Corps de contrainte : « Le droit coutumier kabyle doit primer sur la violence étatique algérienne ». Par Mokrane Aweɣlis

CHRONIQUE (SIWEL) — Les opposants kabyles au MAK-Anavad et son président, Ferhat Mehenni, devraient tourner sept fois la langue dans la bouche avant de proférer le moindre reproche contre la mise sur pied d’un corps de contrainte en Kabylie. La réponse du président du Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad) à Arezki Ait Larbi à ce propos est assez convaincante, en ce sens qu’elle aura permis d’expliciter un projet aussi salutaire que celui de protéger la Kabylie et ses enfants des exactions et autres violations qu’ils subissent quotidiennement par les forces de sécurité du pouvoir algérien.

Loin d’en faire une affaire personnelle, Ferhat Mehenni, en vrai meneur conscient du fardeau dont il est dépositaire, mais aussi et surtout de la noblesse et la justesse de la cause qu’il défend, a délivré des messages à tous les Kabyles qui hésitent encore à épouser l’idée de l’indépendance. La réponse faite à Arezki Ait Larbi est au fait destinée à tout le monde.

L’appel de Londres est un message de cœur qui, loin de toute démagogie, vise à sécuriser notre chère Kabylie qui n’en finit pas d’être le souffre-douleur d’une Algérie éplorée et dilapidée par une mafia qui détient tous les pouvoirs.

En revanche, ce sont les « autres » qui profitent des largesses de ce pouvoir maffieux, alors que la Kabylie, à l’origine de toutes les revendications légitimes, demeure en marge de tout développement possible.

Pis, le gouvernement algérien cultive la haine et met tous les moyens pour diaboliser cette région névralgique et la désigner à la vindicte aux yeux des autres régions.

La condamnation du blogueur Merzoug Touati, l’agitation des islamistes qui veulent transformer le stade de Tizi-Ouzou en mosquée et les provocations policières à l’encontre des jeunes à Tazmalt et Larbaâ Nath Irathen  sont autant d’exemples qui renseignent on ne peut plus clair sur les intentions maléfiques de ce pouvoir.

Le président du MAK n’a d’ailleurs pas manqué de citer ces exemples lors de son discours à l’occasion de la Journée de la Nation kabyle, qui coïncide avec le 14 juin, lors d’une manifestation grandiose organisée à Trocadéro (Paris).

En ce haut lieu symbolique des droits de l’homme, Ferhat Mehenni a encore une fois battu en brèches les allégations colportées par certains en réaction à l’appel de Londres, en appelant la population kabyle et plus particulièrement les militants du MAK à faire primer le droit sur la violence. « Le droit doit primer sur la violence « , a soutenu le président du MAK-Anavad, pour dire que le combat pour l’indépendance de la Kabylie doit rester pacifique et que le corps de contrainte appelé à mettre sur pied est loin d’être une milice ou un mouvement armé tel que interprété par certaines mauvaises langues.

Il s’agit en effet de protéger la population kabyle contre les attaques répétées perpétrées par le pouvoir algérien et ses services de sécurité et de là même déjouer les artifices destinés à diaboliser une région frondeuse sur le point de consommer la rupture avec ses pratiques mafieuses et immorales.

En faisant appel à des Kabyles incorporés dans les services de sécurité algériens pour affronter leurs concitoyens aux revendications légitimes et solides, le pouvoir ne fait que perpétuer une ancienne pratique démoniaque qui avait déjà emporté de vaillants combattants kabyles lors et après la révolution; Krim Belkacem, Abane Ramdane, Bennai Ouali…

Une entreprise pour laquelle le MAK se dresse en rempart en inculquant une vigilance accrue dans l’esprit des jeunes militants de la cause kabyle, afin de désamorcer les tentatives machiavéliques du régime algérien et maintenir intacte la dynamique de décolonisation d’une région, la nôtre, qui possède toutes les potentialités pour devenir une grande nation dans un futur très proche.

Mokrane Aweɣlis

SIWEL 221200 JUN 18

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