Colère à M’kira : les autorités algériennes refusent la fermeture de la dangereuse carrière de Bouaïta

TIZI GHENIF (SIWEL) — Les citoyens d’Imkiren (M’kira, Tizi Ghenif) se sentent totalement méprisées par les autorités algériennes qui refusent depuis plusieurs années de répondre à leurs doléances.

En effet, malgré de nombreuses actions de rassemblement au niveau de la mairie, des déplacements à la wilaya, la signature d’une pétition ainsi que des grèves suivies par toute la population locale, les autorités algériennes refusent la fermeture de la carrière de tuf de Bouaïta, qui est pourtant un véritable danger pour la santé publique.

En effet, cette carrière se trouve à proximité des habitations. Des centaines de maisons ne peuvent plus ouvrir les fenêtres et la poussière couvre constamment un périmètre de plusieurs hectares, ce qui met en danger la santé des citoyens voir même la vie des enfants. En effet, les élèves du primaire de la localité sont obligés de longer une route traversée par des camions de gros tonnage, qui en plus de traumatiser ces enfants, les suffoquent avec la poussière dégagée. Ces mêmes camions créent fréquemment des bouchons au niveau de la RW 107, qui se dégrade à cause du poids de quelques 150 engins qui l’empruntent de jour comme de nuit.

Le maire de M’kira a avoué que sa commune, l’une des plus pauvres à Tizi-Ouzou, ne bénéficie que de façon dérisoire de cette carrière dont les réserves prévisionnelles sont pourtant évaluées à 55 milliards de centimes. L’APC et les citoyens dénoncent une gestion douteuse, pour ne pas dire mafieuse de cette carrière. Ajouté à cela, il faut préciser que le tuf de la carrière de Bouaïta, exploité par l’entreprise Tufeal, est transporté vers d’autres wilayas et alimente une quarantaine d’unités de transformations et de fabrication de matériaux à base de cet argile. Un véritable exemple de l’esprit colonial que subissent les localités kabyles. Dans des propos rapportés par la presse algérienne, le gérant de cette entreprise, Belkacem Haddad, affirme que sans cette carrière l’Algérie va devoir importer du tuff avant d’assurer que son contrat va jusqu’en 2025 et qu’il compte continuer son activité. M. Haddad a qualifié les manifestations de la population locales de « grabuges » visant à « déstabiliser la société ».

Devant le silence des autorités algériennes, la population a décidé de radicaliser son action en procédant à la fermeture de la carrière. Cette dernière n’est plus fonctionnelle depuis plus d’un mois mais les intimidations et les pressions, notamment de la part de la gendarmerie, sont quotidiennes.

Affaire à suivre.


maa
SIWEL 261407 Oct 17 UTC

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