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Economie Sociale (étape 2) : J’ai mon idée, par où commencer?

ECONOMIE (SIWEL) — Vous êtes un(e)  Jeune Kabyle. Vous rêvez de donner du sens à votre activité professionnelle. Vous voulez vous rendre utile face aux défis sociaux et environnementaux. Et pour cela vous voulez créer votre entreprise. Bienvenue dans une aventure de l’entrepreneuriat social.

Dans cette aventure, nous tenterons  de vous expliquer ce qu’est l’entrepreneuriat social? Pourquoi cette aventure mérite le détour? Et comment monter un  business social? En d’autres termes, nous allons montrer le chemin : Comment passer du rêve à la création d’une entreprise sociale? Pour ce faire, nous allons aborder ce chemin en cinq étapes :

  • Pourquoi l’entrepreneuriat social ?
  • J’ai mon idée par où commencer ?
  • Je démarre mon activité
  • Je pérennise mon activité
  • Je me fais connaître et je grandis

1ERE ETAPE : POURQUOI L’ENTREPRENEURIAT SOCIAL ?

Cette partie a été déjà abordée en première partie dans une contribution précédente, que vous pouvez retrouver en cliquant sur ce lien.

2EME ÉTAPE : J’AI MON IDÉE PAR OU COMMENCER ?

BRAVO, VOUS L’AVEZ ENFIN VOTRE IDÉE !

A ce stade, cela suppose évidemment que vous ayez trouvé une bonne idée. Une idée utile, une idée innovante dans son concept ou sur le territoire où vous allez travailler. Une idée créatrice d’activité et donc d’emploi, le vôtre d’abord, mais peut-être embaucheriez-vous aussi des salariés.

VOUS VOUS POSEZ PLEIN DE QUESTIONS LÉGITIMES

Dans tous les cas sachez que l’économie sociale et solidaire et l’entrepreneuriat social c’est un secteur qui emploie des millions de personnes dans le monde. En France plus de 2 millions sont des salariés des entreprises sociales,  environ 12% de l’emploi privé. Alors quelles sont les bonnes questions à se poser au démarrage? Les locaux, les statuts, la gouvernance, l’écosystème, quels écueils faut-il éviter? Ou trouver les bonnes informations. Bref par où commencer ?

QUELS STATUTS ?

L’une des premières questions que les entrepreneurs se posent au début de l’aventure entrepreneuriale concerne les statuts de l’entreprise. Comme nous sommes dans le social, pourquoi ne pas opter pour un statut associatif ?  Pourquoi une association? Pourquoi pas une entreprise sociale? Pourquoi pas une coopérative SCOP ? Pour vous aider à trancher, il est recommandé de se poser un peu plus de questions comme :

  • Votre projet, est-ce un projet égalité des chances?
  • Est-ce un projet de solidarité?
  • Est-ce un Projet d’intérêt général?
  • Quels sont les bénéficiaires de votre projet? Et qu’en pensent-ils ?
  • Quelles sont les parties prenantes de votre projet ? Et qu’en pensent-ils ?

 

Les réponses à ces questions peuvent vous éclairer sur le choix du statut de votre entreprise.

LE LOCAL 

Quand on démarre une activité d’entrepreneur, une question se pose très vite: ou est-ce que je vais pratiquer mon activité? Est-ce que la question des locaux se pose avec acuité pour démarrer votre activité? Est-ce que travailler chez soi peut poser un problème? Est-ce que  mon activité peut se faire dans des lieux publics (des cafés, des bibliothèques, des campus, …. par exemple) ? Avez-vous des connaissances pour vous prêter des locaux pour une période déterminée afin de bien  démarrer ?

