme eux ?

1er pilier : un leader

Ces peuples s’identifient à un seul leader charismatique suprême. On ne parle pas de l’Afrique du Sud sans évoquer Nelson Mandela. On ne parle pas d’Inde sans parler de Gandhi. On ne parle pas des noirs Américains sans évoquer Martin Luther King. On ne parle pas d’Israël sans parler de Ben Gourion. Ces peuples se reconnaissent en leurs leaders. Nous ne pouvons pas citer tous les peuples qui vouent reconnaissance à leurs leaders, tellement la liste est longue.

En revanche, je ne peux citer aucun peuple qui s’est émancipé en ayant une multitude de leaders. Une multitude de leaders couve en soi une crise de leadership intrinsèque. Un peuple, sous la bannière de plusieurs leaders, est un peuple divisé. Il est un peuple voué aux luttes intestines, à la dislocation des rangs et à l’échec cuisant in fine. Un peuple sans leader est un peuple errant sans boussole.

Avoir un leader suprême unique et le mettre en avant est l’un des fondamentaux dont la Kabylie doit s’inspirer pour commencer à espérer. Il est une chance d’avoir plusieurs leaders compétents capables de prendre des responsabilités importantes, mais il faut un et un seul leader suprême à la tête. A ne pas confondre avec le despotisme ou le « zaïmisme », car les Kabyles ne vénèrent aucune personne, mais sont motivés par un seul objectif qui est celui de l’Indépendance de leur pays. Et pour arrimer la Kabylie à cette indépendance, nous devons nous unir et nous rassembler, comme un seul homme, derrière un seul leader capable et qui a fait ses preuves.

Pour la Kabylie, il ne faut pas y aller chercher loin, le seul leader qui s’impose de facto est bel et bien Ferhat Mehenni. Son parcours inégalé parle pour lui. Nous avons de la chance, il n’a pas de rival à sa hauteur pour lui ravir sa position. Evidemment que la Kabylie, tout à son honneur, dispose d’un gisement de compétences et de leaders prêts à prendre des responsabilités de grande envergure et de transformer l’essai pour le bien de la Kabylie.

2e pilier : ne pas courir derrière plusieurs lièvres à la fois

Fixer un objectif clair et sans ambiguïté est le deuxième pilier de ces fondamentaux. Celui qui court derrière plusieurs lièvres à la foi, n’attrapera aucun. En d’autres termes plus politique, si on se fixe plusieurs objectifs, de surcroît opposés l’un à l’autre, il est évident que nous nous atteindrons aucun des objectifs. L’objectif de la Kabylie est clair et ne souffre d’aucune ambigüité. Il s’agit de l’édification d’un état libre, souverain, indépendant, laïque, démocratique et épris de justice et des valeurs universelles. Le choix du leader suprême est fonction de cet objectif. Nous ne pouvons pas mettre à la tête un leader qui ne croit pas à cet objectif. Le peuple Kabyle doit s’unir comme un seul homme derrière son leader et œuvrer tous ensemble dans une même direction jusqu’à atteindre notre objectif.

3e pilier : chacun doit se sentir responsable de l’union sacrée

Un autre principe fondamental est l’union sacrée. L’union sacrée, derrière son leader pour l’objectif ultime, est un catalyseur important pour tout progrès pour aller de l’avant. L’union permet de resserrer les rangs et ne pas se disperser. Il ne s’agit pas de se comporter en « Beni oui-oui » ou en soldats godillots. Chacun doit se sentir responsable de cette union. Chacun doit contribuer et la canaliser positivement pour aller dans le sens de l’intérêt de la Kabylie. Il faut avoir une attitude agissante positivement pour promouvoir cette union pour qu’elle soit cohérente avec l’objectif tracé. A cette union, il faut associer donc des actions de tous les acteurs pour que la résultante des efforts soit dans la même direction que l’objectif.

L’union cimente l’unité. L’unité du peuple Kabyle ne peut pas se faire sans le respect des Kabyles entre eux. Avez-vous entendu un jour, un juif dénigrer un autre juif ? Avez-vous vu un Africain du Sud s’allier avec un blanc au détriment de son compatriote noir ? Avez-vous vu des juifs en détresse et délaissés pour compte, sans la prise en charge de la communauté juive ? Le peuple Kabyle doit avoir la même attitude.

