Analyse

Des infrastructures de transport modernes pour le décollage économique de la Kabylie indépendante

ECONOMIE (SIWEL) — A la fin de la deuxième guerre mondiale, toute l’Europe a été  détruite. Les archives, facilement accessibles, sont toujours là pour témoigner de l’étendue des dégâts monstrueux à la fois humains et économiques occasionnés à travers toute l’Europe. Un plan Marshall a aussitôt été mis en branle par les Américains pour reconstruire l’Europe. Sans le plan Marshal, l’Europe ne serait pas celle d’aujourd’hui.

Sans le plan Marshal, l’Europe n’aurait pas connue les fameuses trente glorieuses avec une croissance effrénée, qui ont permis, non seulement, la reconstruction, mais aussi se hisser au top des puissances économiques, militaires, technologiques, et civilisationnelles. Le coût total de plan Marshall entre Avril 1948 et Juin 1952 s’élevait, entre prêt et dons, à environ 16 Milliards de dollars de l’époque pour toute l’Europe.

Si l’Europe dispose au jour d’aujourd’hui des infrastructures de transport les plus développées dans le monde, le plan Marshall en a grandement contribué. Sans infrastructures de transport, il ne peut y avoir aucun développement économique possible pour un pays.

Dans toutes les politiques de développement à l’international, il y a trois principaux critères de sélection qui reviennent à chaque fois qu’une entreprise décide de s’établir et de se développer dans un pays étranger :

  • Le premier critère est la qualité des infrastructures de transport dans toute leur panoplie : aérien, terrestre, maritime, fluvial, aéroports, ports, autoroutes, routes, réseau ferroviaire, urbains. Il est clair qu’à l’état actuel des choses, ce critère est un des points faibles de la Kabylie.
  • Le deuxième critère est la qualité des ressources humaines dont dispose le pays, qu’elles soient qualifiées ou non qualifiées. Selon les normes en cours, le facteur clé pour évaluer les compétences est l’employabilité de la ressource humaine. L’employabilité ne se base pas uniquement sur les connaissances ou les qualifications techniques du métier qui sont sanctionnées par l’obtention d’un diplôme d’université ou d’une grande école. L’employabilité exige également les compétences comportementales ou de situations qui ne sont pas forcément dispensées sur les bancs d’études. Ces connaissances sont un construit de la personnalité évoluant dans sa société allant de sa famille jusqu’aux environnements immédiat, local et global. Ce construit est puisé des parents, de la famille, des voisins, de la culture, de la cité et de son vécu depuis la naissance. L’employabilité n’est pas acquise une fois pour toutes. Elle n’est pas figée. Elle est vivante. Il faut l’entretenir tout au long de la vie. En toute connaissance de cause, ce critère est un des atouts de la Kabylie et des Kabyles. En occident, les Kabyles sont appréciés. Ils sont même recherchés et choyés. Ils font les beaux jours des grandes entreprises internationales. Ils sont présents à tous les niveaux de décisions des entreprises. Ils ne souffrent d’aucun problème d’employabilité.
  • Le troisième critère, important pour attirer les grandes sociétés internationales, est la densité du tissu d’entreprises périphériques pour les besoins de sous-traitance à la fois industriels et des services. Les entreprises se focalisent sur leurs cœurs de métiers, et externalisent toutes les autres activités n’entrant pas dans le cœur du métier.  Il est recommandé pour une entreprise d’avoir tous ces sous-traitants dans son environnement immédiat. Sur ce critère, malheureusement, la situation n’est pas des plus rassurantes. La Kabylie a été victime d’un sabotage économique meurtrier, orchestré par le régime colonial d’Alger. La Kabylie a accusé un énorme retard qu’il faudra rattraper d’urgence. Il y a un énorme travail à réaliser pour préparer la Kabylie à relever le défi. Nous allons revenir sur ce sujet en détail dans une autre contribution.