PENSEZ À TESTER VOTRE IDÉE

Allez-y voir vos futurs clients. Allez-y voir vos futurs partenaires. Allez-y voir vos futurs fournisseurs. Allez-y voir les pouvoirs publics. Allez-y voir les éventuels investisseurs. Allez-y voir des entreprises ou des acteurs qui œuvrent dans le même secteur que votre idée. Demandez leurs ce qu’ils pensent de votre idée. Essayez de tenir compte de leurs avis.  Le test de votre idée peut durer une année environ pour étoffer l’idée et se lancer. Il faut savoir que durant la période de test on travaille gratuitement. Dés-fois, on travaille beaucoup plus. Il faut s’y attendre. Il faut persévérer. Cette période de test vous permettra de connaître très bien le domaine dans lequel vous allez vous lancer, surtout si vous n’êtes pas du domaine.

PENSEZ À DEMANDER CONSEILS

Demandez conseils à vos parents. Demandez conseils à vos amis. Demandez conseils aux sachant et spécialistes du domaine. Demandez conseils aux autres entrepreneurs. Demandez  conseils aux financiers et aux économistes. Vous aurez beaucoup de conseils différents, positifs comme négatifs. Il ne faut pas se décourager face aux avis négatifs et démotivants.

PENSEZ AUX FINANCEMENTS

L’argent est le nerf de la guerre. Donc, penser aux financements est une tâche obligatoire. Pendant la période de test, il faudra à évaluer d’une façon précise vos besoins d’argent. Cette évaluation vous permettra d’établir un budget qui couvrira les investissements, les salaires et le fond de roulement de l’entreprise. Établissez un business plan social. Expliquez bien votre business modèle social. Faites le tour de potentiels investisseurs, des banques et exposez votre projet et vos besoin de financement. Demandez aussi à vos futurs fournisseurs pour aider au financement. N’hésitez pas, non plus, de demander aussi aux entreprises, sociales comme classiques, qui peuvent être intéressées par votre projet et ainsi participer à son financement. L’argent récolté devra  financer au minimum la première année de votre activité.

SURTOUT S’ACCROCHER A SON IDÉE

Il faut s’attendre à une bonne confrontation avec son appétence entrepreneuriale. Il faut s’accrocher à son idée contre vents et marées. La persévérance et  l’obstination finiront par payer. S’armer de passion vous aidera à tenir le coup. Par expérience, il faut tenir environ 5 ans scindés en 2 ans d’activité et 3 ans du mûrissement du projet.   Un autre facteur de succès qui permettra de tenir le coup est se constituer son propre réseau personnel et savoir en jouer.

ASSOCIÉS

Il faut décider si vous voulez s’engager seul ou être accompagné. Une bonne compagnie est toujours recommandée. Essayez de trouver un incubateur (pépinière d’entreprises) auprès des universités, des instituts, des entreprises,  et d’autres organismes et institutions. Un concurrent n’est pas forcément un concurrent, il peut être aussi un partenaire. Seul on va plus vite, mais à deux ou plus on va plus loin.

 3EME ÉTAPE : JE DÉMARRE MON ACTIVITÉ 

PRÊT !  PARTEZ !

A ce stade de l’aventure, vous êtes convaincus que l’on peut utiliser une activité économique comme un outil au service d’une mission sociale ou environnementale. Vous pensez même avoir trouvé la bonne idée, utile, intelligente et innovante. Vous en avez parlé autour de vous. Vous avez  cherché des appuis,  et vous avez testé avec succès votre idée. Maintenant place à l’action, vous démarrez votre activité.

DIFFICULTÉS DU DÉMARRAGE

Souvent au démarrage, il faut tout faire en même temps et on est souvent seul. Ajouté à cela, vous n’avez pas d’argent pour recruter. Vous n’avez pas d’argent pour investir. Vos concurrents sont déjà là. En économie sociale et solidaire, on parle généralement de partenaire au lieu de concurrent. Mais en réalité, rien n’est impossible et tout de dépend de vous.  Votre posture, votre motivation, vos compétences et votre projet évidemment sont les principaux facteurs de succès dans votre aventure.

QUEL EST VOTRE MODÈLE ÉCONOMIQUE ?

