Rapport Violence policière

Retour sur ce qu’a subi une citoyenne kabyle dans le commissariat colonial d’Iɛeẓẓugen

TÉMOIGNAGE (SIWEL) — Les violences commises par la police algérienne à l’égard des militantes et des militants kabyles le 12 juin lors d’une campagne d’affichage à Tizi Wezzu puis le 14 juin à Iɛeẓẓugen et Larevɛa Nat Yiraten sont nombreuses et on publiera les témoignages qui nous parviendront.

Il y a le cas particulièrement choquant d’une simple sympathisante, qui ne veut pas dire son nom. Elle est étudiante à l’université de Tizi Wezzu et c’est la coordination universitaire du MAK-Anavad qui nous ont rapportés les faits.

A l’appel du MAK-Anavad, l’étudiante s’est rendue le 14 juin à Iɛeẓẓugen pour célébrer la journée de la nation kabyle et rendre hommage aux martyrs du printemps noir. Sur place, le rassemblement a pu avoir lieu et la marche a pu s’ébranler. Soudainement, la police coloniale a chargé brutalement contre les militants et les militantes.

Elle s’est fait arrêter plus tard, car elle était soupçonnée de vouloir se rendre au rassemblement du MAK-Anavad, vu qu’elle portait des bijoux et une robe kabyles. Au moins deux autres dames, qui étaient à Iɛeẓẓugen pour des affaires personnelles et n’avaient aucune intention de rejoindre le rassemblement, ont été arrêtées pour les mêmes raisons. Une venue de Boghni et une autre de Tuvirett.

Une fois au commissariat, la jeune étudiante a été isolée dans une chambre avec deux policières qui l’a fouillée scrupuleusement et l’a complètement déshabillée. Nous ignorons si les deux autres dames ont subi le même sort. Durant l’interrogatoire, il a été reproché à l’étudiante d’avoir porté une robe kabyle. C’était, pour eux, une preuve qu’elle était du MAK-Anavad.

Aujourd’hui, 18 juin, la jeune kabyle s’est rendue au commissariat pour récupérer son téléphone. Un policier lui a demandé de le déverrouiller. Elle l’a fait. Il a alors commencé à consulter ses photos personnelles lui disant qu’elle était belle. Plus tard, plusieurs policiers sont allés la voir pour lui demander son numéro de téléphone. L’un d’eux lui a lâché : « nous avons plein d’appartements ici ».

L’étudiante, qui se remet à peine de ce que lui a fait subir la policière le 14 juin, a été choqué par les comportements de voyous que les policiers ont eu à son égard aujourd’hui.

La question est de savoir pourquoi déshabiller une citoyenne pacifique venue à un rassemblement si ce n’est pour provoquer, humilier?

Nous appelons les militants qui ont subi des atteintes à leur intégrité physique et/ou morale à se rapprocher de nous.

nbb
SIWEL 181544 Jun 17 UTC

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