A l’aune de l’indépendance de la Kabylie, il faudra élaborer un plan Marshall équivalent ou un programme pour le rétablissement de la Kabylie. Le plan pourrait s’appeler « Plan Soumer » un clin d’œil à Fadhma N’Soumer. Il a comme symbolique de fermer la parenthèse de la perte de souveraineté  après la débâcle de 1857. Il ouvrira une nouvelle ère de prospérité et de liberté pour la Kabylie.

Les objectifs principaux de ce plan seront : Reconstruire toute la Kabylie ; Arrimer toute la Kabylie à un stade de pays développé en quinze ans ; Viser l’excellence.

Pour se faire, la Kabylie doit s’ouvrir sur le monde. Il n’y a pas de pays développé dans le monde qui est fermé et replié sur lui-même. Sur ce côté-là, il n’y a aucune crainte. La Kabylie est de nature ouverte dans sa genèse, depuis l’antiquité et ses échanges historiques avec les Grecques, les Pharaons, les Romains et beaucoup d’autres civilisations.

La Kabylie devra concevoir un espace juridique et fiscal optimisé et favorable aux développements des affaires, afin d’attirer les meilleures entreprises internationales. Il faudra mettre en place un cadre idéal pour les inciter à investir en Kabylie. Le corps diplomatique Kabyle qui sera installé prochainement devra officier comme des VRB et du Lobbying en sollicitant ces grandes entreprises à accompagner la Kabylie  dans son œuvre grandiose de retrouver l’élite mondiale.

Il est certain qu’au démarrage, la Kabylie manquera des ressources financières. Il faut d’ores et déjà, commencer à renflouer les caisses avec le fond souverain Kabyle FSK. Un travail de sensibilisation et de collecte de fond doit commencer dès maintenant  pour être prêt le moment venu. Tous les Kabyles sont invités à mettre la main à la poche et d’apporter chacun sa contribution à l’édifice. La Kabylie devra s’entourer de ses meilleures compétences, de ses meilleurs stratèges, pour élaborer des stratégies de reconquête avec des budgets et des montages financiers optimisés au minimum possible.

Comme cité plus haut, afin d’attirer les entreprises d’excellence pour investir et s’installer, l’un des premiers projets d’envergure à lancer est la construction des infrastructures de transport modernes dignes des pays développés, avec les dernières normes internationales en vigueur. Il faut des ouvrages à la pointe de l’état de l’art. Il faut viser le haut de gamme. Tolérance zéro, il ne faut pas laisser la moindre place à un travail médiocre ou de mauvaise qualité. Tout le territoire de la Kabylie doit être couvert par ces nouvelles infrastructures. Aucune enclave ne devrait être délaissée. Il faut une révolution des transports.

Afin de couvrir toute la Kabylie, on pourrait songer la construction de quatre autoroutes longitudinales de la frontière est à la frontière ouest: une autoroute maritime longera les côtes de la méditerranée ; une autoroute longera la frontière sud avec l’Algérie ; les deux autres au milieu. Ces quatre autoroutes devront communiquer entre elles avec des autoroutes bretelles nord sud  espacées de trente à cinquante kilomètres.  Le tracé de ces autoroutes doit être fait et étudié judicieusement afin qu’aucune localité ne soit lésée, afin que tous les sites touristiques soient  accessibles sans détour, afin que tous les sites industriels ou d’activités soient à portée de main. La construction des routes communales ou départementales doivent être laissées aux desiderata des autorités locales, qui sont les mieux à même capables d’évaluer avec justesse les besoins locaux.

Ces autoroutes doivent respecter les normes internationales en vigueur. Elles devront profiter de l’état de l’art et du niveau technologique atteint à ce moment-là. A titre d’exemple, on pourrait exiger dans le cahier des charges, l’obligation de construire des autoroutes solaires qui produisent de l’électricité. On pourra spécifier également que ces autoroutes seraient aussi illuminées la nuit pour réduire le risque d’incidents. Des aires de repos et des stations de services seront construites à intervalle optimal régulier.