Si vous n’avez pas encore la réponse, c’est maintenant qu’il faut réfléchir. Il faut savoir que 30% des créations d’entreprises ne passent pas le cap des 3 ans. La solution pour durer réside dans un modèle économique solide. Il y’a deux points essentiels à considérer :

  • Affiner son « business model », son modèle économique, son modèle opératoire
    • Qui sont mes bénéficiaires?
    • qui sont mes clients?
    • Quelle est la proposition de valeur que je leur propose?
  • Définir le terrain de l’expérimentation, le lieu, la durée, et la performance souhaitée
    • Offrir un service de qualité
    • Mettre en évidence la valeur ajoutée
    • Fixer des objectifs
    • Élaborer un business plan
    • Étoffer le modèle économique de votre activité.

Vous ne serez jamais tout seul en tant qu’entreprise sociale. Il faut résolument vous ancrer dans votre écosystème. Donc, il faut préciser assez rapidement qui sont vos clients. Qui sont vos partenaires ? Qui seraient potentiellement les prescripteurs de votre activité, par exemple :

  • des écoles qui pourraient vous fournir des étudiants
  • des prescripteurs sociaux qui pourraient vous fournir des bénéficiaires (allocataires du chômage, de retraités, des paysans, en recherche de logement, tout dépend du cœur de votre activité.
  • Tous ceux qui vont finalement nous aider à rencontrer notre public, tout ceux qui vont finalement faire que vous ayez du grain à moudre dans votre machine d’entreprise sociale. On appelle tous acteurs là, les parties prenantes de votre projet.

 

Qu’est ce qui fait qu’on trouve un bon modèle économique ? Tous les entrepreneurs sociaux ou pas se posent la question. On tâtonne d’autant plus dans le milieu de entrepreneuriat social. Il faut penser aux sources de revenus au départ. Éventuellement de tester une ou deux ou trois  sources complémentaires.

Il faut penser également à vos coûts pour voir dans quelle mesure pratiquement vos revenus viennent compenser vos coûts.

PRIORISATION DE VOS PARTIES PRENANTES

L’enjeu des parties prenantes est large. Il faut prioriser parmi ses parties prenantes, surtout dans la phase d’expérimentation. De qui vous avez résolument besoin pour lancer votre activité ? C’est une question clé dans les deux premières années de votre activité.

Comment faire pour prioriser vos parties prenantes? C’est là où on revient à la proposition des valeurs de votre activité. C’est de quelle partie prenante,  il est résolument nécessaire d’avoir comme partenaire, comme partie prenante pour lancer votre activité. Vous n’aurez peut-être pas besoin de toutes les écoles par exemple, mais des écoles qui sont localisées dans votre territoire d’expérimentation. Il faut garder à l’esprit que nous avons toujours  des parties  prenantes plus importantes que d’autres, d’où l’importance de les prioriser.

NE RESTEZ PAS SEUL

Ne restez pas seul. Vous avez  intérêt à vous entourer d’ambassadeurs (des personnes qui croient résolument en votre projet).  Ça serait super que ce soit des entrepreneurs sociaux eux-mêmes ou des entrepreneurs qui puissent vous rassurer dans cette phase de lancement d’activité. Et pour cela, il faut aller à leur rencontre, à ne pas rester  tout seul avec vos doutes mais plutôt de partager ces doutes. Partez à la rencontre des entreprises impliquées également dans votre secteur d’activité. Il faut aller dans les espaces de l’économie sociale pour se sentir moins seul dans cette phase de démarrage qui est essentielle.

LES ÉQUIPES

C’est un autre enjeu clé. Comment est-ce qu’on fait en phase de démarrage pour recruter? Et puis surtout comment faire pour garder des équipes motivées? Les équipes qui vont rejoindre votre projet, et qui vont ensuite rester dans l’aventure, ce sont avant tout des équipes qui croient en votre projet et qui croient que vous allez être capable en tant qu’entrepreneur social de changer la donne et de changer un peu la société. Il est très important de préciser ce projet voire même de le co-construire avec eux.

