Economie

Economie Sociale : un tremplin pour la jeunesse Kabyle pour prendre son destin en main

ECONOMIE (SIWEL) — Vous êtes un(e) Jeune Kabyle. Vous rêvez de donner du sens à votre activité professionnelle. Vous voulez vous rendre utile face aux défis sociaux et environnementaux. Et pour cela vous voulez créer votre entreprise. Bienvenue dans une aventure de l’entreprenariat social.

Dans cette aventure, nous tenterons de vous expliquer ce qu’est l’entreprenariat social. Pourquoi cette aventure mérite le détour ? Et comment monter un business social ? En d’autres termes, nous allons montrer le chemin : Comment passer du rêve à la création d’une entreprise sociale? Pour ce faire, nous allons aborder ce chemin en cinq étapes :

  • Pourquoi l’entreprenariat social ?
  • J’ai mon idée, par où commencer ?
  • Je démarre mon activité
  • Je pérennise mon activité
  • Je me fais connaître et je grandis

1ERE ETAPE : POURQUOI L’ENTREPRENARIAT SOCIAL ?

BUSINESS vs SOCIAL

Business et Social  sont deux mots à priori contradictoires. Et pourtant c’est comme ça qu’il faut désormais considérer l’entreprise de demain.  Social parce que les besoins sociaux autour de nous en Kabylie sont considérables. Business parce qu’il faut un modèle économique pour monter des projets. Les deux ensemble parce que, oui,  le business peut financer le social. C’est la réconciliation de l’économie avec le social, d’où l’économie sociale.

La preuve,  nous avons aujourd’hui de plus en plus d’entreprises sociales. En France, à titre d’exemple, il existe aujourd’hui plus de 215 000 établissements qui relèvent de l’économie sociale et solidaire et qui travaillent de cette façon.  Cela représente environ 10% de l’emploi en France et plus de 2,5 millions de salariés. Actuellement, une entreprise européenne sur quatre est sociale. Ils mettent leur activité économique, leurs compétences technologiques financières et leurs compétences humaines surtout au service des besoins sociaux.

De par sa nature et ses valeurs ancestrales ancrées dans la solidarité et l’entraide, la Kabylie est un terrain fertile pour l’éclosion d’une économie sociale moderne.

Le capitalisme financier et l’économie administrée, outre leur échec, ont un point commun : ils cherchent tous deux à dissocier l’économique et le social. Le premier par le seul souci de la rentabilité maximale, sans se préoccuper des hommes.  Le second par le seul souci de l’action publique, sans se préoccuper de l’efficacité économique. L’entreprenariat social veut au contraire « ré-encastrer » l’un dans l’autre. Il montre que c’est possible. Pas de projet social fort sans projet économique fort : les deux se nourrissent de manière vertueuse.

ENTREPRISES SOCIALES vs ENTREPRISES CLASSIQUES

Souvent, dans l’esprit tant du décideur que du citoyen, le monde reste divisé en deux images caricaturales :

  • d’un côté, des associations utiles et dévouées, mais « peu professionnelles » et subventionnées
  • de l’autre, des entreprises « sérieuses » et performantes, mais peu soucieuses des enjeux sociaux et environnementaux.

L’entreprenariat social remet en cause cette vision réductrice et dépassée. Il ouvre une voie nouvelle ère dans laquelle il est possible de conjuguer efficacité économique et utilité sociale, liberté et solidarité.

Les entreprises sociales savent en effet combiner le sens de l’intérêt général, la performance et l’efficacité de la sphère économique avec la mobilisation et l’innovation des citoyens. Elles le font en apportant des réponses concrètes et novatrices aux besoins sociaux, aux besoins fondamentaux des personnes (être en bonne santé, travailler, se nourrir, se loger, se déplacer…). Comme toutes entreprises, elles doivent dégager des excédents, mais pour elles, le profit n’est pas une fin : C’est un moyen au service de leur projet social. Elles créent de l’emploi, innovent et partagent équitablement les richesses qu’elles produisent.

QUELS SONT LES ACTEURS DE L’ECONOMIE SOCIALE ?