Il faut sacraliser le fait et l’être Kabyle. Il faut toujours respecter son compatriote Kabyle. Il faut toujours privilégier la solidarité entre Kabyles. Il ne faut jamais laisser des Kabyles en détresse. Il faut toujours leur venir en aide s’ils en ont besoin. Il faut aussi respecter le leader suprême et tous les responsables qui travaillent pour la cause Kabyle. Il faut élaborer un code d’éthique Kabyle dans lequel les traitres doivent se voir automatiquement discrédités et mis en quarantaine. Les KDS doivent se rendre compte de la gravité de leurs actes et leurs complots contre la cause Kabyle.

4e Pilier : l’action cohérente

L’action cohérente est un autre pilier des fondamentaux. Elle peut être le moteur de notre cause. La seule chose qui nous sépare actuellement de notre objectif est un plan d’actions cohérentes. Seules les actions « Must Have » doivent être considérées. Il faut concentrer nos efforts et nos énergies sur les actions prioritaires et obligatoires pour l’édification de l’état Kabyle et ses institutions. Il ne faut pas gaspiller son temps et son potentiel dans des actions secondaires « Nice To Have » dont les bénéfices ne sont pas structurants.

Le leader et son équipe élaborent et insufflent les grandes lignes de ces actions. Sans altérer leurs esprits, ces actions peuvent être enrichies, approfondies, ajustées et exécutées, par d’autres compétences intermédiaires Kabyles appelées à le faire. Une fois indépendante, la Kabylie aura tout le loisir de dérouler les actions « Nice To Have ».

5e pilier : une confiance inébranlable en la Kabylie et en soi

Qu’est ce qui peut faire effondrer un pays, un empire, ou une organisation ? Qu’est ce qui a fait disparaitre l’empire romain ? Qu’est ce qui a fait disparaitre l’empire Français de Napoléon ? Qu’est ce qui fait effondrer l’économie d’un pays ? La réponse est la perte de confiance. La confiance est la clé de voute pour faire perdurer une organisation, un pays ou un empire. La perte de confiance est annonciatrice des temps obscurs et d’un déclin vertigineux. La confiance est fréquemment provoquée par des tentatives en vue de l’abimer. Mais, elle doit résister à tous ces assauts. Pour cela, les Kabyles doivent avoir confiance en eux-mêmes, en leur Kabylie, en leur leader, en leurs compatriotes. La confiance doit être solide et inébranlable face aux aléas de la vie parfois tumultueuse.

6e pilier : du défi pacifique face à un régime des plus violents

L’une des valeurs sures de la Kabylie est son combat pacifique. Il n’est pas aisé de rester pacifique face à un régime des plus violents sur terre. Le régime colonial dépense des sommes d’argent colossales rien que pour entrainer la Kabylie dans le piège de la violence. La violence est le seul domaine que le régime colonial Algérien maitrise et pratique au vu et au su de la communauté internationale en toute impunité. La communauté internationale est complice de la forfaiture d’Alger, moyennant des intérêts économiques bradés par Alger. La violence est en réalité le langage des faibles. La violence peut paraitre une force à court terme, mais elle s’avère toujours une faiblesse à moyen et long terme. La violence est toujours condamnée par l’histoire. En revanche, le pacifisme est toujours glorifié et honoré. La violence rend petit et minuscule son usager. Nous pouvons être fiers de notre lutte pacifique.

7e pilier : de la posture civilisée et autres valeurs individuelles

Si la Kabylie est pacifique en tant qu’entité globale, certains kabyles agissant individuellement peuvent ternir cette image avec des comportements inappropriés. Sur les réseaux sociaux par exemple, poussés à bout, quelques Kabyles, souvent anonymes, s’adonnent à la pratique d’insultes et d’injures qui ne les honore guère.
Il est temps que les Kabyles adoptent des postures plus civilisées, plus intellectuelles. Il faut cesser de répondre à des incivilités par des incivilités. Un comportement digne et civilisé ne peut que renforcer son adepte. Il faut privilégier les débats et les arguments positifs. Avec des Kabyles civilisés, la Kabylie ne peut être que civilisée. Nous sommes les ambassadeurs de la Kabylie. Alors accomplissons dignement et fièrement notre rôle, en gentlemans distingués, civilisés, irréprochables…