LEADERSHIP

La posture de l’entrepreneur social est très importante et très forte. L’exemplarité de l’entrepreneur fait souvent la différence. L’entrepreneur leader doit s’armer de motivation et de détermination pour faire aboutir son projet. En somme, il lui est recommandé de croire dur comme fer à son projet, et de continuer le projet malgré les défis, les échecs, les petites déceptions qui vont se dresser certainement dans ce chemin.

4EME ÉTAPE : JE PÉRENNISE MON ACTIVITÉ (2-3 ans)

Projetons-nous au seuil des 2-3 ans d’activité de votre entreprise sociale. A ce stade vous avez à peu près stabilisé votre modèle économique. Vous arrivez à mesurer l’impact de votre engagement social. Vous avez développé des indicateurs, qui montrent votre réussite, plus d’utilités, plus de bénéficiaires plus de clients, plus de chiffres d’affaires. Bravo, mais attention à la crise de croissance. Il est temps de se poser la question comment consolider ce que vous avez déjà construit ? Par conséquent comment pérenniser votre activité ?

C’EST L’HEURE DE FAIRE LE POINT

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un entrepreneur social au bout de 2-3 ans d’activité? Souvent c’est l’heure du bilan, souvent le modèle n’est pas forcément comme on l’avait imaginé. La réalité se passe toujours différemment, et l’entrepreneur est souvent épuisé à ce moment-là, en ayant beaucoup expérimenté, beaucoup testé. C’est le moment de faire le point comment on va se développer demain? Sous quelle forme? Et pourquoi?

Se poser ces questions, veut dire se remettre en question! Et se reposer les fondamentaux sur:

  • Finalement comment je fais pour développer l’impact social que  je souhaite?
  • Et c’est quoi l’impact social fondamental que je souhaite développer aujourd’hui?

Donc la  question c’est d’abord celle-là. C’est finalement quel est mon impact social? Souvent à 3 ans beaucoup d’entrepreneurs n’ont pas réussi à trouver un modèle économique de croisière. Mais il va être trouvé en fonction de l’impact social que l’on souhaite.

Est-ce l’entrepreneur social est en situation de force face à cette remise en question? C’est souvent un moment difficile où l’on se pose des questions fondamentales, ou, en effet, on est souvent épuisé. Ou aussi on se pose des questions sur son rôle: est-ce que je veux continuer à garder ce rôle-là? Quelle est ma place dans l’avenir du projet?

Parce qu’on n’a pas besoin des mêmes qualités au démarrage ou en développement. Est-ce je veux rester seul ?  Parce que c’est souvent une forme d’isolement que vivent les entrepreneurs pendant les trois premières années, seuls. Ou est-ce que je veux m’associer avec d’autres? Donc c’est des questions de fond qui déstabilisent un entrepreneur.

QUESTIONS CLÉS POUR NE PAS RATER SES OBJECTIFS

Quelles sont les questions clés que l’entrepreneur doit garder très présentes à l’esprit pour ne pas rater ces objectifs et pouvoir aller droit vers les enjeux qui se présentent devant lui? C’est un moment de bilan donc c’est le moment de se dire:

  • finalement quel est véritablement l’ADN de mon projet? sa spécificité? Sa valeur ajoutée?
  • Quelles sont les réalisations auxquelles j’ai abouti en termes de chiffres d’affaires, de partenariats, d’impact social?
  • Quels sont les facteurs clés de succès sur lesquels je vais pouvoir m’appuyer? Ma marque, ma gouvernance, mes partenariats… ?
  • Quels sont les défis posés par le développement? Mon modèle économique ou d’autres.
  • Et du coup quel modèle je vais choisir en fonction de l’impact et du cap que je me donne, en termes de développement de mon impact ?

