Un imam salafiste venu de Tlemcen provoque l’ire des citoyens du village Colonnel Amirouche (Ex-Riquet)

AQVU/AKBOU (SIWEL) — Tout a commencé au 27e jour du mois de Ramadan dernier. L’imam, venu de Tlemcen, et l’association religieuse du village Colonel Amirouche d’Akbou ont organisé un concours de récitation du Coran dans « la mosquée de Riquet » à des enfants qui ont moins de 10 ans pour la plupart. À la fin du concours, l’imam et les membres de la dite association ont distribué des cadeaux aux « meilleurs récitateurs » et ont offert de l’argent, 500 DA, à tous les autres enfants présents. Et ce, à l’insu de leurs parents.

L’information a provoqué l’ire des citoyens. « Avec l’argent, on manipule, on n’éduque pas » s’insurge Mass Yevrahim Benhamouche, un enseignant de Tamazight, qui s’est opposé à cette pratique, tout comme l’association socio-culturelle n Lmecta et de nombreux citoyens. Suite à la sortie de cet enseignant contre la manipulation, l’imam a évoqué, dans un prêche du vendredi, « la maladie de la société » en se référant à l’opposition de l’enseignant.

« Une insulte d’un imam tlemcenien à l’égard d’un enseignant de la langue kabyle et sur les terres kabyles » nous a déclaré Muhend, le Président de l’association socio-culturelle ». Des sages du village sont allés voir aussitôt l’imam pour lui demander des explications suite à ces propos.

L’enseignant, qui n’a pas hésité à monter au front contre ces pratiques, et ce, au nom de « taqbaylit n lejdud », nous a expliqué que si les parents laissent leurs enfants aller à la mosquée, c’est parce qu’ils croient pour la plupart que la pratique religieuse dans cette mosquée est comme ce qu’elle a été dans le passé. D’ailleurs, la plupart des parents n’envoient plus leurs enfants après ce concours du 27e jour du Ramadan.

L’association religieuse, censée s’occuper de la mosquée, est soumise à l’idéologie intégriste de l’imam et de quelques éléments étrangers au village. Il est également à noter que cet imam a été renvoyé du village Alma Ougnane d’Ighram l’année passée.

L’enseignant kabyle a tenu à préciser qu’il n’a aucun problème avec la religion et que s’il en parle, ce n’est pas pour polémiquer mais pour alerter les autres villages contre la montée du salafisme qui s’attaque directement aux enfants kabyles et au sein même des villages.

L’association Lmecta a, quant à elle, réuni son bureau suite à cette offensive salafiste au sein de leur village et ont décidé de recentrer leurs efforts sur les enfants du village afin de leur proposer, malgré le peu de moyens en leur disposition, des sorties, des activités sportives, du dessin, de la musique et du théâtre.

Le village ne s’est pas encore réuni pour décider si l’imam a encore sa place au sein du village ou s’il est temps de le remplacer par un imam kabyle respectueux des valeurs ancestrales.

nbb
SIWEL 032102 Jul 17 UTC

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