Mais, comment financer ce projet pharaonique ? Après l’élaboration d’un cahier des charges bien ficelé, la Kabylie lancera un appel d’offre international en ciblant les entreprises les plus avancées technologiquement. Dans le cahier des charges, on pourra envisager que les autoroutes seront payantes pendant une période allant de vingt à trente ans. Pendant cette période, l’entreprise, sélectionnée et contractée, exploitera ces autoroutes et encaissera le revenu des péages. A la fin de la période contractualisée, les autoroutes seront nationalisées. Pendant la période d’exploitation, la Kabylie n’encaissera que les impôts selon les lois Kabyles en vigueur.

Dans le même sillage, dans le volet aérien, la Kabylie se lancera dans la construction de  deux autres aéroports modernes dans l’état de l’art et technologique du moment.  Un aéroport devra être construit entre Tizi-Wezou et Vumerdas, l’autre aux environs de Tuviret. La construction et l’exploitation pendant une  période donnée sera faite par l’une des meilleures entreprises mondiales choisies selon le cahier des charges et  l’appel d’offres international établis au préalable. Les aéroports seront nationalisés à l’expiration de la période contractée. Un aéroport pourra se spécialiser en devenant un hub international pour les vols long-courriers. Le transport de fret international aura également une part très importante pour contribuer au développement des affaires des entreprises

La Kabylie devra moderniser sa frontière maritime qui sera l’un des meilleurs atouts de la Kabylie indépendante. Elle devra lancer la construction de plusieurs ports et tous types de ports : des ports pour les marchandises et fret ; des ports pour les voyageurs et croisières ; et les ports de plaisance ouverts à l’international ; les ports de pèche ; et les ports sportifs. Ces ports couvriront à la fois le transport national et International. La Kabylie devra réunir ces meilleurs spécialistes afin de concocter un plan des plus ambitieux qui transformera le visage de la Kabylie maritime et la fera entrer de plein pied dans l’ère moderne. Les villes Vumerdas, Zemmouri, Dellys, Tigzirt, Azzefoun, Vgayet, Aokas, Melbou, Kherrata, Ziama et bien d’autres seront métamorphosés. Elles gagneront de visibilité et de prospérité. Elles pourront rayonner de nouveau dans la région et dans le monde.

La Kabylie, avec son nouveau statut, postulera à une place de hub et plaque tournante du transport International aérien et maritime. Toujours le même principe, dans le souci de ne pas dépenser des sommes mirobolantes, la construction sera faite par les meilleures entreprises internationales, avec l’état de l’art et technologique du moment, qui exploitera pendant une période donnée ces infrastructures. Les infrastructures seront nationalisées à l’expiration de la période contractée.

Les villes auront aussi une place importante dans ce plan Marshall. Il faut développer les transports urbains modernes avec l’état de l’art et technologique du moment. Il faut privilégier les transports doux et électriques. Il faut donner une part belle aux transports collectifs. Chaque ville, dépassant un seuil de nombre d’habitant à décider, devra se doter d’un réseau de tramway et de bus électriques. Il faut aménager des pistes cyclables et inciter à l’utilisation du cyclisme.

Avec une infrastructure de transport aussi moderne et dense, la Kabylie pose ainsi les bases solides pour son décollage économique. Les entreprises internationales se bousculeront devant le portail de la Kabylie. La Kabylie rayonnera de nouveau dans le monde. Le chômage en Kabylie sera résorbé. Elle aura même recours aux chômeurs des pays voisins de Tamazgha et le bassin méditerranéen. La Kabylie constituera sa classe moyenne qui sera le fer de lance et un des  piliers de son économie. La Kabylie profitera également du transfert de la technologie qu’elle pourra exporter ensuite.

Zidane LAFDAL
Paris 19/02/2017

SIWEL 202028 Feb 17

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