L’objectif c’était pouvoir pérenniser cette belle idée. Parce qu’une belle idée si elle n’est pas pérenne, elle ne sert pas à grand-chose. En d’autres termes, l’objectif consiste à avoir un ou plusieurs modèles économiques qui permettent de garantir cette mission d’accessibilité financière au plus grand nombre de bénéficiaires, mais en même temps de pouvoir se développer, de pouvoir innover,  qui est quelque chose d’essentiel.  Dans le cadre de son développement, il faut toujours faire preuve d’innovation dans le modèle économique. Qu’est-ce qui pousse un entrepreneur social à un certain moment, à vouloir transformer son business model. Souvent ce sont des changements liés à l’écosystème. Et  aussi se dire tout compte fait: quelle activité j’ai vocation à développer, si d’autres développent ce que j’ai décidé de faire au démarrage?  C’est souvent l’environnement qui entraîne ces changements de modèle économique. In fine, on se pose tout le temps plein de questions en tant qu’entrepreneur social.

On est souvent seul face à ces questions. Des études ont prouvé  qu’on a beaucoup plus de chances de réussir quand on est accompagné. Il faut impérativement  s’appuyer sur  des dispositifs d’accompagnement s’ils en existent.  De par le monde, les dispositifs se multiplient. Il doit  y’en avoir de plus en plus en démarrage.  A 3 ans, on peut en trouver aussi.

DIFFÉRENTS MODÈLES DE DÉVELOPPEMENT

Quels sont les différents modèles de développement qui peuvent se présenter à l’entrepreneur social? A trois ans, souvent, on se pose la question, selon son modèle :

  • Ce que j’ai pu développer dans mon territoire, est-ce que  je peux l’essaimer dans un autre territoire?
  • Et quel lien je vais avoir avec ces structures essaimées?  
  • Est-ce juste faire un réseau ?
  • Ou peut-être un groupe qui a des filiales ?
  • Ou se poser la question d’un développement plus organique. Comment je grossis, j’ai plus de flux,  plus de génération de revenus , plus d’activités ?
  • Ou est-ce que finalement je ne serais  pas  meilleur en m’associant  à d’autres? Et je pense mon développement  en termes de partenariat en mutualisant avec d’autres.
  • Voire même si on va plus loin en disant: mais  je changerais d’échelle en terme d’impact si je rejoins un groupe existant.

5EME ÉTAPE : JE ME FAIS CONNAITRE ET JE GRANDIS (7-20 ans)

Nous allons nous projeter ensemble, assez loin dans l’avenir,  sur votre projet. Imaginez-vous par exemple dans 7 ou 20 ans entre l’âge de raison et l’âge adulte.A ce stade, vous avez su être utile à l’intérêt général. Vous avez su innover, créer de l’emploi, donner du sens à votre activité professionnelle. Vos parties prenantes saluent la qualité de votre travail. Votre business social est rentable, mais ce n’est pas la fin de l’aventure. Vous devez  communiquer pour vous faire connaitre et vous pourriez grandir par extension géographique, en développant de nouveau services en créant une filiale ou des franchises. Vous pourriez même fusionner avec une autre entreprise sociale. Il est temps de se poser les questions suivantes :

  • Alors pourquoi Grandir?
  • Comment s’y prendre?
  • A quel moment faut-il le faire?

COMMUNIQUEZ POUR SE FAIRE CONNAÎTRE

Les entreprises en général ont besoin de communiquer pour se faire connaître, pour faire connaître leurs produits ou leurs services. Dans le social, primo, ça dépend de l’entreprise sociale. Cela  dépend aussi à quel moment elle le fait. Et est-ce qu’elle en réellement besoin.  Parce que la question, au fond, c’est de savoir quel est le message à transmettre. Pourquoi est-ce une entreprise sociale finalement aurait besoin de se faire connaître?

