Ce fut un 1er novembre. Télégramme

Alger. Cimetière d’El Alia. Carré des martyrs. Pays qui ne tourne pas rond. Ciel gris. Vent léger. Immense structure transparente. Système opaque. Flopée de Vézirs. Long tapis rouge tracé depuis El Mouradia. Chaise roulante. Simple. Cuir anthracite. Non motorisée. Sans supports numériques. Ni tablette, ni portable. Une poussette. Des petites roues. Un vieil homme malade. Chapka noire en bol sur sa tête. Ensaché dans un immense pardessus noir. Une masse noire. Poussée par un homme vigoureux. Destination le carré. Arrière-plan. Immense tombe. Blanche. Arrêt. Immense gerbe. Roses rouges. Roses blanches. Commémoration forcée. Socle fer forgé.-STOP-

Un vieil homme. Président de son état. Regard hagard. Fixe. Lointain. Absent. Vague. Pense-t-il ? Réfléchit-il ? Se localise-t-il ? Lecture. Verset coranique.-STOP

Plan fixe. Masse présidentielle. Geste lent. Peine. Main soulevée. Pardessus large. Épaules noyées. Pardessus serré. Abdomen protubérant. Reliefs informes. Douteux. Vieil homme inerte. Sanglé. Immobile. Verset terminé.-STOP

Roule poussette. Des Wazirs. Alignés. Peloton aligné. Un salamalec. Deux. Trois. Quatre… Roule poussette. Roule. Wazirs courbettes. Reins pliés. Sans lumbagos. Troncs relevés. Bourrasque protocolaire.-STOP

Reconnaissance du ventre. Lèche babouche. Retour aux affaires. Business is business! Profession vol.-STOP

C’était le carré des martyrs avec des maquisards inconnus au bataillon. Terminé. STOP et FIN

SIWEL 041945 NOV 18

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