Les acteurs de l’économie sociale sont en général des entreprises agissantes dans le social. A titre d’exemple, on peut citer :

  • Les entreprises d’insertion
  • Les coopératives en générale et familiales en particulier
  • Les associations
  • Les SAS
  • Les SARL
  • Les startups sociales

Mais les acteurs ne se limitent pas aux entreprises sociales, mais elles s’étendent également à toute la panoplie des parties prenantes comme les pouvoirs publics, les fournisseurs, les consommateurs,  et même les entreprises classiques.

Les acteurs de l’économie sociale partagent l’ambition de placer l’efficacité économique, un modèle économique viable au service  de l’intérêt général.

L’ENTREPRENARIAT SOCIAL MODE PASSAGERE OU VRAI REPONSE DURABLE ?

L’entreprenariat social n’est pas une mode passagère, mais une vraie réponse face à une quadruple crise:

  • Crise économique
  • Crise écologique
  • Crise sociale
  • Crise morale

 

L’État-providence, en souffrance, et en saboteur dans le cadre du pouvoir colonial Algérien, n’a plus les moyens, ni la légitimité,  de répondre à toutes les difficultés multidimensionnelles auxquelles la Kabylie doit pourtant faire face. Les entreprises sociales sont positionnées sur les secteurs d’intérêt général et répondent aux besoins fondamentaux des populations. Elles sont  appelées à grandir et à se développer, tel un pompier, au rythme d’évolutions des besoins sociaux comme :

  • Les besoins de la dépendance, prise en charge des personnes âgées, prise en charge des jeunes enfants
  • Les besoins de santé à domicile, bien se soigner
  • Bien se nourrir
  • Bien se loger
  • Lutter contre les exclusions
  • Prendre soin de l’environnement
  • Aide à l’éducation
  • Besoins d’Energie
  • Transport décents
  • Besoins agricoles
    • Campagnes de cueillettes : des olives, des fruits, des légumes, etc…
    • Campagnes de moisson, de labeur, d’élagage, de plantation, etc…
  • Infrastructures collectives et individuelles

 

A ce titre, les besoins sociaux sont pérennes. Les entreprises sociales le seront de facto. Les entreprises sociales sont profondément ancrées dans les territoires. Elles constituent un gisement d’emploi. Elles créent plus d’emplois que la moyenne dans le monde. Elles permettent également d’optimiser les dépenses publiques. Les entreprises sociales intéressent beaucoup une nouvelle génération d’entrepreneurs qui souhaitent faire l’entreprise de manière différente à la sauce de l’entreprenariat social.

Le Privé lucratif (entreprises classiques) propose des services : – Soit low cost – Soit dorées pour les personnes qui ont le plus de moyens. Alors que Les entreprises sociales proposent une haute qualité de service pour tout le monde. La différence c’est que chacun en fonction de ses revenus. Les entreprises sociales emploient aussi des personnes en situation de handicap. Elles ont un quadruple impact :

  • Impact sur l’emploi
  • Impact sur les producteurs,
  • Impact sur les consommateurs qui deviennent des  « consomm-acteurs »
  • Impact sur l’environnement

INTERET GENERAL vs SECTEUR PUBLIC

Nous avons souvent l’impression  que l’intérêt général relève du secteur public. L’intérêt général, ce sont des secteurs d’activités qui, objectivement, répondent à des besoins sociaux :

  • gérer des hôpitaux, des maisons de retraites,
  • tous les métiers de croissance verte
    • Production  d’énergie verte
    • commerce équitable
    • La manière dont on produit
  • La gestion de l’emploi des personnes, surtout celles les plus éloignées du monde du travail, des personnes brisées par la vie.
    • Des personnes en situation d’handicap, jugées inemployables par les entreprises classiques que les entreprises sociales emploient
    • Type de public auquel on s’adresse, publics non solvables, publics pauvres, auxquels on va proposer des biens et des services en les rendant accessibles
  • L’égalité des chances
  • L’éducation
  • La sécurité des biens et des personnes
  • Etc…

 

Bien évidemment, dans son statut d’état colonisé par un état, l’un des plus rétrogrades de la planète, est à des années lumières en matière de prise en charge de ses intérêts généraux par le secteur public. Le seul salut viendra de sa prise en charge par de jeunes  entrepreneurs Kabyles. L’état Kabyle indépendant viendra appuyer cette jeunesse avec  un soutien politique et économique.