La notion d’une posture civilisée est très large, que nous ne pouvons pas détailler ici. Cependant, je veux revenir sur une qualité dont je pense qu’elle fera du bien à celui qui l’adopterait. Parfois, beaucoup de Kabyles tombent dans l’excès du chauvinisme. Même si cette fausse qualité ne fasse pas de mal, elle peut agacer et rompre l’attractivité dont on a tant besoin. On peut tout autant être fier sans être chauvin. Je souhaiterai opposer au chauvinisme Kabyle, l’humilité. Il faut que les Kabyles se réapproprient l’humilité et deviennent humble. L’humilité transforme l’individu en quelqu’un d’apaisé, en symbiose avec lui-même, avec son entourage et avec l’autrui. Avec l’humilité, le combat de la Kabylie gagnera en termes d’attractivité et d’adhésion, tracera un chemin moins sinueux, et forcera un pas plus accéléré vers l’indépendance.

Le train MAK-Anavad, ses 7 piliers et ses 3 niveaux de décision

Tous ces fondamentaux ont besoin d’un cadre qui leur servira de support ou de véhicule qui les acheminera tout droit vers l’indépendance. Ce cadre est une structure ou une organisation. Cette structure existe. Elle s’appelle MAK-Anavad. Son objectif est clair. Son leader suprême est incontesté. Une majorité de Kabyles sont montés dans son train vers l’Indépendance. Nous souhaitons que toute la Kabylie monte dans ce train pour vivre des aventures magnifiques jusqu’à l’Indépendance. Si tous les Kabyles s’arment de tous ces fondamentaux, et montent dans ce train, le voyage sera très aisé, et l’issue ne sera que certaine.

Toute organisation dans le monde qu’elle soit une entreprise ou de nature politique est organisée en une hiérarchie pyramidale. Cette hiérarchie pyramidale, de la base vers le haut, est composée de trois niveaux. Chaque niveau est source de décisions nécessaires pour le fonctionnement de l’organisation. Les trois niveaux sont : à la base le niveau opérationnel, au milieu le milieu tactique et en haut de la pyramide le niveau stratégique. Pour aider à comprendre les missions des trois niveaux de décisions, à titre d’exemple : Le niveau stratégique décide « ou y aller » ; Le niveau tactique décide « comment y aller » ; Le niveau opérationnel décide d’ « y aller ». En termes de portées temporelles :
Le niveau stratégique prend des décisions ayant une portée long terme généralement supérieur à un an ; Le niveau tactique prend des décisions de portée moyen terme entre trois mois et une année;
Le niveau opérationnel prend des décisions à court terme inférieure à trois mois. Le niveau stratégique fixe les politiques et les directives générales.
Le niveau tactique fixe les objectifs réglés et limités. Le niveau opérationnel met en œuvre les plans d’actions élaborées. Ils ne devraient pas y avoir d’interférences entre les niveaux. Chacun doit se concentrer sur les missions qui sont les siennes dans le niveau décisionnaire qui est le sien. Dans ce modèle, les cartes peuvent être redistribuées lors des réorganisations. Mais pendant le fonctionnement normal, le respect de la hiérarchie et la discipline doivent être de vigueur.

Conclusion : il n’y a pas de recette magique pour y arriver

Ce modèle d’organisation est le seul répandu dans le monde. Il est utilisé par toutes les organisations performantes et efficaces. La Kabylie doit s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans le monde. Nous ne devons pas réinventer l’eau chaude. Ce modèle d’organisation est le fruit des recherches dans les sciences d’organisations depuis plus d’un siècle maintenant. Si le monde entier l’applique, pourquoi la Kabylie doit s’en affranchir. La Kabylie doit sortir de son organisation horizontale qui ne fait que perdurer son statu quo et prolonger encore plus longtemps le cauchemar d’humiliation que nous vivons.

Si les Kabyles s’engagent dans ce processus de libération, ils sont dans l’obligation de se conformer au respect de tous ses fondamentaux, et d’œuvrer pour sa solidification à tous les niveaux. Le respect et l’application de ces fondamentaux n’est que l’autre face de la médaille de la discipline. La discipline est donc un autre pilier de ces fondamentaux que la Kabylie et les Kabyles doivent s’approprier pour vivre un jour sous le ciel d’une Kabylie Libre et Indépendante.

La liste des principes fondamentaux cités n’est évidemment pas exhaustive. La liste est encore longue. Mais contentons-nous de ceux-là. La Kabylie en sortira grandie.

Zidane Lafdal,
Paris, le 27 Janvier 2017

SIWEL 272057 Jan 17

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