  • Elle a besoin de se faire connaître si elle a des produits ou des services  à vendre. C’est assez  classique dans le monde marchand, fût-il celui de l’économie sociale.
  • Elle a besoin de se faire connaître pour permettre à d’autres  d’imaginer des modèles de construction économique, qui ne soient pas simplement classiques et simplement organisés autour du capital

UNE ENTREPRISE SOCIALE A-T-ELLE  BESOIN DE GRANDIR

Est-ce que l’entreprise sociale a également besoin de grandir? Pourquoi? Et à quel moment? Elle n’a pas forcément besoin de grandir mais si elle a envie de grandir elle peut parfaitement le faire en utilisant les techniques habituelles du changement d’échelle. Soit dans un même métier, soit en découvrant de nouveaux métiers, et en appliquant ce principe économique d’une vraie logique économique au service de l’intérêt général. Elle peut, à partir de  là, diversifier ses actions et grandir comme le poème à le Prévert.

Sauf que ce n’est pas facile de grandir.  Si l’entreprise sociale décide de grandir, quels sont les éléments clés sur lesquels elle doit s’interroger?

  • L’entreprise sociale ne doit jamais perdre son âme
  • Il faut changer de méthode chaque fois que c’est utile
  • Il faut mobiliser l’ensemble de ses parties prenantes sur le changement d’échelle
  • Le changement d’échelle doit avoir un sens
  • Il faut éviter de grandir juste pour grandir
  • On grandit en général parce qu’on vend ou on offre un service de qualité, et que l’on a envie que plus d’usagers puissent en profiter

RÉINTERROGER SES STATUTS ET SA GOUVERNANCE

Il faut réinterroger ses statuts ou sa gouvernance. Il faut tout réinterroger, tous les matins, systématiquement que l’on grandisse ou pas? IL n’y a point d’acquis.  Rien n’est définitif.  Il n’y a pas de grand livre. Il faut être capable d’imaginer tous  les matins une journée différente avec une organisation qui bouge non pas du haut vers le bas mais du bas vers le haut, parce que ça permet d’associer l’ensemble des collègues au changement d’entreprise.

QUEL EST LE BON MOMENT POUR GRANDIR ?

Quel est le bon moment pour grandir quand on est une entreprise sociale? Il n’y a pas de bon moment en dehors du fait que les entrepreneurs ont envie de grandir et que le produit ou le service fabriqué, corresponde à  une demande de la part du public. Donc le moment c’est quand on sent que on est prêt à grandir. Alors il n’y a pas un bon moment

QUEL EST LE BON MODÈLE POUR GRANDIR?

Vous  pouvez vous développer sous forme de franchise, sous forme de filiale ou sous forme de fédération. Mais quel est le meilleur modèle pour grandir?  Il n’existe pas de meilleur modèle. Il y’a des modèles qui sont adaptés à chaque type d’entreprise. Le sujet c’est d’adapter le mode de développement au projet de l’entreprise.

QUID DE VENDRE L’ENTREPRISE ?

Vendre son entreprise  est-ce une façon de la faire grandir? Ou est-ce que c’est plutôt une façon de perdre l’essence même de mon projet? Si on veut vendre l’entreprise, d’abord, il faut en être propriétaire, ce qui généralement n’est pas le cas, puisqu’il n’y a pas de propriétaire.

Mais quoi qu’il en soit, apporter son entreprise, la fusionner avec une autre entreprise, unir ses forces pour la développer,  peut s’avérer une excellente solution s’il y a une communauté de pensée et d’esprit entre les deux entreprises.

QUELQUES RECOMMANDATIONS

  • ne pas écouter les recommandations
  • Analyser ses envies, son marché, son entreprise.
  • Etre capable de la faire évoluer
  • Remettre en cause tous les matins les fondements, l’organisation, et le projet de l’entreprise pour lui permettre d’être agile et de se développer en fonctions des besoins et pas en fonction de la fantaisie du promoteur du projet.

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Zidane Lafdal
SIWEL 051814 Jun 17 UTC

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