L’entreprenariat social est-ce rentable ?

Il faut que ça soit rentable. La rentabilité est d’abord au service de l’impact social et environnemental de l’entreprise. Une entreprise sociale est une entreprise comme une autre, il faut qu’elle soit rentable pour vivre tout simplement.

Etre entrepreneur social ce n’est pas être uniquement un entrepreneur de la réparation, ou voiture balai du capitalisme, mais c’est aussi être pionnier, comme, par exemple, c’est le cas dans :

    • L’économie circulaire, économie du recyclage qui n’intéressait personne, il y a encore une dizaine d’années, et qu’aujourd’hui est un secteur hautement concurrentiel sur lequel les entreprises sociales sont extrêmement bien positionnées et très performantes et innovantes.
    • Economie du circuit court en rapprochant les petits producteurs des consommateurs en supprimant tous les intermédiaires via une plateforme internet.

LUCRATIVITE LIMITEE

La lucrativité se définit comme étant la recherche d’un gain ou d’un profit.  Sont considérées comme lucratives, les entreprises privées qui fonctionnent sur un modèle capitaliste.

À l’opposé des structures lucratives, tout système économique comprend aussi des structures dont le profit n’est pas l’objectif. Leurs objectifs sont alors l’utilité publique ou l’intérêt général. On dit alors qu’elles sont à but non lucratif.

A mi-chemin, les entreprises sociales sont des entreprises à finalité sociale ou sociétale. Elles sont à but de lucrativité limitée ayant comme caractéristiques :

  • Une entreprise rentable
  • Profits réinvestis dans le projet social
  • Rémunération limitée du capital,
  • Echelle des salaires encadrée.
  • Association de leurs parties prenantes à leur gouvernance
  • Faire du business mais pas n’importe comment

LIMITES DES SERVICES PUBLICS (triple C)

Les services publics (santé, dépendance, énergies, transports) doivent faire face à un triple défi :

  • La croissance des besoins sociaux – ne serait-ce qu’en raison du vieillissement de la population, et la démographie galopante
  • La complexification des besoins qui appellent des réponses plus individualisées, du « sur-mesure de masse » ;
  • La compétitivité enfin, avec la nécessité de réduire les dépenses publiques, à tout le moins de mieux les maîtriser.

 

Pour répondre à ce « triple C », les voies actuellement privilégiées pour assurer les services publics (prédominance de l’État ou prédominance du privé lucratif) ne sont pas à la mesure des enjeux.

Avec leur modèle économique hybride, qui repense l’articulation du public et du privé, les entreprises sociales proposent une troisième voie qui permet de sortir du débat « nationalisation / privatisation » et de répondre aux trois défis suivants. Comment ?

  • D’une part, en offrant souvent pour un coût identique, voire moindre, une meilleure qualité de service que le privé à but lucratif
  • Pas ou peu d’actionnaires à rémunérer, implication des usagers, pas de discrimination (tous publics accueillis, solvables ou non solvables), etc.
  • D’autre part, en activant les dépenses sociales et en améliorant leur efficacité.

POUR UNE POLITIQUE EN FAVEUR DES ENTREPRISES SOCIALES

Les mesures à prendre pour attirer plus de compétences, de marchés et de capitaux vers les entreprises sociales n’auront de sens et d’impact durable que si la manière de gérer et penser la politique en leur faveur change profondément. Trois défis de gouvernance sont à relever.

CONCEVOIR UNE POLITIQUE COHÉRENTE ET PÉRENNE EN FAVEUR DES ENTREPRISES SOCIALES

L’État Kabyle indépendant doit mettre en œuvre une politique ambitieuse de développement de l’économie sociale et de l’entreprenariat social. Il faudra concocter une stratégie politique stable, coordonnée et de long terme, qui s’engage à créer les conditions nécessaires au développement durable de l’entreprenariat social.

OUVRIR AUX ENTREPRISES SOCIALES TOUTES LES POLITIQUES PUBLIQUES D’AVENIR

Les entreprises sociales ne vivent pas à côté de l’économie, elles sont au cœur de celle-ci. Elles ne sont pas en retard sur un modèle entrepreneurial dominant, mais pionnières de la future économie.

    • Des unités « entreprises sociales » pourraient être mises en place dans les ministères concernés (ou au niveau local dans les services des collectivités)
    • Elles ont donc vocation à investir toutes les politiques de « droit commun » et notamment celles qui préparent la compétitivité de demain

Pour préparer la Kabylie de demain qui sera en mesure de s’imposer dans le concert des nations et faire valoir ses compétences dans le cadre de la mondialisation,  nous distinguons quatre priorités  à privilégier, qui sont les quatre secteurs de prospérité future :

  • Environnement
  • Economie numérique
  • Santé
  • Innovation
RÉMUNÉRER JUSTEMENT LA PRESTATION D’INTÉRÊT GÉNÉRAL DES ENTREPRISES SOCIALES

Toutes les entreprises sociales ont en commun de répondre à des besoins sociaux mal satisfaits, une demande sociale mal prise en charge – partiellement non solvable ou non prise en compte par le marché. Encadrer des salariés anciennement chômeurs de longue durée (structures d’insertion) ou handicapés (entreprises adaptées), rémunérer à un prix décent et durable des petits producteurs Kabyles locaux (commerce équitable), proposer des services aux personnes sans discrimination (mutuelles) ou s’adresser à des personnes fragiles en visant d’abord le meilleur service au meilleur coût (entreprises associatives de santé), constitue une véritable prestation d’intérêt général, rendue à la collectivité.

Les entreprises classiques (mécénat, RSE, social business…) et les citoyens (dons, épargne solidaire, bénévolat…) ont clairement un rôle direct et croissant à jouer.  Les pouvoirs publics, garants de l’intérêt général, ont une responsabilité première, qui pourrait être mieux assurée.

LES TROIS LEVIERS DE L’ENTREPRENARIAT SOCIAL

  • Plus d’hommes et de femmes compétents et entreprenants
    • La sensibilisation et la formation à l’entreprenariat social doit devenir une norme
  • Plus de marchés, publics, privés et citoyens
    • Il n’y aura pas d’entreprises sociales durablement innovantes sans débouchés commerciaux, sans marchés assurant une viabilité économique
    • Les clauses sociales et environnementales dans les marchés publics
    • Les achats responsables des entreprises « classiques »
    • Les « consom’acteurs »  pour une consommation responsable
  • Plus de capitaux pour la croissance, l’innovation et la consolidation

POUR UN LABEL « ENTREPRISE SOCIALE »

L’ensemble des mesures et orientations décrites précédemment pourraient s’appuyer sur un outil central : Un « label entreprise sociale » co-construit et cogéré entre acteurs et pouvoirs publics.

Pourquoi un label ? Il viserait d’abord à améliorer la visibilité et la lisibilité des entreprises sociales auprès des différents partenaires de son développement :

  • Les acheteurs et les investisseurs, publics et privés ; les consommateurs
  • Les acteurs de « droit commun » de l’accompagnement, de la formation et du financement des entreprises
  • Les entrepreneurs sociaux qui s’ignorent, notamment dans le monde associatif à caractère entrepreneurial (santé, médico-social, tourisme…)
  • Les créateurs potentiels d’entreprises sociales.

PROCHAINES ETAPES DE L’AVENTURE

Dans les prochaines contributions, nous aborderons les 4 étapes de l’aventure qui sont :

  • J’ai mon idée par où commencer ?
  • Je démarre mon activité
  • Je pérennise mon activité
  • Je me fais connaître et je grandis

Zidane Lafdal
SIWEL 261649 May 17 UTC

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